Aux frontières de la logique

Photo © Ernesto Timor -

shot: august 17 | printed: today | devoluy (alps) | zen park

Un adage du zen nous dit : celui qui atteint son but a manqué tout le reste.

C’est Christophe André qui vient de remettre ça dans mon oreille, lors d’une de ses modestes et précieuses chroniques radiophoniques quotidiennes intitulées la vie intérieure. Voici, si on la lit bien et sans trop de complaisance pour ses tendances à errer sans but, une jolie formule, possible antidote à tous les volontarismes agités !
Pour en revenir aux travaux pratiques, la sagesse à pied, j’ai découvert la rubalise électrifiée, nouvelle limite improbable qui m’a consolé du sommet non atteint.

Visages de la forêt

Une première avait fuité il y a quelques jours, sans préméditation de cette mini-séquence au coin du bois, format un peu inhabituel sur Irregular. Mais finalement cela me plait de découvrir cette apparition sous plusieurs angles, sans avoir à choisir entre l’épaule gauche ou l’épaule droite, pas plus que l’un des quatre chemins ou la qualité des illusions qui ondulent dans la noirceur du décor

Vue sur le marigot

Photo © Ernesto Timor - Tout en carton

shot: june 17 | printed: today | distant outskirts of paris | believe it or not

Tout ça, c’est des histoires… mais la photo est évidemment sans montage ni trucage, c’est la réalité qui est piégée !

NB : ce galbe parfaitement étonnant est un fragment d’un meuble que j’avais à charge de photographier dans le cadre d’une collaboration nouvelle et stimulante avec une créatrice de mobilier en carton, nous en reparlerons (avec d’autres photos que ces blagues off, mais toujours avec un je ne sais quoi d’intrigant…).

Veuillez excuser la gêne occasionnée

Photo © Ernesto Timor - Comme un pélican sur un quai de gare

shot: apr 17 | printed: today | brest (brittany) | not a fish

Je ne manque jamais de glisser un petit billet poissonnier au premier jour d’avril, c’est plus fort que moi. Mais cette année non, où avais-je la tête. J’ai quand même commis une photo spéciale se rapportant au sujet mais en fait c’est plus dramatique que drôle, ce qui colle à notre époque formidable plus qu’à la date exacte. Alors je peux bien la poster avec deux jours de retard…

Impressions émues

Photo © Ernesto Timor - Le Premier Volume

shot: jan 17 | printed: today | lyon | imprimatur #1

Un peu plus tard, pendant que Hans nous régalait de son bœuf Stroganov, Dieu que cette viande est tendre !, s’était émerveillé mon père, mon père jamais fatigué quand il s’agissait de bâfrer, Hans m’avait donné un conseil.
Écoute Hans, avait ajouté mon père. Lui au moins a de la patience.
Range ton cours dans un endroit où tu sauras le retrouver, dans un tiroir de ta mémoire, voilà ce que m’avait suggéré Hans, et je l’avais soigneusement rangé, j’avais même renoncé à une séance d’onanisme pourtant méritée afin de relire une ultime fois ce maudit cours de socio.
Mais ça, c’était hier.

Aujourd’hui, face à l’interrogation-surprise, tous les tiroirs de ma mémoire se sont ouverts et un vent aussi soudain que violent fait virevolter toutes les copies doubles. J’ai beau tendre la main, je suis incapable d’en saisir une.
Je finis par passer l’heure à recopier l’intitulé des questions.
Zéro pointé, murmure une corneille qui vient de se poser sur le rebord de la fenêtre.

En sortant du cours, Lunettes Rondes me poursuit, et je l’entends rire derrière mon dos.
Au soi-disant bon fils : La famille élargie c’est sur plusieurs générations, la famille nucléaire ou conjugale c’est que sur deux générations, puis il ajoute, afin de me confondre davantage, que les liens de la famille se constituent de la manière suivante: soit par le mariage, soit par des liens de parenté, soit par consanguinité.
Lâche-moi, tu veux, lui dis-je, prêt à fondre en larmes ou à le tuer à mains nues.

Et toi ?
Et toi Albertin ?
Tu t’inscris dans quelle famille ?

Le bon fils, Denis Michelis (éd. Notab/Lia, 2016).
Un extrait particulièrement parlant, mais j’aurais voulu citer en entier ce petit roman découvert par hasard, sur sa belle couverture au trait. Ce livre est terriblement grinçant, remuant, sobre et dingue. Ce livre tue.

Photo © Ernesto Timor - La ponctuation

shot: jan 17 | printed: today | lyon | imprimatur #2

Quant aux deux photos en écho non-illustratif, c’est rien que des vues très subjectives de visite de l’excellente exposition de la Bibliothèque municipale de Lyon Impressions Premières, la page en révolution de Gutenberg à 1530