« Les limites nous regardent » : un projet évolutif
Ingrédients nécessaires : un paysage (rural ou urbain), un habitant qui en explore les bornes, enclin à laisser le photographe se pencher par dessus son épaule. Le cadre est dicté par ce que je connais ou perçois de chacune de ces personnes, il s’agit de portraits que j’espère le plus « justes » possible. Les limites nous regardent est un projet au long cours que je mène depuis plusieurs années, une manière d’appréhender les gens sur leurs « terres ». Initié en milieu semi-rural, il s’est étendu à des contextes plus urbains et, plus largement, à des décors chargés de sens pour chacun. Des limites imprévues se sont dessinées, seuils qu’on hésite à franchir, pointillés que parfois on est seul à voir.
Le cadre de l’image unique ne sort pas indemne de ce voyage : où sommes-nous exactement ? Le doute est permis… C’est aussi pour moi un travail sur le doute qui imprègne plus que jamais la vision photographique : format, focus, subjectivité du point de vue… toutes questions de regard auxquelles je tente à chaque fois de donner une réponse à l’équilibre fragile.
J’ai sous-titré ces faux panoramiques Panoptiques naturels en clin d’œil à cette expérimentation optique, mais aussi en allusion critique à certains principes politiques ou dispositifs architecturaux qui régentent notre vie sociale sous haute surveillance. Cela relève de l’exorcisme, car ces contemplations partagées sont autant d’utopies de frontières sans surveillance, et de liberté démultipliée.
Le cœur du projet est un ensemble de diptyques de grand format, dits « Panoptiques naturels », dont la galerie ci-dessus donne un bon aperçu. (Il existe actuellement un peu plus d’une quarantaine de diptyques, dont une sélection est exposée sous forme de tirages, de nombre variable selon le lieu, tandis que souvent le reste est projeté.)
La première étape fut une expo-labyrinthe de plein air à La Norville (juin 2008). Depuis, chaque année a vu le projet rebondir, s’exposer par bribes ou en grand, s’étoffer, se projeter, éveille vocations et échos sonores. En voici quelques traces…
Plusieurs pistes sérieuses d’exposition/projection au printemps-été 2012. A suivre !
Principales étapes et apparitions publiques de ce projet
- La Norville (91), mai-juin 2008. Création. Accrochage de plein air dans les jardins de la médiathèque, vernissage-parcours en voix et musique, publication tout au long des pages de la plaquette de saison théâtrale 2007-2008.
- Montreuil (93), octobre 2008. Accrochage de plein air, dans le cadre des portes ouvertes des ateliers d’artistes.
- Paris, Théâtre de l’Opprimé, janvier 2009. Accrochage et projections dans le cadre du festival Passer l’hiver ?.
- Paris, Société de curiosités, février 2010. Soirée dé-concertante, projection-performance en association avec Céline Liger (voix) et Gaël Ascal (musique).
- Roanne (42), médiathèque, janvier-février 2010. Grand accrochage, projections de Face A et Face B (clips sur la musique de Gaël Ascal), parcours-visite en voix et performance.
- Briis-sous-forges (91), Maison de la CCPL, avril 2011. Accrochage de l’étape 2011, projection de l’intégrale.
- Ste-Geneviève-des-Bois (91), septembre-décembre 2011. Accrochage de grands formats en plein air + expo à la médiathèque. Correspondances panoptiques, ateliers décriture photographique menés avec des détenus de Fleury-Mérogis et des lycéens voisins.
- Lyon, printemps 2012. Les limites nous écoutent. Création en cours avec des compositions acousmatiques de Valeria Pacella.
Voir des aperçus généreux de précédentes étapes du projet :
• Médiathèque de Roanne, janvier-février 2010. Voir la page spéciale (présentation détaillée, presse, vidéo, photos de l’expo…)
• La Société de Curiosités à Paris, février 2010. Voir la page spéciale (présentation détaillée, traces magnétiques…)
Bandes annonces !
Face A [4'20'']
Un parcours photographique d’Ernesto Timor. Réalisation vidéo Insousciance, musique Gaël Ascal, voix Céline Liger, sur un extrait d’Olivier Cadiot. © Les films sans souci, 2008.
Face B [2'19'']
Un parcours photographique d’Ernesto Timor. Réalisation vidéo Insousciance, musique Gaël Ascal, voix Céline Liger, sur un extrait de Fabrice Melquiot. © Les films sans souci, 2008.