Sous le soleil à retardement

Photo © Ernesto Timor - Contretype

shot: sept 10 | reprinted: today | paris | sweet negative

C’que c’est beau la photographie
Le soleil qu’on fait prisonnier
Pas d’raison pour qu’on les oublie
Les p’tites femmes en p’tite robe d’été

C’que c’est beau la photographie
Bougeons plus ! l’amour va passer
1, 2, 3, c’est la plus jolie
Agrandie, vous l’encadrerez.

On sourit pour l’éternité.

Plus sautillant que mes morceaux choisis littéraires habituels, non ?
C’est ce qui ouvre Le soleil qu’on fait prisonnier [Aperture], une somme qui, en trois chapitres, propose la synthèse d’une collaboration étalée sur plusieurs années avec la rousse Kitsune. Ça ne nous rajeunit pas du point de vue de la date des clichés (de 2009 à 2011) mais ça rafraîchit le regard !
Même si ce grand voyage contrasté entraîne parfois au bord du vide ou au cœur des noirceurs, tout ceci n’est qu’un jeu, à commencer par le titre, emprunté… aux Frères Jacques, dans cet extrait de C’que c’est beau la photographie !
Quant à l’image extraite de l’affaire, elle est merveilleusement représentative de l’intention… mais beaucoup moins de l’esthétique de l’ensemble, tout cela étant full colour et en positif !!

Ceci constitue le dernier livret paru en Enfer, hop !

Pas d’embrouille

Photo © Ernesto Timor -

shot: nov 15 | reprinted: today | paris | easy binding

Où je vous reparle en clair du projet Pour que tu ne perdes pas le fil !
En vrai ça se déroule tranquille ces petits préparatifs, et donc tout soudain les Lyonnais et les voyageurs pourront découvrir la face A et la face B d’Ernesto au cordeau !
Face A : accrochage de 8 grands tirages extraits de la suite Mes champs visuels.
Face B : Pour que tu ne perdes pas le fil, 7 ou 8 courts films photographiques, projetés le soir du vernissage : Jeff Duschek performera en live leur bande son post-rock !
Ces réjouissances sont proposées dans le cadre du vernissage de l’exposition Tiré au cordeau, avec aussi les images de Emre Orhun et Shneckewurst, et c’est jeudi 27 avril 2017 à partir de 19 h à La Méduze (Lyon 1er) !
Plus de détails sur tout ça : www.ernestotimor.com/cordeau

Impressions émues

Photo © Ernesto Timor - Le Premier Volume

shot: jan 17 | printed: today | lyon | imprimatur #1

Un peu plus tard, pendant que Hans nous régalait de son bœuf Stroganov, Dieu que cette viande est tendre !, s’était émerveillé mon père, mon père jamais fatigué quand il s’agissait de bâfrer, Hans m’avait donné un conseil.
Écoute Hans, avait ajouté mon père. Lui au moins a de la patience.
Range ton cours dans un endroit où tu sauras le retrouver, dans un tiroir de ta mémoire, voilà ce que m’avait suggéré Hans, et je l’avais soigneusement rangé, j’avais même renoncé à une séance d’onanisme pourtant méritée afin de relire une ultime fois ce maudit cours de socio.
Mais ça, c’était hier.

Aujourd’hui, face à l’interrogation-surprise, tous les tiroirs de ma mémoire se sont ouverts et un vent aussi soudain que violent fait virevolter toutes les copies doubles. J’ai beau tendre la main, je suis incapable d’en saisir une.
Je finis par passer l’heure à recopier l’intitulé des questions.
Zéro pointé, murmure une corneille qui vient de se poser sur le rebord de la fenêtre.

En sortant du cours, Lunettes Rondes me poursuit, et je l’entends rire derrière mon dos.
Au soi-disant bon fils : La famille élargie c’est sur plusieurs générations, la famille nucléaire ou conjugale c’est que sur deux générations, puis il ajoute, afin de me confondre davantage, que les liens de la famille se constituent de la manière suivante: soit par le mariage, soit par des liens de parenté, soit par consanguinité.
Lâche-moi, tu veux, lui dis-je, prêt à fondre en larmes ou à le tuer à mains nues.

Et toi ?
Et toi Albertin ?
Tu t’inscris dans quelle famille ?

Le bon fils, Denis Michelis (éd. Notab/Lia, 2016).
Un extrait particulièrement parlant, mais j’aurais voulu citer en entier ce petit roman découvert par hasard, sur sa belle couverture au trait. Ce livre est terriblement grinçant, remuant, sobre et dingue. Ce livre tue.

Photo © Ernesto Timor - La ponctuation

shot: jan 17 | printed: today | lyon | imprimatur #2

Quant aux deux photos en écho non-illustratif, c’est rien que des vues très subjectives de visite de l’excellente exposition de la Bibliothèque municipale de Lyon Impressions Premières, la page en révolution de Gutenberg à 1530

Comme un aviateur dans un ascenseur

Photo © Ernesto Timor - Part-Dieu

shot: jan 17 | printed: today | lyon | give me a lift

Je suis sorti, je me suis arrêté sur les marches, l’avais-je bien remerciée, ou alors j’étais parti en murmurant mon au revoir, et merci ? Il m’arrive de parler plus bas que terre comme qui dirait. Je me souviens de plus en plus mal des choses du jour. Parfois, mes pas me mènent vers l’avant mais ils pourraient aussi bien décider de faire demi-tour, ou de m’avancer en arrière. La pluie s’était arrêtée. J’ai espéré qu’on ait de la neige ces prochaines semaines pour le plaisir enfantin que ça me donne, et puis, parce que j’ai pris des photos de banlieue sous la neige depuis plus de quarante années, et j’avais vraiment tout mon temps aujourd’hui, pour continuer.

Photos volées, de Dominique Fabre (éd. l’Olivier, 2014).

Un roman triste sur un gars débarqué de la société un peu tôt à son goût, et qui se raccroche plus ou moins à son passé de photographe. Certes bourré d’erreurs sur le sujet de la photo mais touchant à plus d’un titre…
Ma photo aussi elle est un peu volée, volée à la rue. Quant au titre du post il me vient d’Higelin, c’est nostalgique aussi mais en plus drôle.

Ceci n’est pas une tapisserie

1511-life1777

shot: nov 15 | printed: today | beauvais (north of france) | simply magic

Encore une drôle d’apparition made in Beauvais. A l’entrée du Musée de la Tapisserie où se tient le gros des Photaumnales, une merveilleuse Spiral camera obscura conçue par Marja Pirilä et Petri Nuutinen. On se glisse tout entier dans l’escargot et qu’est-ce qu’on voit ?

Une dernière curiosité à la limite de l’illusion d’optique est enfin à découvrir parmi mes images ramenées de là-bas, sur ma page d’écho à Bayard, c’est la dernière fois que je vous en parle !


Autoportrait en dissocié cérébral

1511-life1759

shot: nov 15 | printed: today | beauvais (north of france) | eat my brain

Aucun végétal n’a été maltraité pour les besoins de cette photographie, il s’agit là d’un étonnant chou en céramique signé Jean-Michel Savary, dans le joli petit jardin du Mudo à Beauvais, sur ma route (ph)automnale vers Hippolyte



Les inventions oubliées :
aujourd’hui le photoblog

Photo © Ernesto Timor

shot: nov 15 | printed: today | not far from lyon | so many candelas

En dépit de ma fâcheuse tendance à ignorer les anniversaires, il y en a un auquel je pense sans forcer, et sans la combine du rappel automatisé. Un genre d’effet Toussaint. Bref Irregular a douze ans en ce 1er novembre. Pour certains trucs quand même, j’ai une obstination qui flirte avec l’entêtement. Ça mérite d’y coller une grosse bougie !
Photo de l’aube d’aujourd’hui même sur les monts du Lyonnais (douze ans plus tôt, mes errements étaient plus exotiques mais non moins baignés de saudade, loin s’en faut : ici et tout en bas de la page pour le Cimetière des Plaisirs, c’était fait à la main hein…).


Ecots à l’écho

Photo © Ernesto Timor

Autoportrait en chevalier noyé dans un verre d’eau…

Texte et réalisation © Ernesto Timor

Le pourquoi…

Mon double écho à Bayard

J’ai le plaisir d’avoir été retenu pour l’expo collective Ecots à l’écho, dans le cadre du festival Les Photaumnales, une édition « en écho » à Hippolyte Bayard.

Ci-dessous le texte par lequel, pour une fois, je m’explique en paroles sur ma photographie…

Ajouter mon écot à l’écho à Bayard, oui, plutôt deux fois qu’une !

Hippolyte Bayard, membre éminent du peloton des inventeurs de la photographie, est à ce seul titre déjà un héros ! Mais aussi un superbe loser, un de ceux dont le mérite est à peu près passé à la trappe, que la gloire et la richesse ont ignoré — et qui, de cette mésaventure, a su faire un nouveau tour d’alchimie en réalisant son macabre autoportrait pour de rire. J’aime bien voir là une parenté avec ce qui anime ma propre photographie depuis longtemps, cette manie tragi-comique…

Et puis Bayard, l’illustre homonyme autrement plus célèbre, dont on apprenait naguère les exploits chevaleresques. Celui-là a bercé toute mon enfance, car mon patronyme — Sampeur — déclenchait et déclenche encore l’inévitable « sans peur et sans reproche » qui à force de martèlement donne envie d’en finir avec l’état civil (d’ailleurs pour pratiquer la photographie je me cache tant bien que mal sous le pseudonyme de Timor !).

Or donc, j’ai fusionné les deux filiations brumeuses en cette image d’un chevalier Bayard noyé dans son verre d’eau. Bah, ce n’est pas sérieux, ce n’est qu’une photographie.

Ernesto Timor

Photaumnales, Beauvais (60), du 19 septembre au 29 novembre 2015.
L’exposition se tient à la Galerie nationale de la tapisserie.
www.photaumnales.fr