Les prénoms ont été modifiés

Photo © Ernesto Timor

shot: aug 02 ! | printed: today | as blondes go by | paris

 

 

Tirer une « vieille » photo oubliée est toujours une forme de retrouvailles miraculeuses. Ici du 7 ans d’âge, quand j’en étais à chercher le grain de la Tri-X bien secouée sous le trop peu de pixels, et qu’il fallait parler doucement au déclencheur pour qu’il se passe quelque chose. Voici pour la technique, qui change plus vite que ma musique.

Pour le reste… « personne d’espèce renonçante et rêveuse », l’expression est de Christian Oster, Loin d’Odile. Renoncer à renoncer, est-ce aussi dangereux que rêver qu’on rêve ?

 

« Vers la fin, la plus grande confusion se mit araignée »

Photo © Ernesto Timor

shot: mar 09 | printed: today | a post-exotic ending | outskirts of paris

« Soie » : un nouveau volume rejoint mes Grandes séquences. Le titre de ce post, qui est aussi la phrase d’exergue de ce livret, est une phrase sacrément finale d’Antoine Volodine. Voilà pour les sources. Pour dévider ce fil, c’est par ici !

[eng] Long stories section on my site welcomes a new booklet, « Mess you ». Come and see…

Voilà pour le printemps

Photo © Ernesto Timor

shot: mar 09 | printed: today | dreamland | paris

« L’eau coule ensuite entre les ruines… Ça serpente comme le sang quand on a arraché une tête… Des ruines… Oui, évidemment, des grandes ruines… Avec des arbres, comme il y avait autrefois dans la ville, paraît-il… De grandes ruines d’arbres… Et beaucoup d’affiches collées sur les pierres, l’écorce… Je regarde les affiches, longtemps, comme s’il y avait un texte interminable et différent de l’une à l’autre, je passe d’une affiche à l’autre, avec lenteur… Pourtant toutes ces feuilles sont semblables… Elles ne représentent qu’une seule chose, tu comprends ? Ta tête, seulement… tu comprends ?
— Comment cela, ma tête ?
— Eh bien, oui, ta tête à toi, Ilhel-dô. Pas moyen de confondre avec une autre. Sur toutes les ruines, sur tous les arbres immobiles, il y a des affiches avec ta tête. Et toutes ces têtes fixent un point très loin, un point mystérieux, qui se situe au-delà des choses du rêve, et même de la réalité, tu vois ?… Comme si là-bas tu apercevais les origines de toute ta souffrance… Et ton nom, en caractères noirs, épais : Ilhel-dô, Ilhel-dô, encore et encore… Il y a cette eau qui coule, cette forme qui se noie… et toutes ces têtes, partout, oui, sur les murs, sur les arbres, partout… Comme une assemblée de juges inquiets… Tu imagines ? »
J’avale ma salive. Oui, je m’imagine. »

Biographie comparée de Jorian Murgrave. Antoine Volodine, le cauchemar originel…

« Dans une autre vie les marguerites s’effeuillent au ralenti… »

Photo © Ernesto Timor

shot: mar 09 | printed: today | api not happy | paris

« … L’heure c’est l’heure
On n’est pas d’humeur
A verser des pleurs
Fières sont les ouvrières
Le jour en tailleur
Le soir en guêpière
Quand la mort vous susurre
Des serments veloutés
Que rien n’est moins sûr
N’aura plus d’importance
Ni ta chaleur
Ni les piqûres
Api apiculteur
Api apiculteur
D’heure en heure
L’apiculteur se meurt
Trouve l’interrupteur
Une oasis
Aux allées bordées d’épagneuls
Que la splendeur n’effraie plus
Api apiculteur
Api apiculteur
Api apiculteur
Api. »

† Bashung.

[Edit août 2009] : d’autres photos de cette série composent une séquence éponyme à la rubrique Parcours en marge (Long stories), side-project des Limites nous regardent.

Les attractions nécessaires : aujourd’hui la possession

Photo © Ernesto Timor

shot: nov 08 | printed: today | secret belongings | paris

« Moi personnellement je possède beaucoup de choses. Des choses de toutes sortes, des petites et des grosses, des en couleur, d’autres qui bougent, des rondes et des carrées, et même quelques-unes qui m’ont coûté très cher. Ces choses m’appartiennent : j’en suis la propriétaire. Et c’est difficile de les compter toutes, parce qu’elles sont nombreuses et aussi parce que j’en oublie toujours une ou deux quelque part. Il y a des choses auxquelles je suis attachée ; c’est bizarre de dire qu’on est attaché aux choses… Est-ce que ça veut dire qu’on est moins libre quand on les possède ? »

(Quelques paroles échappées de Crocodile OPA, de François Chaffin.)

Pour entendre la suite, pour voir d’autres images, pour me faire plaisir, pour vous sortir… Passer l’hiver ? jusqu’au 31 janvier.