Quelques attaches

angelle, qui très souvent bat la campagne et tient à son petit « a », nous offre sans un mot une récolte régulière de photographies sensibles et naturelles, à l’harmonie fragile et rigoureuse. Tom Spianti  décompose l’intimité avec respect et brio à la fois, par la magie de ses triptyques et vidéos. François Nagir photographie des muses de rencontre, avec une bienveillance à fleur de peau. Emmanuel Spassoff reporte sur sa pellicule d’exigeantes constructions mélancoliques, instantanés vécus et portraits plus que nus. Jacques Bonnot diptyque comme il arpente les beautés de trottoirs. Insousciance est une source intarissable de douceurs photographiques. Louise Markise s’auto-fictionne en photos comme en mots, abus dangereux ! Cas à part, CazInTheMachine crée de somptueuses machineries post-photographiques un peu Giger-like avec de vrais bouts d’humain(e)s à l’intérieur. Pascal Desmichels se projette dans des réalités rurales en doux abandon, ses « absences poétiques » recoupent souvent mes propres voyages minuscules. Hervé Baudat, un œil ami de longue date : la pure allure et l’écriture photographique grand format.

Il y a enfin les belles aux doigts de fée, qui de leurs noirceurs tressent des micro-univers avec une patience hors tout : Sibylle sème ses petits dessins, son écriture cursive, ses objets de papier et globalement le doux-amer de son papillonnage ; Alice donne à ouïr et à scruter ses expérimentations échevelées, ses broderies organiques…

Jean-Louis Baille fait l’auteur, le metteur en scène, l’acteur, et même le clown (au point de collaborer avec moi, parfois !). François Chaffin pilote dans le sillage de ses écritures énervées une sacrée compagnie de Menteurs dont je suis, avec Céline Liger et Serge Barbagallo côté comédiens, mais aussi Denis Malard à toutes les régies, dont il faut absolument voir en concert (et aussi en clips) le duo Bloom Box. Gaël Ascal joue de la contrebasse et parfois même de la poutre dans une nébuleuse de projets polymorphes et rarement easy listening. Jérôme Cury percute, mélange les arts en toute indiscipline, vers l’Aisne mais pas que. Nelly Cazal emplâtre, joue et bricole avec Le Chat perplexe, créature mi-chair mi-granit qui m’a amené à courir la Creuse par tous les temps.

Des camarades brandissent haut le drapeau de l’écriture, de l’ouverture d’esprit, des mélanges intelligents. Parmi mes réguliers chéris : Marc Verhaverbeke partage sans compter des chroniques culturelles simples et sincères ; Frasby fait parfois monter la meringue hypertextuelle jusqu’à l’extase ; Milady Renoir, perchée à Bruxelles, écrit plus vite que je ne sais lire… Et puis Frédérique Bruyas, une qui lit comme elle respire, et qui en parle drôlement bien, de son étonnant métier de lectrice publique.

Des images et des sons qu’on ne trouve pas ailleurs, qui détendent sans abrutir (à mon goût personnel)… Arte Radio, étonnamment peu connu alors que c’est LA mine de création et témoignages sonores à fréquenter ! Les beaux dimanches, une sélection (pas même dominicale) raisonnée de visuels oubliés et/ou bizarres et trouvailles d’art singulier. Kroutchev, s’il faut n’en citer qu’un dans le genre déluge pluri-quotidien c’est lui : des compilations essentiellement photographiques, contemporaines ou vintage, qui ont pour point commun de toucher le fond de l’œil.



Photo © Ernesto Timor

Une page dédiée aux liens ?! Le pourquoi du comment de ce concept vintage…

Sur mon site des origines — tu n’étais pas né(e), petit(e) — les liens c’était une grande rubrique vivante, classée et commentée, qui ouvrait des portes vers les trouvailles et les monuments d’ailleurs. Et ailleurs aussi ça existait, les annuaires de liens tenus souvent avec amour, la plupart des gens avaient à cœur de partager leurs perles. Mais c’est un peu comme les bonnes adresses où boire un coup, les meilleures ferment les premières (ça devrait m’inquiéter sur mon cas, maison créée en 2001, hum hum…). Premier souci, rien de plus volatile que les sites web, la plupart partent sans laisser d’adresse, et donc désherber ces listes c’est d’un entretien plutôt fastidieux. Et puis les réseaux sociaux sont arrivés là-dessus, et cette facilité du like, de l’épinglage et autre reblog sur tout ce qui passe à portée de clic a largement supplanté les autres modes de bifurcation. Les recueils de liens avec valeur humaine ajoutée ne servent plus à grand chose et d’ailleurs les sites hors Facebook non plus, hein. Voilà. Sauf que Facebook, je l’ai déserté avec bonheur, ne pratique ni Tumblr ni aucun agrégateur des images des autres… et certains de mes honorables visiteurs pas davantage ! Par contre ça me manque de pouvoir refiler mes bonnes adresses à celles et ceux que ça intéresse. Comme ça ne sert qu’à se faire plaisir et que ça vise des gens qui prennent un peu le temps de la curiosité, je ne vais pas prétendre au répertoire, juste raconter ça librement, au fil des envies et du temps libre pour le faire. Et m’attacher pour commencer aux ami(e)s ! Amen, fin du laïus (vous pourrez vous dispenser de le relire la prochaine fois, seul ce qui précède va évoluer).

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