L’animateur de ronds-points et autres métiers d’avenir :
portraits en écho à 51 mots pour dire la sueur, 2017-2018

Un nouveau side-project de ricochet entre les mots de François Chaffin et les photos d’Ernesto Timor, appuyé à la création de 51 mots pour dire la sueur par le Théâtre du Menteur.

 

Le concept

Côté mots : inspirées du texte du spectacle complété par de la matière textuelle inédite, des fiches de postes, présentations grinçantes de métiers surréalistes.
Côté photos : dans la tradition photographique des portraits de travailleurs posant avec la solennité de leur fonction, des anonymes incarnant cette nomenclature avec un geste, un outil improbable, une façon d’être…

Entre l’auteur des mots et l’auteur des photos, ça naviguera à vue, comme à notre habitude. Il n’est pas impossible que des fiches de postes soient écrites à la tête du client, inspirées par la personnalité qui se dégage d’un portrait, on n’est vraiment pas dans la vraie vie…

La réalisation de ces photos s’étalera sur une année, en visant une trentaine de portraits différents. Et pourquoi pas 51 ? Parce que ça fait beaucoup.

Restitution

D’abord une publication en compte-gouttes par Internet dans notre tradition du teasing pré-création et ensuite nous espérons une véritable exposition itinérante proposée aux lieux en amont des représentations, et puis une publication en livret, complément optionnel au texte de la pièce ou publication autonome…

ESSAYEUR. toutes catégories. du vêtement aux avions de la nourriture au parfum des prothèses aux stylos j’essaye tout et n’importe quoi. dedans dehors et jour et nuit mon métier c’est d’essayer. et là j’essaie de t’en parler. attention il y a ceux qui essaient encore. mais ce n’est pas la même chose. eux ce sont des essayeurs encore.

Les devoirs de vacances : clic-clic

Photo © Ernesto Timor - ter

shot: apr 17 | printed: today | near brest (brittany) | triple clic

 

– Alors où tu vas?
– Je ne vais nulle part, maman.
– D’accord.

Elle écrasa sa cigarette, et emporta soucoupes et tasses dans l’évier pour les laver. Puis elle s’essuya les mains sur sa jupe et consulta de nouveau sa montre.

– Il faut que j’aille travailler. Ne “clic-clic” pas trop pendant mon absence.
– Oui, maman.

Elle m’embrassa sur la joue et s’en alla. Je me recouchai.
Bien qu’elle m’ait fait prendre conscience de cette manie, je continuai sans m’arrêter. J’aimais beaucoup ce bruit de stylo-­bille. Il me rappelait celui d’un appareil photo. Allongé sur mon lit, je cliquetais d’image en image, d’une personne à une autre. Je vis Rachel. Misiora. Freud. Mon père mort. Je les entendais, aussi, et ma voix se noyait dans les leurs. C’était reposant de ne plus entendre mes jérémiades, mes exigences.

Je passai la main sous mon sommier et sortis tous mes agendas, que j’étalai sur le lit, faisant cliqueter mon stylo, feuilletant les pages vierges au hasard, levant parfois les yeux vers la fenêtre, dont les rideaux ondoyaient doucement, écoutant les voix, entrevoyant des visages, remuant les orteils.

Steve Tesich, Price (éd. Monsieur Toussaint Louverture, 2012).

J’ai fini de lire “ça”, ce monumental et déjà fascinant premier roman de Steve Tesich, dans les derniers tours de roue de ma ruée vers l’Ouest. Encore un voyage dans le voyage.

Journal d’un décor

Photo © Ernesto Timor - Journal itinérant

shot: aug 14 | printed: today | vercors (near the alps) | up and down diary

53 ans, 2 jours.
Mardi 12 octobre 1976.

Ce que j’ai noté hier n’a pas sa place dans ce journal.
Ça fait du bien !

Danniel Pennac, Journal d’un corps.

Solution de facilité que de citer l’espèce de vide de ce jour-là, alors que les 87 ans et 19 jours ont toute leur place et leur épaisseur palpable dans les 380 autres pages ! Bon, disons que le choix de la chrono n’a pas été tout à fait laissé au hasard… Sinon, merveilleuse redécouverte, l’ami Pennac, que j’avais très injustement réduit aux truculences bellevilloises de La fée carabine et autres succès dévorés lors de leur sortie. Re-rencontré précisément il y a un an via la version audio de ce Journal d’un corps, abrégé saisissant lu par lui-même, tout craché tout cru. Tout ce qu’il a écrit ces dernières années est pour moi de la même inspiration limpide, fil joyeux et anxieux, fragile et courageux, quel chic type en vérité.

L’image qui m’est venue tout d’un coup à l’esprit

Photo © Ernesto Timor - deux arbustes et le soleil

shot: sept 14 | printed: today | auvergne (center of france) | what the?

You do look so sad, elle a redit, et elle a carrément essayé de m’embrasser sur le coin de la bouche. J’ai bondi d’un coup, d’un coup j’ai bondi, en m’essuyant la bouche du revers de la main, bleh Sally, Sally Flanders, what the ? Qu’est-ce que t’as contre les filles, elle a grincé entre ses dents, ’twas just a joke, Loo, what the hell’s the matter with you anyway. Contre les filles mon cul, j’ai dit hors de moi, contre les filles mes fesses, j’ai rien contre les filles, mais toi Sally, Sally Flanders, you’re not a girl you’re a hairless squirrel, un écureuil pelé, oh yes you are. J’ai vachement regretté par la suite d’avoir dit ça, surtout que c’était un peu con, mais c’est vraiment l’image qui m’est venue tout d’un coup à l’esprit en voyant le corps maigre de Sally la Rousse. Elle s’est levée et là qu’est-ce qu’elle a fait Sally pour s’en aller, elle a coupé par le buisson. Hey, wait a minute, j’ai dit, mais rien à faire, elle est entrée dans le buisson, Sally, je ne comprends pas comment elle s’est débrouillée, c’était un vrai buisson serré et pointu, c’était comme d’entrer dans un mur. Le buisson a eu l’air de s’ouvrir pour elle comme la mer Rouge devant Jésus, à peine un bruit de frottement et c’était tout. Je ne l’ai pas revue pendant des semaines et des semaines après ça, et je me demandais si par hasard elle était pas toujours dans le buisson. J’imaginais qu’on dégagerait un jour son corps et qu’il ressemblerait à celui du chat ricanant qu’on a trouvé dans un mur du château de Combourg, l’histoire je te l’ai déjà racontée.

Comme Ulysse, Lise Charles.

Extrait copieux, mais si t’aimes pas lire tu peux regarder l’image (qui n’est pas exactement un buisson non plus, je fais davantage dans l’imagé que dans l’illustré). Par contre dans ce cas, fais bien attention à éviter ce bouquin, il pèse ses 400 pages (que je trouve très simplement merveilleuses, mais je n’oblige personne).

L’Enfer : la loi des séries

L’Enfer, c’est la zone interdite de toute grande bibliothèque. Dans le cas présent, rien d’interdit ! Plutôt une tentative de conservation de ma pléthorique collection de travaux sériels, autour du corps pour leur grande majorité. Au-delà de l’entreprise de catalogage, c’est l’occasion de redécouvrir, restaurer et parfois remasteriser un certain nombre de séquences photographiques oubliées, et parfois bonifiées, dans les caves de mon ancien site.



Tous ces titres existent au minimum sous forme de livre d’artiste unique. Beaucoup sont consultables sous forme d’écrans-galeries, répliques fidèles des livrets (des mises à niveau depuis certaines galeries de l’ancien site se font progressivement).

Trois façons de vous orienter dans ces rayonnages, selon vos goûts et tempéraments…

  • en visionnant ce diaporama qui compile les couvertures de tous les titres parus : chaque image est cliquable et vous transporte aussitôt à la page de la séquence en question ;
  • en parcourant méthodiquement cette page de sommaire ;
  • en sautant directement au catalogue de telle ou telle collection, grâce au menu ci-dessous…

Accès rapide aux collections : Passes et passages | Petites histoires pour ne pas dormir | Vicious Circles | Parcours en marge | Les bavardes | Le Collodion humide

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Collection Passes et passages

Une collection appelée à accueillir, outre des nouveautés, des rééditions soignées de séquences injustement oubliées dans des tiroirs. La performance corporelle est ici vecteur de bien d’autres connexions…


Paliers du détachement [High Mind]
Photographié à Lyon, en 2017, avec la participation de Lily Moriarty.
New ! Parution en 2017. Accès direct à la galerie



La fiancée du Mikado [Mikado’s Bride]
Photographié au Tartre Mulet, près de Paris, en 2009 et 2010, avec la participation de K.
Parution en 2015. Accès direct à la galerie


Cliquer pour visionner la séquenceMooncell [Borderline Parade]
Photographié au Tartre Mulet, près de Paris, en 2008, avec la participation de Lunah.
Nouvelle parution en 2015. Accès direct à la galerie


Cliquer pour visionner la séquenceL’essayeuse ne connaît pas le vertige [Women’s Wrestling]
Photographié à Catch Palace, Paris, au passage de 2007 à 2008, avec la participation de Céline L.
Nouvelle parution en 2014. Accès direct à la galerie



Cliquer pour visionner la séquenceSouvenirs de la terre [Uncommon Girl From Earth]
Photographié à la Dhuys, en 2006, avec la participation de Lacertilienne.
Nouvelle parution en 2014. Accès direct à la galerie.



Cliquer pour visionner la séquenceLe grand disjonctage [You Got The Power]
Photographié près de Belfort, à l’été 2013, avec la participation d’Edel Weiss.
Parution en 2013. Accès direct à la galerie.



Collection Petites histoires pour ne pas dormir [Short Lullabies]

De petites séries à déguster comme ça, loin de toute narration. Parfois pépinières pour des images parties vivre leur vie dans des recueils plus construits.

 


Y es-tu ?Y es-tu ?
Photographié dans le Jura, à l’automne 2016, avec la participation de Carine.
New ! Parution en 2017. Accès direct à la galerie.



Cliquer pour visionner la séquenceDo you like my poppy ?
Photographié à Lyon, fin 2016, avec la participation de Miss Dew.
New ! Parution en 2017. Accès direct à la galerie.



Cliquer pour visionner la séquenceClic-clac [Single Bed]
Photographié à Paris, début 2007, avec la participation de Marine.
New ! Nouvelle parution en 2017. Accès direct à la galerie.



Cliquer pour visionner la séquenceFluophilia
Photographié près de Paris, début 2008, avec la participation de Little Miss Sunless.
Nouvelle parution en 2015. Accès direct à la galerie.



Lune rousse [Moonchild]
Photographié à la Croix Rousse, Lyon, à l’été 2012, avec la participation de Géraldine Pompon.
Nouvelle parution en 2015. Accès direct à la galerie.



seq_tourmente_vLa gêne aux entournures [Undersize Me]
Photographié à Lyon, à l’automne 2010, avec la participation de Julie de Lyon.
Parution en 2014. Accès direct à la galerie.



seq_tourmente_vLa tourmente [Unstable Undergrowth]
Photographié à Brocéliande, au printemps 2014, avec la participation d’Angèle Bangor.
Parution en 2014. Accès direct à la galerie.



seq_butterfly_vMadame Butterfly [Play Me The Blues]
Photographié à Lyon, à l’été 2012, avec la participation de Natsuki.
Parution en 2013. Accès direct à la galerie.






Collection Vicious Circles

Ça se feuillette, ça se visite, ça se confronte, ça peut raconter une histoire comme être en boucle qui semble se mordre la queue. Souvent de petits clins d’œil littéraires en ouverture de ces séquences qui, elles, s’en tiennent à un mutisme de bon aloi. Des performances en liberté, tant pis tant mieux si ça passe les bornes… Place aux petites formes en eaux troubles !


L’enfant sauvage [Wild Thing]
Photographié à Lyon, printemps 2017, avec la participation de Caelia Virga.
New ! Parution en 2017. Accès direct à la galerie.



Ciseaux caillou [Criss Cross]
Photographié aux Lilas, printemps 2010, avec la participation de Magalie.
Nouvelle parution en 2015. Accès direct à la galerie.



L’art de la bulle, suivi de L’oisiveté
Photographié à Paris, fin 2010, avec la participation de Morgane.
Parution en 2015. Accès direct à la galerie.



Soie [Mess You]
Photographié près de Paris, printemps 2009, avec la participation de Moon-Lyn.
Nouvelle parution en 2015. Accès direct à la galerie.



Photo © Ernesto TimorMano blanca [Hands Off, Folks]
Photographié à Lyon, hiver 2012, avec la participation de Caelia Virga.
Nouvelle parution en 2014. Accès direct à la galerie.



Photo © Ernesto TimorNon, rien… [What Else ?]
Photographié à Lyon, printemps 2012, avec la participation d’Angy Mini.
Nouvelle parution en 2014. Accès direct à la galerie.



_gal_seq_comble-01_vC’est un comble, c’est la vie [Right Over Here]
Photographié à Lyon, début 2011 avec la participation de Mahé.
Nouvelle parution en 2014. Accès direct à la galerie.





Photo © Ernesto TimorDispositif analogique [Analog Playground]
Photographié au Tartre Mulet, près de Paris, hiver 2009, avec la participation de K..
Nouvelle parution en 2010. Accès direct à la galerie.

Collection Parcours en marge

Ces séquences sont également conçues pour être exposées en mosaïques. Il s’agit d’un prolongement du projet polymorphe Les limites nous regardent, abordé cette fois sous un angle moins contemplatif, plus dans le jeu et la performance…


Le soleil qu’on fait prisonnier [Aperture]
Photographié à Paris et autour, 2009, 2010 et 2011, avec la participation de Kitsune.
New ! Nouvelle parution en 2017. Accès direct à la galerie.



Trois petits tours [3-steps Magic]
Photographié près de Paris, fin 2009, avec la participation de Jackie.
Parution en 2015. Accès direct à la galerie.



L’entrée dans les murs [Welcome In My Place]
Photographié à Lyon, été 2014, avec la participation de Caelia Virga.
Parution en 2015. Accès direct à la galerie.



Photo © Ernesto TimorLe périmètre, ou Le bruit des gouttes pour compagnie
[Here Comes The Rain]
Photographié dans la province de Namur, automne 2006.
Nouvelle parution en 2014. Accès direct à la galerie.



Photo © Ernesto TimorTransit [Ground Q4]
Photographié aux portes de Paris, printemps 2008, avec la participation de Sergio.
Nouvelle parution en 2014. Accès direct à la galerie.



Collection Les bavardes

Ça glose, ça épilogue, ça se contredit, ça nargue parfois un peu l’image, c’est bref et tranchant ou ça fait des circonvolutions… Ici, avec la complicité de plusieurs auteur(e)s et ami(e)s, quelques expérimentations de lutte à mains nues entre mots et photos.


Bonjour est-ce qu’il fait beau ? [In The Mood For Plutchik]
Photographié à Lyon, au printemps 2015, avec la participation d’Angèle Bangor. États d’âme prélevés sur la Roue des émotions de Robert Plutchik.
Parution en 2015. Accès direct à la galerie.


État des lieux [Notepad]
Photographié à Paris, au printemps 2009, avec la participation de Céline L.
Nouvelle parution en 2015. Accès direct à la galerie.




Smoking revisited
Photographié à Montreuil, à l’hiver 2005, avec la participation et les mots, 7 ans après, de Sandrine Rotil-Tiefenbach [tRiol].
Nouvelle parution en 2015. Accès direct à la galerie.



Sous-titrages malentendants (suite de courts)
Photogrammes à quatre mains, avec Alexandra d’Orléans au texte, 2005. Best of de l’aventure.
Compilation parue en 2015. Accès direct à la galerie.



seq_quelle-web_vLa croisière de Mademoiselle Quelle [Miss What’s Space Odyssey]
Photographié et écrit à Montreuil, janvier 2003, avec la participation de Mylene K. Edition augmentée de 2012.
Nouvelle parution en 2014. Accès direct à la galerie.



seq_embuee_vEmbuée [Lonely Closet]
Photographié près de Paris, début 2014, avec la participation et les mots de Louise Markise.
Parution en 2014. Accès direct à la galerie.


Toi Tu
D’après Invitation à débattre n°2 (coll. Vicious Circles)
Avec l’écriture de Dominique Sampiero à l’été 2012.
Collection de l’auteur, 2013.
A fait l’objet de plusieurs lectures-projections, avec la voix de Céline Liger.




Collection Le Collodion humide

Cette nouvelle collection manie moins la boucle que les Vicious Circles mais file une certaine pente érotique.


Un plan canicule [Shower Must Go On]
Photographié à Lyon, été 2012, avec la participation d’Angy Mini.
Nouvelle parution en 2016. Accès direct à la galerie.



Entre deux portes [Quickview]
Photographié près de Paris, à l’été 2009, avec la participation de Nada.
Nouvelle parution en 2015. Accès direct à la galerie.



Photo © Ernesto TimorArrière-cuisine [Behind The Green Door]
Photographié près de Paris, à l’automne 2003, avec la participation de Miss Green.
Nouvelle parution en 2014. Accès direct à la galerie.



seq_gold_vLes valeurs refuges [As Good As Gold]
Photographié en Champagne, au printemps 2004, avec la participation d’Angelina.
Nouvelle parution en 2014. Accès direct à la galerie.



seq_wreck_vLa démolisseuse de cathédrales [Holy Wrecker]
Photographié près de Lyon, à l’été 2013, avec la participation de Caelia Virga.
Parution en 2013. Accès direct à la galerie.



La noirceur des sentiments [Will Your Heart Stand This ?]
Photographié à Lyon, à l’été 2012 avec la participation de Caelia Virga.
Collection de l’auteur, 2013.

La compagnie des animaux [Faster Pussycat]
Photographié à Paris, en mai 2009, avec la participation de N.
Collection de l’auteur, 2013.

Le lieu [Place To Be]
Photographié à Paris, en mai 2009, avec la participation de Morgana Fata.
Collection de l’auteur, 2013.

Ici la terre [Electric Gardener]
Photographié près de Paris, en mars 2006, avec la participation d’Insousciance.
Collection de l’auteur, 2013.

L’appel de la forêt [Smells Like Amazonia]
Photographié à Lyon, étés 2010 et 2011, avec la participation d’Emma.
Collection de l’auteur, 2013.



Hors collection

Contredanses
Photographié de 2010 à 2013, avec la participation de Clara.
Collection de l’auteur, 2014.

Les salles d’attente : suites de films
photographiques en écho à Je suis contre la mort, 2015-2016

Après le cycle des Black Variations qui avait fait écho à la création théâtrale d’Entretiens avec la mer, voici Les salles d’attente ! Accompagnant à sa façon la création en cours de Je suis contre la mort, cette aventure est prévue pour s’étaler d’octobre 2015 à l’été 2016, date de la présentation du spectacle par le Théâtre du Menteur à Avignon.


Renouvelant l’expérience des Black Variations qui avait fait écho à la création d’Entretiens avec la mer, voici les Salles d’attente. Conçue comme une libre ré-interprétation de Je suis contre la mort, ce « side-project » a couru pendant plusieurs mois, le temps de la création du spectacle. À mesure de leur production, les Salles d’attente ont été postées sur le web comme un feuilleton non identifié.
La formule est celle du mix expérimental entre les mots de François Chaffin et les images d’Ernesto Timor, enrichie par la création musicale de Nico­las Verger et Olivier Métayer (Appat203). Nous cherchions à faire sonner des bribes de ce texte fraîchement écrit, en privilégiant sa musicalité : cinq épisodes, autant que de « morceaux » pour ne pas dire « chansons » dans le spectacle, selon la même progression. La bande son colle aux étapes de travail, elle dit la recherche, ne cache pas l’approximation. Côté visuel, des images hors champ théâtral, exploration toute personnelle de cette piste de la vitalité qui s’applique, non sans peine, à être plus forte que les noirceurs…
On y voit des dehors plutôt qu’un plateau, on y croise des silhouettes qui ne sont pas des comédiens, on s’y frotte plus sûrement à des manques et des absences… on attend !
« Si l’on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d’attente », notait le facétieux Jules Renard…

 

 

salle d’attente #1, 3’10, octobre 2015
Il y a quelque chose quelque part qui joue avec ta vie…

salle d’attente #2, 3’30, novembre 2015
Je ne vivrai jamais plus comme avant…

salle d’attente #3, 3’50, janvier 2016
Je me coltinerai des ciels inouïs…

salle d’attente #4, 4’00, mars 2016
En sautillant bordel en sautillant…

salle d’attente #5, 5’10, juin 2016
On est au monde évidemment…

strong>salle d’attente #X (bonus track), 2’43, juillet 2016
Je ne vis que pour jouir…



Tous épisodes > texte : françois chaffin / voix : julien defaye et françois chaffin / voix off : céline liger / musique : nicolas verger et olivier métayer (appat203) / photos et montage : ernesto timor

Laissez-vous embarquer (en montant le son, plein écran et en HD de préférence) !


“Soyez gentil, parlez-moi encore un petit peu”

Photo © Ernesto Timor

shot: sept 05 | printed: today | paris | three times at dawn

Vous avez souri.
Pardon ?
C’est la première fois que vous souriez, depuis que nous avons fait connaissance. Vous avez un beau sourire, vous savez ?
Merci.
Vous devriez le faire plus souvent, sourire j’entends, cela vous donne ce petit air mélancolique qui plaît aux femmes.
Ça alors, vous me draguez ?
Hé là, hé là !
Excusez-moi, c’était une boutade.
Une boutade. J’ose espérer que vous pouvez faire mieux.
Oui, je peux faire mieux, mais pas cette nuit, désolé.

Alessandro Baricco, Trois fois dès l’aube.

Pour désépaissir un peu le mystère de ce post, sans aller jusqu’à le rendre transparent… Ce petit livre est une sorte de complément de programme au Mr Gwyn du même Baricco-le-Grand, écriture a posteriori d’un roman imaginaire cité dans le premier (vous suivez ?).

Ces pages racontent une histoire vraisemblable qui, toutefois, ne pourrait jamais se produire dans la réalité… [Ces trois histoires] décrivent en effet deux personnages qui se rencontrent à trois reprises, mais chaque rencontre est à la fois l’unique, la première et la dernière. Ils peuvent le faire parce qu’ils vivent dans un Temps anormal qu’il serait vain de chercher dans l’expérience quotidienne. Un temps qui existe parfois dans les récits, et c’est là un de leurs privilèges.

Extrait de la préface.

Ce livre est un léger bijou qui s’enchasse parfaitement dans l’autre, plus précieux, dont j’avais omis de parler sur Irregular. Alors je me rattrape, avec le bonus de cette image elle aussi fatale et hors du temps à plus d’un titre.

Quelques attaches

angelle, qui très souvent bat la campagne et tient à son petit “a”, nous offre sans un mot une récolte régulière de photographies sensibles et naturelles, à l’harmonie fragile et rigoureuse. Tom Spianti  décompose l’intimité avec respect et brio à la fois, par la magie de ses triptyques et vidéos. François Nagir photographie des muses de rencontre, avec une bienveillance à fleur de peau. Emmanuel Spassoff reporte sur sa pellicule d’exigeantes constructions mélancoliques, instantanés vécus et portraits plus que nus. Jacques Bonnot diptyque comme il arpente les beautés de trottoirs. Insousciance est une source intarissable de douceurs photographiques. Louise Markise s’auto-fictionne en photos comme en mots, abus dangereux ! Cas à part, CazInTheMachine crée de somptueuses machineries post-photographiques un peu Giger-like avec de vrais bouts d’humain(e)s à l’intérieur. Pascal Desmichels se projette dans des réalités rurales en doux abandon, ses “absences poétiques” recoupent souvent mes propres voyages minuscules. Hervé Baudat, un œil ami de longue date : la pure allure et l’écriture photographique grand format.

Il y a enfin les belles aux doigts de fée, qui de leurs noirceurs tressent des micro-univers avec une patience hors tout : Sibylle sème ses petits dessins, son écriture cursive, ses objets de papier et globalement le doux-amer de son papillonnage ; Alice donne à ouïr et à scruter ses expérimentations échevelées, ses broderies organiques…

Jean-Louis Baille fait l’auteur, le metteur en scène, l’acteur, et même le clown (au point de collaborer avec moi, parfois !). François Chaffin pilote dans le sillage de ses écritures énervées une sacrée compagnie de Menteurs dont je suis, avec Céline Liger et Serge Barbagallo côté comédiens, mais aussi Denis Malard à toutes les régies, dont il faut absolument voir en concert (et aussi en clips) le duo Bloom Box. Gaël Ascal joue de la contrebasse et parfois même de la poutre dans une nébuleuse de projets polymorphes et rarement easy listening. Jérôme Cury percute, mélange les arts en toute indiscipline, vers l’Aisne mais pas que. Nelly Cazal emplâtre, joue et bricole avec Le Chat perplexe, créature mi-chair mi-granit qui m’a amené à courir la Creuse par tous les temps.

Des camarades brandissent haut le drapeau de l’écriture, de l’ouverture d’esprit, des mélanges intelligents. Parmi mes réguliers chéris : Marc Verhaverbeke partage sans compter des chroniques culturelles simples et sincères ; Frasby fait parfois monter la meringue hypertextuelle jusqu’à l’extase ; Milady Renoir, perchée à Bruxelles, écrit plus vite que je ne sais lire… Et puis Frédérique Bruyas, une qui lit comme elle respire, et qui en parle drôlement bien, de son étonnant métier de lectrice publique.

Des images et des sons qu’on ne trouve pas ailleurs, qui détendent sans abrutir (à mon goût personnel)… Arte Radio, étonnamment peu connu alors que c’est LA mine de création et témoignages sonores à fréquenter ! Les beaux dimanches, une sélection (pas même dominicale) raisonnée de visuels oubliés et/ou bizarres et trouvailles d’art singulier. Kroutchev, s’il faut n’en citer qu’un dans le genre déluge pluri-quotidien c’est lui : des compilations essentiellement photographiques, contemporaines ou vintage, qui ont pour point commun de toucher le fond de l’œil.



Photo © Ernesto Timor

« Elle ou moi peu importe »

Photo © Ernesto Timor

shot: sept 14 | printed: today | auvergne + bardo | living dead photography

Deuxième aperçu de mon nouveau style photographique. (Euh, c’est de l’humour, ne m’écrivez pas pour protester et me dire que c’était mieux avant… ;-) Il va sans dire que la photo est dénuée de retouche, brute de capteur comme disent les puristes (comme quoi la pureté…). Plus le temps passe, plus j’oublie les vrais paysages perdus pour toujours sous cette tempête de pixels en folie, et plus je me réjouis de ce bug fatal. Il ne faudrait juste pas que cela arrive une autre fois !

Cette image venue d’une zone incertaine où la réalité est pour le moins distordue et prend même des airs salement irradiés, ça me fait penser…
J’ai touché au terme de Terminus radieux, le dernier Volodine. Il faut en lire les 617 pages. Voici quelques lignes de la fin de ce voyage post-exotique, prélevées avec hésitation, avec crainte, avec envie, comme des herbes mutantes de la taïga…

 

Lire la suite

Mon lieu secret, des Lyonnais dans l’œil d’Ernesto Timor : le livre !

Echographies : Ernesto Timor & friends

 

Photo © Ernesto Timor

Avec qui ça fait écho ?

 

Dans cette rubrique vous trouverez regroupées certaines de mes expositions réalisées en écho, en dialogue… avec d’autres artistes : écrivains, comédiens, musiciens, plasticiens, j’en passe… Pour les différentes collaborations, choisissez la bonne page en déroulant les sous-menus, ou passez par le sommaire ci-dessous.

Au sommaire de la section Echographies

  • L’animateur de ronds-points (et autres métiers d’avenir) : portraits en écho à 51 mots pour dire la sueur, avec fiches de postes signées François Chaffin, 2017-2018 (en cours).
  • Pour que tu ne perdes pas le fil : saga de courts films photographiques sur des performances au cordeau, mises en musique par Jeff Duschek, 2017 (en cours).
  • Quelque chose suit son cours (avec un texte de Jean-Louis Baille) : recueil en quête d’éditeur (2016-2017).
  • Les salles d’attente : grand mix entre des séquences photographiques signées Timor et les mots de François Chaffin (extraits de son texte Je suis contre la mort), avec musique du groupe Appat203. Vidéos en ligne, bonus multimédia à un travail d’édition en livre. 2015-2016.
  • Black variations : grand mix expérimental entre certaines de mes séquences photographiques et des mots de François Chaffin (extraits de son texte Entretiens avec la mer), avec musique de Benjamin Coursier. Lectures-projections publiques, vidéos en ligne. 2014-2015.
  • Cinema Paradisio, salle 1 : au programme, les films photographiques réalisés autour des Limites nous regardent.
  • Cinema Paradisio, salle 2 : au programme, les films photographiques réalisés autour de performances sur le fil. Comme un pendant animé de L’enfer !
  • Toi tu : avec l’écriture de Dominique Sampiero et la voix de Céline Liger. Projection-performance à La Ferme de Bel Ebat (Guyancourt, 78) le 22 mars 2014.
  • Supplique pour une réunification des songes : expérimentation photo-plâtrière avec Nelly Cazal en libre écho à la création de la pièce La séparation des songes de Jean Delabroy. Performance et expo au Vent se lève, Paris, 2011.
  • Bavardages : comment photographier entre les lignes. Petit digest de mes collaborations photographico-littéraires, toutes époques confondues.

Toi Tu : Ferme de Bel Ebat, Guyancourt (78), mars 2014

« Comment s’en sortir sans sortir »

Photo © Ernesto Timor

shot: oct 11 | reprinted: today | lyon | alt take

Guillemets sur ce titre car la formule vertigineuse est de Ghérasim Luca.

Et cette photo, vous croyez la connaître sans tout à fait la reconnaître, si vous êtes un peu attentifs. C’est en effet une rivale malchanceuse d’une des images de Mon lieu secret, l’une de celles qui a été le plus vues et reproduites, au point que j’en vienne à oublier qu’au départ elles étaient deux, bien difficiles à départager. Et, je vous le donne en mille, à présent une voix sourde en moi crie à l’erreur judiciaire !

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Vous avez du feu ?

Photo © Ernesto Timor

shot: jan 14 | printed: today | corrèze (center of france) | light my fire (will you?)

“Des projets ?…” Cette question étonnante revient de temps à autre. Elle est sans doute devenue inévitable quand on ne tweete pas sa vie, ou que son Facebook ne sert pas à géolocaliser en temps réel la forme de ses Oh et de ses Ah

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