“Ce jeu des apparences lui était agréable”

Photo © Ernesto Timor - stairway to heaven revisited

shot: aug 02 | reprinted: today | paris | lady lady

Ce fut pour le frère du vieux K. la plus belle nuit de sa vie, mais quand au petit matin la femme femme quitta discrètement CETTE maison avec son aide, elle considéra que l’aventure prenait fin en même temps que son enivrement. Pendant des mois, le frère du vieux K. lui téléphona, lui adressa des prières, des suppliques, sans rien pouvoir obtenir d’elle : la femme femme avait chez elle un mari viril moustachu, des enfants enfants, une famille famille, et elle demanda franchement au frère du vieux K. de cesser de l’importuner, de se conduire en adulte. Cette aventure avait été très très agréable, lui dit-elle, et elle ne regrettait rien, mais il devait se comporter en homme et non en gamin. Le frère du vieux K. retrouva sa chambre. Il s’y enfermait à clé et se morfondait en regardant le palmier asséché qui, depuis qu’il avait été arrosé par la femme femme, refusait de boire de l’eau ordinaire. Lui aussi regrettait cette nuit unique et, consommé de regrets, il creva définitivement.

Wojciech Kuczok, Antibiographie (Editions de l’Olivier, 2006).
Le titre de ce post est prélevé quelques lignes plus haut. Tout n’y est pas si drôle ni croustillant, dans ce roman polonais qui m’a secoué bien comme il faut. C’est même plutôt une vie de famille dans ce qu’elle peut avoir de plus pervers et cinglant. Mais ceci amène aussi cela…
Pour enluminer le récit, petite plongée dans la cage aux chimères…


Peinture à l’œuf

Photo © Ernesto Timor - La petite sirène

shot: june 16 | printed: today | distant outskirts of paris | mirame (y gustame)

Coquetelle assez mauvais genre que je vous sers là, entre cette peinture rupestre début XXIe siècle dénichée au fond d’une friche sombre et humide, et des mots de l’élégant et tendancieux Pierre Louÿs, fin XIXe siècle. Un peu de raffinement amoureux ne fera pas de mal au premier ingrédient, et un petit pas de côté hors des règles du jeu homme-femme ne peut pas non plus faire de mal au second (de Pierre Louÿs, je crois que j’aime avant tout le tréma sur le ÿ !)… Lire la suite

La Mariée mise à nu par ses célibataires, même

Photo © Ernesto Timor - La fiancée de l'homme de fer

shot: apr 16 | printed: today | lyon | iron man’s bride

Le titre est bien sûr celui d’un chef d’œuvre de Marcel Duchamp. L’association d’idées s’est imposée à plus d’un titre, mais je ne vais quand même pas vous faire un dessin, en plus d’une série de pas moins de 5 (cinq) photographies et de la transmutation d’un cher encombrant en readymade !

Les devoirs de vacances :
aujourd’hui, l’optimisme

Photo © Ernesto Timor - Beauté des pluies acides

shot: mar 16 | printed: today | pilat (not so far from lyon) | moody blues

Marchons en bavardant avec Cioran rue de l’Amertume, pour nous rendre place de la Déception, et finir ensuite dans le jardin de la Tristesse. Là, ça ira mieux : on pourra commencer à vraiment comprendre ce qui nous arrive, et passer à autre chose : emprunter le passage de l’Acceptation, nous balader avenue de l’Action.

Christophe André, Les états d’âme (un apprentissage de la sérénité).
Ce n’est pas une maxime en anglaises dorées piochée vite fait dans la marmite infâme des citations en ligne, c’est une voix off qui m’accompagne pour de vrai et au long cours dans la balade de la vie, Christophe André. Ça vous la coupe, hein ?

C’est la ouate

Photo © Ernesto Timor

shot: dec 15 | printed: today | pilat (not far from lyon) | what’s next

Premier titre imaginé pour cette image, T’as voulu voir la mer. Mais il aurait suggéré une amertume sans rapport avec mon humeur et aurait même pu laisser entendre, pour les plus finauds, que cette photo était prise à Vesoul, ce qui n’est pas le cas — pas cette fois. Donc le moment n’est pas raté, la photo pas spécialement non plus floue (son velouté synthétique doit tout aux baies en plastique du barnum) et, même si elle manque d’admirateurs, c’est une onctueuse mer de nuages qui s’y offre en contrebas…