Le démolisseur sur rendez-vous, et autres métiers rêvés

Un nouveau side-project de ricochet entre les mots de François Chaffin et les photos d’Ernesto Timor, appuyé à la création de 51 mots pour dire la sueur par le Théâtre du Menteur.

 

Dans la tradition des clichés de travailleurs posant avec la solennité de leur fonction, je réalise une galerie de portraits d’anonymes qui figurent des métiers imaginaires. Il se présentent à nous avec leur nom et le métier qu’ils se sont choisis, incarnation éphémère d’une vocation impossible ou allusion grinçante au monde du travail réel. La scène est sobre et plausible : rien de plus qu’un geste, un outil improbable, une façon d’être, lumières et décors naturels…

Les textes accompagnant ces portraits sont signés François Chaffin, résonant avec sa création de 51 mots pour dire la sueur, farce poétique et politique autour du travail, spectacle créé début 2019. D’abord dérivées du texte du spectacle, ces présentations fictives se nourrissent par la suite de ce que lui inspirent les diverses personnalités photographiées, à la tête du client en somme…

[Edit janvier 2019] Des aperçus paraissent au compte-gouttes en amont d’une première exposition…
La Galerie, Espace culturel, cour Émile Zola, 77370 Nangis. Exposition du 23 janvier au 6 février 2019, vernissage le 23 janvier à 20h. Ouvert les mardis et mercredis de 14h à 18h, les samedis et dimanches de 15h à 18h.

 

Couverture dossier "Le démolisseur sur rendez-vous, et autres métiers rêvés" © Ernesto Timor

Dossier complet de présentation sur demande !

Galerie d’indiscrétions sur le travail en cours, par ici


 

Photo © Ernesto Timor - Texte © François Chaffin

Sab, touche-à-toute.

Pour que tu ne te perdes pas dans mes greniers

Photo © Ernesto Timor

shot: oct 15 | printed: today | lyon | stuck in the attic

“Ce sera difficile de la mettre à la porte. Et puis on la connaît bien dans le quartier… On lui a même donné un surnom…
— Lequel ?”
J’étais vraiment curieuse de le savoir. Et si c’était le même que celui qu’on lui avait donné il y a vingt ans ?
“On l’appelle Trompe-la-mort.”
Elle l’avait dit gentiment, comme s’il s’agissait d’un surnom affectueux.
“Quelquefois on a l’impression qu’elle va se laisser mourir, et puis le lendemain, elle est fringante et aimable, ou bien elle vous balance une vacherie.”
Pour moi, ce surnom prenait un autre sens. J’avais cru qu’elle était morte au Maroc et maintenant je découvrais qu’elle avait ressuscité, quelque part, dans la banlieue.

La Petite Bijou, Patrick Modiano.

 

Trompe-la-mort a longtemps été le nom de mon site, j’y ai renoncé il y a bientôt deux ans, lors de la refonte du bazar, dans un élan de simplification et d’envie de me rendre plus lisible (ne riez pas). Les Galeries Trompe-la-mort sentaient un peu trop le drame et la poussière… Belle ironie de buter sur ce fantôme-là aussi au détour d’une page de Modiano, encore et encore… !

Quant à la photo, nouveau micro-voyage dans mes greniers, c’est une indiscrétion de plus sur mon projet qui se tisse dans l’ombre ces temps-ci, Pour que tu ne perdes pas le fil…

Autoportrait en dissocié cérébral

1511-life1759

shot: nov 15 | printed: today | beauvais (north of france) | eat my brain

Aucun végétal n’a été maltraité pour les besoins de cette photographie, il s’agit là d’un étonnant chou en céramique signé Jean-Michel Savary, dans le joli petit jardin du Mudo à Beauvais, sur ma route (ph)automnale vers Hippolyte



Les salles d’attente : suites de films
photographiques en écho à Je suis contre la mort, 2015-2016

Après le cycle des Black Variations qui avait fait écho à la création théâtrale d’Entretiens avec la mer, voici Les salles d’attente ! Accompagnant à sa façon la création en cours de Je suis contre la mort, cette aventure est prévue pour s’étaler d’octobre 2015 à l’été 2016, date de la présentation du spectacle par le Théâtre du Menteur à Avignon.


Renouvelant l’expérience des Black Variations qui avait fait écho à la création d’Entretiens avec la mer, voici les Salles d’attente. Conçue comme une libre ré-interprétation de Je suis contre la mort, ce « side-project » a couru pendant plusieurs mois, le temps de la création du spectacle. À mesure de leur production, les Salles d’attente ont été postées sur le web comme un feuilleton non identifié.
La formule est celle du mix expérimental entre les mots de François Chaffin et les images d’Ernesto Timor, enrichie par la création musicale de Nico­las Verger et Olivier Métayer (Appat203). Nous cherchions à faire sonner des bribes de ce texte fraîchement écrit, en privilégiant sa musicalité : cinq épisodes, autant que de « morceaux » pour ne pas dire « chansons » dans le spectacle, selon la même progression. La bande son colle aux étapes de travail, elle dit la recherche, ne cache pas l’approximation. Côté visuel, des images hors champ théâtral, exploration toute personnelle de cette piste de la vitalité qui s’applique, non sans peine, à être plus forte que les noirceurs…
On y voit des dehors plutôt qu’un plateau, on y croise des silhouettes qui ne sont pas des comédiens, on s’y frotte plus sûrement à des manques et des absences… on attend !
« Si l’on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d’attente », notait le facétieux Jules Renard…

 

 

salle d’attente #1, 3’10, octobre 2015
Il y a quelque chose quelque part qui joue avec ta vie…

salle d’attente #2, 3’30, novembre 2015
Je ne vivrai jamais plus comme avant…

salle d’attente #3, 3’50, janvier 2016
Je me coltinerai des ciels inouïs…

salle d’attente #4, 4’00, mars 2016
En sautillant bordel en sautillant…

salle d’attente #5, 5’10, juin 2016
On est au monde évidemment…

salle d’attente #X (bonus track), 2’43, juillet 2016
Je ne vis que pour jouir…



Tous épisodes > texte : françois chaffin / voix : julien defaye et françois chaffin / voix off : céline liger / musique : nicolas verger et olivier métayer (appat203) / photos et montage : ernesto timor

Laissez-vous embarquer (en montant le son, plein écran et en HD de préférence) !


Ecots à l’écho

Photo © Ernesto Timor

Autoportrait en chevalier noyé dans un verre d’eau…

Texte et réalisation © Ernesto Timor

Le pourquoi…

Mon double écho à Bayard

J’ai le plaisir d’avoir été retenu pour l’expo collective Ecots à l’écho, dans le cadre du festival Les Photaumnales, une édition “en écho” à Hippolyte Bayard.

Ci-dessous le texte par lequel, pour une fois, je m’explique en paroles sur ma photographie…

Ajouter mon écot à l’écho à Bayard, oui, plutôt deux fois qu’une !

Hippolyte Bayard, membre éminent du peloton des inventeurs de la photographie, est à ce seul titre déjà un héros ! Mais aussi un superbe loser, un de ceux dont le mérite est à peu près passé à la trappe, que la gloire et la richesse ont ignoré — et qui, de cette mésaventure, a su faire un nouveau tour d’alchimie en réalisant son macabre autoportrait pour de rire. J’aime bien voir là une parenté avec ce qui anime ma propre photographie depuis longtemps, cette manie tragi-comique…

Et puis Bayard, l’illustre homonyme autrement plus célèbre, dont on apprenait naguère les exploits chevaleresques. Celui-là a bercé toute mon enfance, car mon patronyme — Sampeur — déclenchait et déclenche encore l’inévitable « sans peur et sans reproche » qui à force de martèlement donne envie d’en finir avec l’état civil (d’ailleurs pour pratiquer la photographie je me cache tant bien que mal sous le pseudonyme de Timor !).

Or donc, j’ai fusionné les deux filiations brumeuses en cette image d’un chevalier Bayard noyé dans son verre d’eau. Bah, ce n’est pas sérieux, ce n’est qu’une photographie.

Ernesto Timor

Photaumnales, Beauvais (60), du 19 septembre au 29 novembre 2015.
L’exposition se tient à la Galerie nationale de la tapisserie.
www.photaumnales.fr


Black Variations : un side-project pour Entretiens avec la mer, 2014-2015

Un genre de porte vers cet univers s’est ouverte au travers d’un poster-dépliant joint en bonus au livre Entretiens avec la mer, publié en novembre 2014, en co-édition Théâtre du Menteur / Image Latente.


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Clôture du cycle et projection publique.
Pro­jec­tion de l’intégrale réalisée depuis 1 an : une soirée Ruée dans les Box à ne pas rater le vendredi 6 mars 2015
si vous êtes en mesure de pousser votre monture jusqu’à La Cavalerie en Essonne ! En savoir plus sur cette soirée…

Grand mix expérimental entre les mots de François Chaffin et mes images, sans oublier les guitares de Benjamin Coursier. Côté texte il s’agissait de faire sonner des bribes d’Entretiens avec la mer, texte chaudement sorti des forges de son auteur ; côté images, une avalanche de petits films photographiques qui explorent à leur façon les noirceurs sensibles de l’affaire. Autant d’échos mystérieux et osés à ce texte, dégagés de tout souci d’illustration ou même de préfiguration du spectacle…


Le 10 février 2014, François Chaffin a lu pour la première fois en public quelques épisodes de ce nouveau texte incandescent et noir, avec l’écho de sa musique ; tandis que je projetais une version remasterisée et augmentée de ma séquence Not a crime (qui n’en finissait pas d’attendre son heure), comme première piste de la réplique photographique que j’envisageais de fournir à cette création. Tout ceci sous les bienveillants auspices de Guillaume Lecamus, du Morbus Théâtre, qui organise mensuellement des Lectures-rencontres en appartement à Paris, dans le 13e (allez voir si cela vous tente !)

Devant le succès de la formule testée sans filet au cours d’une heure de live en ce début 2014, nous avons décidé d’en faire une version brève diffusable à l’écran (un extrait de quelques minutes, texte et musique, qui épouse à sa façon foutraque le cours de la séquence photographique). Ce fut la Black Variation #1.

Alors, nous avons décidé que d’autres Black Variations suivraient, offrant d’autres échos mystérieux et osés à ce texte, avec pour nouvelle ambition de servir également d’anticipations alléchantes de la création théâtrale… Une demi-douzaine d’épisodes a été programmée, à un rythme quasi-mensuel, jusqu’aux dates françaises de création du spectacle : Entretiens avec la mer, une coproduction du Théâtre du Menteur et du Théâtre Kaze, première version à Tokyo en août, création de la version française à la Ferme de Bel Ebat (théâtre de Guyancourt) les 6 et 7 novembre 2014.

À la veille de quelques dates de reprise de la pièce en mars 2015, la saga des Black Variations se clôture sur un 7e épisode présenté pour la première fois lors d’une soirée de projection de l’intégrale du projet : Ruée dans les Box #5, le 6 mars 2015 au (petit) théâtre de la Cavalerie : plus de détails ici !

 

Black Variation #1, 4’45”, mars 2014
textes et arrangements sonores : françois chaffin / musique : j.-s. bach
photographies et montage : ernesto timor (d’après la séquence not a crime, feat. anne-lise)

Black Variation #2, 5’26”, avril 2014
textes et arrangements sonores : françois chaffin / musique : benjamin coursier
photographies et montage : ernesto timor (d’après la séquence tornado, feat. angele bangor)

Black Variation #3, 7’30”, mai-juin 2014
image : ernesto timor (d’après des photos de répétition France + Japon) / textes et arrangements sonores : françois chaffin / musique : benjamin coursier / avec les voix de Céline Liger, Julien Defaye, François Chaffin et des comédien(ne)s du Kaze.

Black Variation #4, 5’50”, juin-juillet 2014
textes et arrangements sonores : françois chaffin / musique : benjamin coursier / photographies et montage : ernesto timor (d’après la séquence transmutation, feat. caelia virga)

Black Variation #5, 6’15”, août 2014
textes et arrangements sonores : françois chaffin / avec les voix de céline liger, julien defaye, françois chaffin et des comédien(ne)s du kaze / photographies et montage : ernesto timor (d’après la séquence l’esprit d’escalier)

Black Variation #6, 6’50”, octobre 2014
textes et arrangements sonores : françois chaffin / musique : benjamin coursier / avec les voix de céline liger et françois chaffin / photographies et montage : ernesto timor (d’après la séquence ceci n’est pas une scène)

Black Variation #7, 5’46”, mars 2015
textes et arrangements sonores : françois chaffin / musique : benjamin coursier / avec les voix de céline liger et françois chaffin / photographies et montage : ernesto timor (d’après la séquence l’entretien individuel, feat. bea huet)







« Voir clair, c’est voir noir » disait Paul Valéry.
À vous de voir…
(en montant le son et en HD de préférence) !

 

Bavardages : comment photographier entre les lignes

Photo © Ernesto Timor

Jeux d’une fois ou relations suivies… j’ai toujours aimé me prêter à des échanges de web ou de papier avec des correspondant(e)s, ceci au sens large.
Je ne parle pas ici des commandes au sens strict, où il faut tenter d’être à la hauteur de la proposition, me mettre au service d’un projet pluridisciplinaire plus vaste (suivre en particulier le tag arts vivants de mon site pro pour des exemples de ça).
Je ne parle pas non plus des collaborations avec celles et ceux dont la présence est au centre des plus humaines de mes images (les “modèles” et autres inspiratrices)…
Non, il va s’agir ici plutôt d’échos d’auteurs… de plumes proches qui écrivent en rebond à mes images, de créations artistiques autour desquelles je brode à ma manière, d’expérimentations collectives sur le web, de correspondances photographiques avec des ami(e)s…
Processus souvent merveilleusement inutile, chronophage… et précieux quand même ! Et qui de temps en temps a la chance de se concrétiser en projets exposés ou publiés d’une façon ou d’une autre !

Petit digest de mes collaborations photographico-littéraires, avec liens vers le dehors quand une publication existe ou vers mes archives quand une forme de compilation a pu se faire… Vous pouvez aussi explorer le mot-clé Echo de ce site pour partir à la pêche aux annonces…

Auteurs avec qui une collaboration est sur le feu, ou n’a pas fini de refroidir.
Les bavardes (ancienne série).

C’était le nom d’une rubrique de feu mon site Trompe-la-mort , d’une gamme de livrets sur Image Latente (le site)… Emmêlées à mes échos photographiques, on y retrouvait en particulier les plumes de Milady Renoir, Alexandra d’Orléans, Sandrine Rotil-Tiefenbach.

Les bavardes (nouvelle série).

Une partie de tout cela est en cours de restauration dans une collection de séquences qui a conservé cet intitulé des Bavardes, à retrouver dans la section L’Enfer de ce site !

Jeux de correspondance sur le Net.

J’en ai tenté plusieurs, mais n’y fais jamais de vieux os, pour une raison ou une autre. J’ai joué en particulier avec les Vases communicants (réseau mouvant de blogs à tendance littéraire, on va publier chez l’autre, et réciproquement  un vendredi par mois…  voir mes quelques posts classés dans vases communicants) ; aussi avec les Rendez-vous sur prises (où NM nous faisait faire une photo en temps et en heure, en réjouissant arbitraire, traces ici).

Un titre (la machine à broyer du roman)…

Une géniale moulinette à générer de la poésie visuelle et/ou éditoriale, signée de mon camarade Omer Pesquer. Le visiteur entre son nom de plume, le générateur de couverture de romans fait le reste, titre et visuel !… La collection fictive Editions Irrégulières turbine à partir d’une sélection de mes images… On gagne presque à tous les coup, addiction possible ! Succès phénoménal du dispositif, qui a généré plus de 3 millions de couvertures et dont parlent quantité d’articles sur le Net ! A vous de jouer !

 

 

T’as du feu ?
ou Ceci n’est pas une scène

Photo © Ernesto Timor

shot: oct 14 | printed: today | lyon | this is not a love song

Lui ou Elle : — Alors oui, c’est quelque chose, c’est plein de pus et c’est là, je sais pas quoi ni pourquoi mais c’est dedans, rognure et vomi, mouille noire, une moule en plein midi, devenue sangsue, grenouille, infection rampante, chatte écrasée, chibre claqué, tu comprends ce que c’est maintenant, ce genre de truc quand ça décide de te sucer par l’intérieur, tu crois que c’est les vacances dans mon corps, non mais je rêve, queue de zob, boîte à foufe, non mais dis-moi, tu as vu dans quel état je suis et comme je me chie debout !? (…)
La lumière fatigue. Dieu verse un peu de fumée, la lumière repousse, et les corps. L’orchestre chante « Mon amour ».

(Extrait d’Entretiens avec la mer, de François Chaffin, texte à paraître début novembre 2014, en co-édition Théâtre du Menteur / Image Latente.)

Au menu de cette Black Variation #6 : Lire la suite

Attention à la marche,
ou L’esprit d’escalier

Photo © Ernesto Timor

shot: aug 14 | printed: today | lyon | b side of me

Parfois, j’aimerais penser que vivre n’entrainera pas nécessairement toute une série d’effets secondaires. Pas vous ?

(Extrait d’Entretiens avec la mer, de François Chaffin, texte à paraître en novembre 2014.)

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Dévisser avec précaution

Photo © Ernesto Timor

shot: aug 14 | printed: today | lyon | you blockhead

Un dernier petit plaisir facile, frais et coloré pour un peu, avant de plonger pour de bon dans la réalisation de la Black Variation #5. Un solo tout noir qui devrait sortir en écho avec la première à Tokyo d’Entretiens avec la mer, dans une poignée de jours à présent. Façon de dire mon ici et maintenant, et comment ça résonne au travers du globe.
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Un bourbier peut en cacher un autre

Photo © Ernesto Timor

shot: june 14 | printed: today | aisne (east of france) | do not kill me again

N’est-ce pas qu’on dirait… un fantasme de califat universel / une image satellite de frappe chirurgicale / un tsunami nucléaire propre / un remords de Hans Bellmer / 14-18 en force / un continent oblitéré… En fait on y voit bien ce qu’on veut, c’est cool comme une tache de Rorschach. Selon le résultat du test, on saura dans quelle partie du monde et quelle époque vous vous prélassez cet été, et gare aux non-conformes…
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Produits d’entretien

Cette page donne accès à une sélection de mes interviews et entretiens préférés.
Lorsqu’il s’agit d’écrit, je présente une version rééditée et illustrée par mes soins (chaque lien permet de télécharger un petit PDF de quelques feuillets).

 

Couverture du livret

Complexe, risqué, richement illustré, flanqué de ses deux postfaces…

Irregular : Dominique Sampiero passe Ernesto Timor à la question.

Entretien réalisé début 2013, édité, digéré et postfacé (par l’un puis par l’autre) des mois plus tard. Parti à échanger autour du cycle Les limites nous regardent, je me laisse entraîner sur des terrains bien glissants, cette confrontation est pour le coup une expérience qui passe hardiment les bornes !

Extrait de la postface de Dominique Sampiero :
Photographier un photographe avec des mots ? Impossible. Avec des silences ? Peut-être. Trop facile. Un photographe, ça ne parle pas beaucoup. Il faut lire entre les blancs. Ou dans le blanc de ses yeux. Il faut regarder ce qu’il dit comme une photo à l’envers, un négatif décentré, étrange, une photo ratée où on peut voir quelque chose apparaître sur le fil mais à contre-jour, image un peu cramée d’âme insaisissable, toujours dans le tremblé précis d’être au monde dans son intimité la plus trouble, ambiguë, au bord de s’enfuir. Au bord du silence. Au bord du miroir.
Lire l’intégrale de l’entretien…




Comme à la radio tome 3 : j’étais l’invité matinal de Guillemette pour Traboule Kitchen sur RTU ce 18 février 2014.

Ça s’écoute aussi en différé ici :





Comme à la radio tome 2 : j’étais l’invité culture de Lucie Baverel sur RCF en direct ce 22 novembre 2013.

Pour ceux qui n’ont pas pu orienter à temps leurs antennes vers Fourvière, ça s’écoute aussi en différé et peut même se podcaster…




Mon

Edition à part de l’entretien publié en ouverture du livre
Mon lieu secret, paru en octobre 2013 chez Libel.

Territoires de l’intime : entretien sur le projet Mon lieu secret
Ernesto Timor sous le feu croisé de Frédéric Bellay (photographe) et Benoît Roux (éditeur).

Cet entretien, réalisé à Lyon en septembre 2013, figure aussi dans le livre éponyme (éd. Libel, octobre 2013).
Cette édition à part est publiée en avant-première, augmentée de quelques photos pour mieux suivre les échanges !

Extrait :
— Je crois qu’il y a moins de distance chez toi que chez d’autres photographes. C’est particulièrement étonnant dans le cadre de cette ville qui a tendance à en mettre beaucoup, de la distance. Est-ce que ça en a parfois fait une intrusion risquée ?
— Non, j’ai simplement senti que ce serait lent, que les gens d’ici ne s’engagent pas comme ça. Certains ont mis plus d’un an à se décider ! Mais j’ai aussi senti que c’était pertinent, que ça prenait humainement, que c’était porteur d’images fortes. Ce qui n’est pas le cas de tous mes projets, j’en abandonne beaucoup au bord de la route !
Lire l’intégrale…

 

Quizz Rue 89 Lyon, juillet 2013

Réédition du quizz Rue 89 Lyon, juillet 2013

C’est bien beau d’être artiste.
Rue 89 Lyon soumet Ernesto Timor à son quizz, édition n°16.

Questions-réponses publiées sur le site Rue 89 Lyon en juin 2013, en complément d’un entretien réalisé par Leïla Piazza sur le projet Mon lieu secret. La présente version est illustrée de photographies anecdotiques réalisées en 2012 et 2013 et parues sur les photoblogs Irregular ou Malaxe.

Extrait :
— À quelle personnalité politique pourriez-vous dédier une série de photos ?
— Rions un peu… Disons à Manuel Valls. J’ai beaucoup photographié les territoires rurbains improbables d’Essonne (son fief natal), je photographie aussi par esprit d’exorcisme énormément de clôtures, petites frontières ordinaires et autres attaches, je crois qu’il y aurait là matière à lui dédier une chouette série de douce France cousue de fil barbelé.
Lire l’intégrale…



Art Magazine, printemps 2013

Edition maison et bilingue de l’interview pour Art.de, printemps 2013

Akt Now / Dont acte.
Ernesto Timor dit pourquoi et comment il photographie (parfois, aussi) des femmes nues.

Interview réalisée au printemps 2013 pour la version en ligne du gros mag allemand Art, Das Kunstmagazin, en accompagnement d’une galerie d’images choisies sur mesure pour leur rubrique de photo Akt — notion intraduisible en français, le critère n’étant ni vraiment du nu artistique, ni de l’érotisme, ni de la provoc trashy arty… ou plutôt un peu tout ça à la fois. Eux-mêmes ne l’ont finalement toujours pas publiée après l’avoir réclamée avec insistance, m’est avis que je ne suis pas bien rentré dans les cases (et que ça me rassure). Choix d’images comme sujets débattus sont donc un peu bornés à cette question du corps dénudé, mais j’ai joué le jeu sans déplaisir, au point d’en produire une version bilingue, français et anglais !

Extrait :
— Jusqu’où iriez-vous ? Avez-vous des tabous ??
— Je vais juste un peu plus loin que ce que les gens sont prêts à livrer a priori. Ça ne veut pas dire les déshabiller un peu plus, leur dicter des gestuelles plus inconvenantes, ça veut juste dire moins de contrôle : chacun a un sens particulier de la limite au-delà de laquelle il se met en danger. C’est cela qui m’intéresse, cette limite du presque trop loin, qui sonne comme une expérience juste. Faire jouer aux gens des rôles stéréotypés ne m’intéresse pas trop, les pousser à adopter des postures ridicules ou pour eux dégradantes serait un peu mon tabou. Non je ne suis pas tenté par la pornographie, si c’est la question implicite !
Lire l’intégrale…



Comme à la radio tome 1 : j’étais l’invité de Radio Quenelle ce 21 mars 2013 (dont le nom n’a évidemment aucun lien avec le sinistre que l’on sait). L’émission Je suis venu vous dire s’est même tenue en direct depuis l’Antre Autre, café culturel à Lyon 1er, où j’exposais tout le mois de nouveaux rebonds des Limites nous regardent.

Ça se réécoute en différé par la magie de Soundcloud

Avancez à 20’45” (ou au 4e index) si vous n’avez pas le temps pour toute l’émission !



Prochainement / peut-être :
    • 13 rounds, Milady Renoir vs Ernesto Timor. Interview publiée pour la première fois sur le site Le Mague en 2005. J’étais rien qu’un jeune impertinent, ha ha, mais ça m’intéresse bien ce flashback sur des années charnière dans ma ré-addiction à la photographie, et les questions n’ont pas pris une ride, elles…

« Comment s’en sortir sans sortir »

Photo © Ernesto Timor

shot: oct 11 | reprinted: today | lyon | alt take

Guillemets sur ce titre car la formule vertigineuse est de Ghérasim Luca.

Et cette photo, vous croyez la connaître sans tout à fait la reconnaître, si vous êtes un peu attentifs. C’est en effet une rivale malchanceuse d’une des images de Mon lieu secret, l’une de celles qui a été le plus vues et reproduites, au point que j’en vienne à oublier qu’au départ elles étaient deux, bien difficiles à départager. Et, je vous le donne en mille, à présent une voix sourde en moi crie à l’erreur judiciaire !

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Comme ça leur vient

Cette page compile le meilleur des retours des lecteurs sur Mon lieu secret !
Non exhaustive mais évolutive, elle se nourrit de vos impressions, du petit mot au grand développement. Toutes nouvelles paroles bienvenues (par mail ou formulaire) !

Mais aussi… Revue de presse : compilation d’articles sur cette page. | Les entretiens (y compris radiophoniques !) sont sur cette page


À révéler mon lieu secret à d’autres paires d’yeux
— d’autres destinataires !
puis-je garder à discrétion, à défaut de mystère
le lieu d’être de mon secret
sans y voir soudain déballé
ce que je chéris mieux
— sans être avaricieux…
loin des regards, loin des curieux et tous les tralalères ?
À promener mon lieu secret, à ce moment précis
du dedans au dehors
sur le théâtre de la vie, parmi tous ces décors
tel qu’en moi, je le lie, l’endroit
où, tout ce que je lis, c’est moi
jusqu’à le résumer
à sa plasticité
dans la geste photographique d’Ernesto Timor

Tiniak Le Niak, bloggueur sur paVupApRi

 

Ernesto a bien plus que du talent et en plus c’est un chic type, ce qui ne gâche rien à l’affaire.

Gordon War, photographe et animateur de lieu d’expo (Espace Bis à Tournai, Belgique).

 

(…) C’est une ville, voilà, une ville avec des gens, qui vivent là. Une ville comme elle vient, comme elle est venue au fil du temps et des aventures humaines, dont les photos nous donnent à entr’apercevoir, sous des angles des cadres et des profondeurs de champs tous différents, autant de pièces d’un puzzle en 3 D à jamais incomplet. Et puis des gens reliés à chacune de ces pièces, pour des raisons qu’au fond eux seuls connaissent, et alors même que ces pièces n’existeraient pas sans eux. En tout cas pas comme ça. A la clé, sous une apparente simplicité, et malgré les quelques mots signalétiques (au sens large), un mystère qui reste entier, un espace où l’on peut rêver des vies.

Sylvie Zammit, directrice des affaires culturelles en Essonne.

 

C’est vraiment un beau travail. (…) Lieux faits secrets de l’amas d’un temps plus intérieur… des traces singulières… J’ai été frappé, moi qui ai peu l’habitude de la fréquentation des recueils de photos, de l’impact des grands formats dans le “saute-aux-yeux…”

Jean-Louis Baille, co-fondateur de la Cie des Indiscrets (Limoges).

Félicitations ! Superbe impression, mise en pages impeccable, rythmique imparable, textes adaptés, très belle réussite !

Leopold Baiwir, photographe à Lyon, ancien professeur de cinéma en Belgique.

Ces photos sont étonnantes et belles, elles m’ont sauté aux yeux ! Les personnes sont raffinées, les endroits décalés, le tout est harmonieux et lumineux.

Véronique Gaudin, artiste (Paris).

Ernesto travaille souvent pour le théâtre. Est-ce un hasard ?
Via la réalité de ces sujets, il nous fait entrer, nous convoque, dans le théâtre complexe et poétique de son imaginaire.
Et nos yeux d’entamer un parcours labyrinthique dans une ville fantasmagorique.
Est-ce vraiment Lyon qui nous est montrée, au travers des lieux choisis par ses habitants ?
Est-ce vraiment un travail de portrait ? Bien sûr, les visages. Bien sûr, ces modèles d’un jour (toutes les photos ont été “posées”, rien n’est pris sur le vif.) Mais ne nous faut-il pas aller au delà de la perception du “simple” portrait pour appréhender ce livre ?
Comme si le photographe avait pris le parti de mêler les sujets humains, qu’il les connaisse ou non, à leur décor. De leur rendre hommage pour nous inventer une ville rêvée, sa ville rêvée. Dans sa somptueuse lumière personnelle, d’où émane (toujours) une étrange et fascinante poésie.
Ce travail, je le perçois comme un de ses lieux secrets à lui.
Qu’il nous offre et nous dévoile, au fil des lieux, au fil des visages rencontrés, en toute pudeur.
J’ajouterai quatre mots : Ernesto, thanks for sharing…

Nathalie M. (Mondes sensibles)

J’aime beaucoup ton travail, les gens, ton œil sur eux et la façon dont ils te témoignent leur confiance. Je crois que je suis touché. C’est fou mais j’ai l’impression que les photos me parlent au point de m’être familiarisé avec chaque personne !

Julien Agret, graffeur (Lyon).

Bien sûr mon lieu secret est un garçon de café, bien sûr il demandait un peu de douceur d’approche avec ses bras de velours et ses yeux de biche, bien sûr pour aller jusqu’à mon lieu secret, quel autre photographe qu’Ernesto aurait pu m’accompagner ? Qui mieux que lui aurait pu tout en pudeur me laisser passer derrière le comptoir sans effrayer ce moment qui d’habitude est sauvage comme un oiseau… Un lieu secret est toujours secret même pour soi-même, il révèle une part de nous à moitié dans l’ombre, à moitié dans la lumière, et même si l’ombre et la lumière font l’amour, on est toujours au seuil d’une surprise quand on se voit là. C’est pourquoi le projet de mon lieu secret est magique et les photos du livre sont magiques, d’avoir capturé des instants clés, des sortes d’équations qu’on ignore et qui nous ignorent avant d’être vues…Bravo pour toute cette délicatesse et les étincelles vivantes partagées là…

Maguelone, l’Antre Autre (Lyon).

Ce que je vois en premier c’est une personne, une immobilité tranquille et un peu secrète. Je ne me sens pas invitée à entrer mais plutôt à effleurer. Effleurer les sensations de quelqu’un d’autre… Alors je ne tourne pas la page tout de suite, je laisse mon regard vagabonder. Ce qui me touche dans chaque photo ce n’est pas la première vision que j’en ai, c’est plutôt de découvrir à l’intérieur de chaque image un petit détail en clair-obscur qui se révèle doucement, une fenêtre de lumière qui donne une incroyable présence et clarté à un détail qui aurait pu être insignifiant.

Lucie Catsu, metteur en scène, Cie Le chat perplexe (Aubusson).