Les dépossédés

Photo © Ernesto Timor - Vive la défaite

shot: oct 16 | printed: today | jura | masters & servants

Qui veut être le maître se perd, qui veut par dessus tout compter au nombre des possesseurs ne se maintiendra qu’en dépossédant tous les jours tous les autres.

Défaite des maîtres et possesseurs, Vincent Message (éd. Seuil, 2016).

Quelques petites clés pour expliquer le rapprochement de ces fragments d’image et de texte…
Le visuel provient d’une séquence que je garde encore un peu dans la nuit de mes caves d’affinage — trop dure et intense pour décider vite vu d’en faire quelque chose. Comme aux frontières de l’humanité. Du coup c’est à elle que j’ai pensé quand j’ai cherché quelle photo je pourrais bien montrer pour parler de cette Défaite des maîtres et possesseurs. La même difficulté, et ce n’est pas pour rien, que toutes les fois où j’ai voulu citer Volodine, un de mes auteurs de chevet, particulièrement irreprésentable sous peine de sombrer dans le cauchemar éveillé, ce qui n’est pas ma ligne photographique…
Et ce roman donc, je ne l’ai pas (encore) lu, mais découvert transposé sur scène au festival d’Avignon. Incarné de façon sobre et bouleversante par Marik Renner et Nicolaï Martel dans une mise en scène signée Nicolas Kerszenbaum, compagnie Franchement, tu. Précisément sans tellement d’images, sans pathos ni éclats, juste l’effroi d’être humain… A voir si vous êtes par là-bas (jusqu’au 28 juillet, collège de la Salle à 13h15).

La vie intérieure

Photo © Ernesto Timor - Coucou

shot: june 17 | printed: today | lyon | sit still #1

Photo © Ernesto Timor - Coucou

shot: june 17 | printed: today | lyon | sit still #2

Photo © Ernesto Timor - Coucou

shot: june 17 | printed: today | lyon | sit still #3

« Les rêves pourraient nous donner des informations sur votre maladie, a dit Ruggero. Je suppose que vous rêvez d’eau. »
J’ai ouvert de grands yeux. J’étais en train de terminer un livre qui s’appellerait Rêves de fleuves et d’océans. Mais je n’allais pas le lui dire.
« De temps en temps » ai-je répondu.

Tim Parks, Le Calme retrouvé / Teach Us to Sit Still (Actes Sud, 2012).
Le titre français est hélas moins subtil que le titre original, comme pour ce que j’ai lu d’autre de l’excellent Tim Parks (par exemple The Server bêtement et commercialement transposé en No Sex, le comble de la malchance pour un écrivain par ailleurs traducteur !).

 

Elan vital

Photo © Ernesto Timor - Lancer de cordeau sur menhir

shot: jan 17 | printed: today | brittany | hasta siempre

Je ne sais pas bien quoi dire de l’actu nationale, à part « faites pas les cons », ce qui n’a jamais convaincu personne, et surtout pas ceux dont la jugeote n’en finit pas de se dissoudre dans de l’infect alcool de patrie.

En lot de consolation, un mot de mon actu perso, modeste et dérisoire au demeurant, mais faire œuvre collective entre gens ouverts à l’inconnu c’est déjà une preuve de vie hein… Pour que tu perdes pas le fil s’est donc projeté comme prévu à Lyon jeudi 27 avril, avec les audaces guitaristiques de Jeff Duschek pour faire de ce photo-ciné-concert un événement bien au-delà du prévu ! Nous reviendrons, nous jouerons encore, là ou ailleurs, et je poursuis les prises de vue de ce work in progress (l’image ci-dessus en est d’ailleurs un avant-goût en terres bretonnes) !
Quant à l’expo de Mes champs visuels, elle reste accrochée à l’accueillante Méduze jusqu’au 16 mai, aux irrégulières heures d’ouverture et aussi sur rendez-vous (bref on s’arrange) !

Veuillez excuser la gêne occasionnée

Photo © Ernesto Timor - Comme un pélican sur un quai de gare

shot: apr 17 | printed: today | brest (brittany) | not a fish

Je ne manque jamais de glisser un petit billet poissonnier au premier jour d’avril, c’est plus fort que moi. Mais cette année non, où avais-je la tête. J’ai quand même commis une photo spéciale se rapportant au sujet mais en fait c’est plus dramatique que drôle, ce qui colle à notre époque formidable plus qu’à la date exacte. Alors je peux bien la poster avec deux jours de retard…

L’étonnement du voyageur

Photo © Ernesto Timor - L'absence

shot: june 16 | printed: today | gif-sur-yvette (distant outskirts of paris) | memories of a wet traveller

C’est pratique la photographie, presque autant que la littérature. Pour brasser souvenirs et impressions hors de toute logique apparente, selon des courants qu’on est souvent seul à capter, il faut bien le dire. Quand en plus on est aidé par des crues qui affolent les bibliothèques, oui c’est regrettable mais c’est beau !