Le jour se levait maintenant, je le voyais se lever derrière les parois de la cabine, c’était encore la nuit, mais une nuit déjà atténuée d’aube claire et bleutée, rien ne bougeait dans la campagne avoisinante, et le jour se levait lentement sous mes yeux, enrobant peu à peu l’air alentour de teintes lumineuses et légères qui enveloppaient l’atmosphère de clarté transparente et tremblante et, assis derrière les vitres de cette cabine téléphonique complètement isolée dans la campagne déserte, je regardais le jour se lever et songeais simplement au présent, à l’instant présent, tâchant de fixer encore une fois sa fugitive grâce — comme on immobiliserait l’extrémité d’une aiguille dans le corps d’un papillon vivant.
Vivant.
(Jean-Philippe Toussaint, L’appareil photo, Minuit…)
Lent déclic (avec échos)
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Aïe !
C’est rien qu’une image… :-)
Je la trouve extrêmement poétique, chaude, rassurante alors que le bleu refroidit souvent l’atmosphère ambiante… Elle me plaît énormément.