Pas d’embrouille

Photo © Ernesto Timor -

shot: nov 15 | reprinted: today | paris | easy binding

Où je vous reparle en clair du projet Pour que tu ne perdes pas le fil !
En vrai ça se déroule tranquille ces petits préparatifs, et donc tout soudain les Lyonnais et les voyageurs pourront découvrir la face A et la face B d’Ernesto au cordeau !
Face A : accrochage de 8 grands tirages extraits de la suite Mes champs visuels.
Face B : Pour que tu ne perdes pas le fil, 7 ou 8 courts films photographiques, projetés le soir du vernissage : Jeff Duschek performera en live leur bande son post-rock !
Ces réjouissances sont proposées dans le cadre du vernissage de l’exposition Tiré au cordeau, avec aussi les images de Emre Orhun et Shneckewurst, et c’est jeudi 27 avril 2017 à partir de 19 h à La Méduze (Lyon 1er) !
Plus de détails sur tout ça : www.ernestotimor.com/cordeau

Retour de clic-clac

Photo © Ernesto Timor - clic-clac

shot: jan 07 | reprinted: jan 17 | paris | single bed [series]

Cette image est extraite de Clic-clac, une nouvelle arrivée au rayon séquences photographiques. Les images ont pile 10 ans d’âge, ce qui est tout frais c’est l’impulsion de compilation, le coup de flip-book presque (les images de la série sont au nombre de 33 !).

Dites 33, et le convertible venu du froid s’éveillera. […] Ce n’est pas ma seule tentative de performance photographique frontale sur canapé / divan / sofa, mais c’est la plus ancienne et quelque part la plus légère et jolie (des notions qui ne sont pas forcément en haut de mon échelle de valeurs infernale). Le suédois démonté n’y est pour pas grand chose, par contre la parfaite Marine y est pour beaucoup…

Extrait de la présentation d’intro.

A découvrir dans son intégralité en Enfer : Clic-clac [Single Bed]



Clic-clac (Un livret de la collection Petites histoires pour ne pas dormir)

Photo © Ernesto Timor

shot: jan 07 | reprinted: jan 17 | paris | single bed [series]

Dites 33, et le convertible venu du froid s’éveillera. 33 est le nombre déraisonnable d’images que contient ce Clic-clac [Single Bed]… qui se feuillette presque comme un flip-book, les agiles du clic y perdront bien moins que 33 secondes… A l’origine, putain 10 ans, j’en avais publié une sévère sélection d’une demi-douzaine, et puis hop à la trappe.
Ce n’est pas ma seule tentative de performance photographique frontale sur canapé / divan / sofa, mais c’est la plus ancienne et quelque part la plus légère et jolie (des notions qui ne sont pas forcément en haut de mon échelle de valeurs infernale). Le suédois démonté n’y est pour pas grand chose, par contre la parfaite Marine y est pour beaucoup…
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“Ce jeu des apparences lui était agréable”

Photo © Ernesto Timor - stairway to heaven revisited

shot: aug 02 | reprinted: today | paris | lady lady

Ce fut pour le frère du vieux K. la plus belle nuit de sa vie, mais quand au petit matin la femme femme quitta discrètement CETTE maison avec son aide, elle considéra que l’aventure prenait fin en même temps que son enivrement. Pendant des mois, le frère du vieux K. lui téléphona, lui adressa des prières, des suppliques, sans rien pouvoir obtenir d’elle : la femme femme avait chez elle un mari viril moustachu, des enfants enfants, une famille famille, et elle demanda franchement au frère du vieux K. de cesser de l’importuner, de se conduire en adulte. Cette aventure avait été très très agréable, lui dit-elle, et elle ne regrettait rien, mais il devait se comporter en homme et non en gamin. Le frère du vieux K. retrouva sa chambre. Il s’y enfermait à clé et se morfondait en regardant le palmier asséché qui, depuis qu’il avait été arrosé par la femme femme, refusait de boire de l’eau ordinaire. Lui aussi regrettait cette nuit unique et, consommé de regrets, il creva définitivement.

Wojciech Kuczok, Antibiographie (Editions de l’Olivier, 2006).
Le titre de ce post est prélevé quelques lignes plus haut. Tout n’y est pas si drôle ni croustillant, dans ce roman polonais qui m’a secoué bien comme il faut. C’est même plutôt une vie de famille dans ce qu’elle peut avoir de plus pervers et cinglant. Mais ceci amène aussi cela…
Pour enluminer le récit, petite plongée dans la cage aux chimères…


Longtemps j’ai vécu en différé

Photo © Ernesto Timor - Autant en emporte le vent

shot: dec 12 | printed: today | distant outskirts of paris | avoid & expose

Longtemps j’ai mis longtemps. A choisir, à construire. Comme par exemple à “éditer” et “traiter” les images à l’issue d’une prise de vues. Et aussi à remettre ces sélections à plat des années plus tard, les remasteriser, en revoir le montage, la narration. Mon Enfer est pavé de ces vagues intentions, de ces valses-hésitations — et encore, je n’en montre pas la moitié. Trop souvent mes redécouvertes de laboratoire me submergent, du choix étendu je ne retiens que l’embarras. Et quand même j’y retourne, je rouvre toutes ces boîtes d’archives made in Pandore, comme pour vérifier encore et encore si dans d’autres dimensions je n’ai rien raté (et souvent constater que si, évidemment). Me fais happer par un regard photographié il y a cinq, dix ou quinze ans, comme s’il était d’hier. Saisis des émotions, comprends des trucs, des années après la bataille. Mais t’es pas heureux ? Si si bien sûr, c’est comme de voir l’image latente se révéler dans le bain du révélateur, l’odeur de la chimie en moins, je suis content, je suis heureux, j’ai bien du plaisir. C’est vrai que c’est l’aventure, de rencontrer une figure terrible qui m’attendait tapie dans la nuit, que ce soit la nuit des classeurs de négatifs jadis ou la nuit numérique de notre époque. Mais aussi c’est épuisant. Déjà que travailler sur des images, ce n’est pas sans risque, mais avoir un lien si organique à celles des jours enfuis, ça ne serait pas un peu folie ?
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La confusion de l’échassier

Photo © Ernesto Timor - Un signe

shot: dec 15 | printed: today | pilat (not so far from lyon) | space wader

La môme néant

Quoi qu’a dit ?
— A dit rin.

Quoi qu’a fait ?
— A fait rin.

A quoi qu’a pense ?
— A pense à rin.

Pourquoi qu’a dit rin ?
Pourquoi qu’a fait rin ?
Pourquoi qu’a pense à rin ?
— A’xiste pas.

Jean Tardieu, extrait du recueil Monsieur Monsieur (1951).
Y a pas d’âge pour se réviser ce classique grinçant, ça vous met un sourire sur le vide…


Vanité des beautés métropolitaines

Photo © Ernesto Timor - Marine contemplant le métro aérien, Paris

shot: mar 08 | printed: today | paris | you tube

Debout, Gabriel médita puis prononça ces mots :
— L’être ou le néant, voilà le problème. Monter, descendre, aller, venir, tant fait l’homme qu’à la fin il disparaît. Un taxi l’emmène, un métro l’emporte, la tour n’y prend garde, ni le Panthéon. Paris n’est qu’un songe, Gabriel n’est qu’un rêve (charmant), Zazie le songe d’un rêve (ou d’un cauchemar) et toute cette histoire le songe d’un songe, le rêve d’un rêve, à peine plus qu’un délire tapé à la machine par un romancier idiot (oh ! pardon).

Raymond Queneau, Zazie dans le métro


L’ombre des faits

Photo © Ernesto Timor

shot: nov 12 | printed: today | lyon | pullman attitude

Plus personne dans le wagon-restaurant. Le train s’arrête dans une grande gare. Il lui demande s’ils sont arrivés. Pas encore, lui dit Annie. Elle lui explique qu’il doit être six heures du soir et qu’il est toujours cette heure-là quand on arrive dans cette ville. Quelques années plus tard, il prendra souvent le même train et il saura le nom de la ville où l’on arrive en hiver à la tombée de la nuit. Lyon.

Patrick Modiano, Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier.


Traverser le monde (Trucs et astuces pour)

Photo © Ernesto Timor

shot: feb 15 | printed: today | near paris | killer tips & tricks

 

Plus il parlait et plus il parlait, plus les vitres se recouvraient de givre. Condensation ? Le compartiment prenait une teinte vert sombre. Si j’avais déjà réussi à me rouler en boule comme un hérisson pour échapper aux personnes du passé qui viennent vous hanter et si je savais aussi me battre remarquablement, j’avais surtout mis au point une technique intéressante que je vous recommande. En plissant les yeux à la limite du noir complet et en restant le plus longtemps possible dans une zone de gris qui redessine abstraitement l’espace et les êtres — ça efface les contours. Un peu comme si l’on apposait un calque au-dessus d’une photographie. On ne garde qu’une silhouette des sujets ; on inscrit des numéros — et une légende en dessous.
Déformation professionnelle ; c’est l’imprimerie qui m’avait appris ça. Il est certain que si on passe son temps à regarder des caractères à la loupe ou qu’on contemple la composition d’une page de loin pour estimer l’équilibre du placement de blocs gris sur une surface blanche — on n’est jamais à l’échelle. On apprend à accommoder sa vision.
Et le conte s’active.

Olivier Cadiot, Providence.