Mes week-ends…

Photo © Ernesto Timor - Mirad

shot: jan 17 | printed: today | essonne, distant outskirts of paris | playtime

… en missions lointaines sont-ils plus fun que vos saturday night fevers ? Ça je ne sais toujours pas (et j’en aurai fini de ces constructions de posts, ça pourrait devenir fastidieux et je finirai bien finir par vexer quelqu’un qui m’aura mal compris).
Cette dernière photo est donc issue encore d’images de la veille, de la photo de plateau de théâtre comme souvent j’en fais — et comme rarement Irregular en montre, sans doute par ce que ce ne sont pas mes histoires… D’où ce choix d’image qui garde tout son mystère — en vrai la salle était tout à fait pleine, et les comédien-ne-s terriblement de face, il s’agit là d’un pas de côté, en sorte. Fragments du très beau Mirad un garçon de Bosnie de l’Amin Théâtre, qui se jouait à la Friche de Viry-Châtillon, en Essonne. (Une galerie de photos de plateau « normale » sera visible dans quelques jours sur Timor Rocks !)

Objets du culte

Photo © Ernesto Timor - Loyasse

shot: oct 16 | printed: today | lyon | dea optima maxima

Toussaint, date anniversaire d’Irregular, je ne vous refais pas le coup du lien vers le post originel, de novembre 2003 : les fidèles connaissent, les débrouillards trouveront par eux-mêmes le chemin vers le Cimetière des Plaisirs…
Cette image-ci c’est ici et maintenant. Au-delà des apparences…


Côtes de Duras

Photo © Ernesto Timor - La dame du lac

shot: oct 16 | printed: today | jura (not so far from switzerland) | LoL

Ce que je n’ai pas dit c’est que toutes les femmes de mes livres, quel que soit leur âge, découlent de Lol V. Stein. C’est-à-dire d’un certain oubli d’elles-mêmes. Elles ont toutes les yeux clairs. Elles sont toutes imprudentes, imprévoyantes. Toutes, elles font le malheur de leur vie. […] Lol V. Stein. Folle. Arrêtée à ce bal de S. Thala. Elle reste là. C’est le bal qui grandit. Il fait des cercles concentriques autour d’elle, de plus en plus larges. Maintenant ce bal, les bruits de ce bal sont arrivés à New York. Maintenant Lol V. Stein est en tête des personnages de mes livres. C’est curieux quand même. C’est elle qui « se vend » le mieux. Ma petite folle.

Marguerite Duras, La Vie Matérielle (éd. POL, 1987 ; livre audio chez Naïve).


J’écoute ces mots sans concession — et qui parfois déraillent un peu — de la Marguerite lus par la voix glacée de Laure Adler (j’aime bien agrémenter mes virées automobiles par l’écoute de livres audio plus ou moins improbables, chacun ses petits vices). De fil en aiguille, je m’interroge sur le profil de mes héroïnes à moi, mes pseudo-folles préférées. Ça tombe bien, je viens de faire une photo. C’est un peu embrouillé mais intéressant, la vie matérielle…


« Il nous fallait une bonne petite catastrophe »

Photo © Ernesto Timor - Le cours naturel

shot: june 16 | printed: today | distant outskirts of paris | beautiful disaster

On dit souvent aux amis qui souffrent et qui ont peur : c’est formidable d’avoir peur. La crise c’est bon. La tempête de 99, elle a fait un bien fou à la nature. Ouhlàlà ! Les taillis reprennent, c’est la lande, la taïga d’avant. Les rivières reprennent leur cours naturel. Arbres morts impliquent champignons, etc. Tout va mieux. Je ne vous parle pas des oiseaux, des vers de terre, de la chicorée sauvage. Il nous fallait une bonne petite catastrophe, il faut souffrir pour être belle. Mais pas du tout. Allez on respire, il ne vous est jamais rien arrivé, pas de drame. Respirez, plus de passé, plus de récent. Le récent c’est périssable…

Olivier Cadiot, Histoire de la littérature récente, Tome 1 (POL, 2016).


Les attractions nécessaires : aujourd’hui, le printemps

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shot: dec 13 | printed: today | jura (not far from switzerland) | living again

On en trouve encore à nous dire
Qu’on n’a rien compris à la vie
Arrête un peu ou on va rire
Ou explique-nous si t’as envie
C’est vachement compliqué d’être né
Mais c’est marrant d’être vivant
On est tout le temps étonné
Et puis on s’ra pas mort avant

Loïc Lantoine, Badaboum

Il y avait longtemps que je n’avais pas invoqué notre tendre camarade Loïc. Là l’envie en revient trop fort, même si illustrer des trucs comme ça est toujours un peu terrain glissant. C’est de l’avoir vu de tout près, rire et pleurer tout comme avant, c’était là au Marché Gare à Lyon. Sans la jouissive Cie des musiques à ouïr, cette fois, sans même l’indispensable François Pierron, mais avec The Very Big Experimental Toubifri Orchestra, une bande de jeunes qui promettent et donnent des souffles nouveaux à toutes ces chansons (?) vitales !


Pour que tu ne te perdes pas dans mes greniers

Photo © Ernesto Timor

shot: oct 15 | printed: today | lyon | stuck in the attic

« Ce sera difficile de la mettre à la porte. Et puis on la connaît bien dans le quartier… On lui a même donné un surnom…
— Lequel ? »
J’étais vraiment curieuse de le savoir. Et si c’était le même que celui qu’on lui avait donné il y a vingt ans ?
« On l’appelle Trompe-la-mort. »
Elle l’avait dit gentiment, comme s’il s’agissait d’un surnom affectueux.
« Quelquefois on a l’impression qu’elle va se laisser mourir, et puis le lendemain, elle est fringante et aimable, ou bien elle vous balance une vacherie. »
Pour moi, ce surnom prenait un autre sens. J’avais cru qu’elle était morte au Maroc et maintenant je découvrais qu’elle avait ressuscité, quelque part, dans la banlieue.

La Petite Bijou, Patrick Modiano.

 

Trompe-la-mort a longtemps été le nom de mon site, j’y ai renoncé il y a bientôt deux ans, lors de la refonte du bazar, dans un élan de simplification et d’envie de me rendre plus lisible (ne riez pas). Les Galeries Trompe-la-mort sentaient un peu trop le drame et la poussière… Belle ironie de buter sur ce fantôme-là aussi au détour d’une page de Modiano, encore et encore… !

Quant à la photo, nouveau micro-voyage dans mes greniers, c’est une indiscrétion de plus sur mon projet qui se tisse dans l’ombre ces temps-ci, Pour que tu ne perdes pas le fil…

Les attractions nécessaires :
aujourd’hui comme hier

Photo © Ernesto Timor

shot: oct 15 | printed: today | lyon | my other car is a panhard

Peut-être que je lis trop de Modiano, la confusion des temps me guette de plus en plus au tournant. En quête de décor pour une séquence photographique furieusement contemporaine (par exemple un futur épisode des Salles d’attente, mmm), j’ai découvert à la place un garage assez merveilleux — ses odeurs de graisse sans âge, ses verrières chaudes, ses vieilles demoiselles aux courbes parfaites… Premier aperçu de cette usine aux créatures joliment carrossées, sûrement pas le dernier…


Fenêtres avec vue

Photo © Ernesto Timor

shot: jul 15 | printed: today | liège (belgium) | sightseeing

Bien sûr j’ai déjà usé de ce titre. Mais je pense que c’était sans le pluriel ! Il n’est pas même impossible qu’une autre fois j’aie déjà publié une photo du même sujet, peut-être même sous cet angle fatal, il y a 6 ou 7 ans de ça. Dans mon souvenir, rien n’a vraiment changé dans cette étrangeté liégeoise, si ce n’est la position des nuages…