Le point de vue où j’en suis

Photo © Ernesto Timor - Où est le point

shot: feb 18 | printed: today | outskirts of paris | sweet and soft #1

Le jour où tu trouveras des titres moins alambiqués, Ernesto, tu éveilleras sans doute moins l’intérêt des plus cérébraux-a-l-e-s de tes ami-e-s, mais ce sera signe que tu vis plus simplement ! Bref, voici la recette du cocktail : Le point de vue où j’en suis = Le point de vue de ma fenêtre + Le point où j’en suis, deux de mes formules magiques rituelles. Ça vaut bien deux photos pour le prix d’une (et un petit effort d’entretien des trains qui ne vont pas à grande vitesse, si on est frustré par les vitres qui arrêtent le regard, ce qui n’est pas forcément mon cas, ah là là…) !

 

Photo © Ernesto Timor - Où est le point

shot: feb 18 | printed: today | outskirts of paris | sweet and soft #2

Ecran total

Photo © Ernesto Timor - tulle by night

shot: feb 18 | printed: today | paris | onscreen #1

Photo © Ernesto Timor - tulle by night

shot: feb 18 | printed: today | paris | onscreen #2

Mes petits à-côtés de la photo de théâtre, pour le plaisir d’arrêter mon regard désobéissant non pas hors sujet mais sur le filtre qu’on n’est pas censé voir !
Ceci étant, les compartiments du Timor n’étant pas étanches, rien ne vous empêche d’aller voir à quoi ressemble ce spectacle au travers de photos nettement moins abstraites sur mon site Timor Rocks ! Tiens justement, j’y dévoile une de mes nouvelles tribulations aux côtés des créations tantôt sombres tantôt lumineuses de l’excellent Amin Théâtre, faites donc un petit tour(billon) par chez Malgoumi

C’est beau le travail la nuit

Photo © Ernesto Timor - La Défense

shot: oct 17 | printed: today | la défense (paris) | no business no cry

Je resserre lentement mes cercles autour du sujet de mon prochain projet, L’animateur de ronds-points et autres métiers d’avenir. Parler du travail sans s’ennuyer, frotter le réel d’imaginaire, me cramponner à la vieille lune du portrait sans artifice mais vouloir marier cette série à une affaire de spectacle vivant… Je n’ai pas fini de démêler cette pelote d’envies contradictoires. En attendant, j’accumule les séances d’essai où le off me plait souvent mieux que l’idée initiale, c’est ici le cas, photo gentiment affranchie de la consigne ! Le sujet officiel de tout ça est développé ici, pour celles et ceux que cela intéresse à un titre ou un autre — même pour poser, profils patients et joueurs bienvenus !).

Pas d’embrouille

Photo © Ernesto Timor -

shot: nov 15 | reprinted: today | paris | easy binding

Où je vous reparle en clair du projet Pour que tu ne perdes pas le fil !
En vrai ça se déroule tranquille ces petits préparatifs, et donc tout soudain les Lyonnais et les voyageurs pourront découvrir la face A et la face B d’Ernesto au cordeau !
Face A : accrochage de 8 grands tirages extraits de la suite Mes champs visuels.
Face B : Pour que tu ne perdes pas le fil, 7 ou 8 courts films photographiques, projetés le soir du vernissage : Jeff Duschek performera en live leur bande son post-rock !
Ces réjouissances sont proposées dans le cadre du vernissage de l’exposition Tiré au cordeau, avec aussi les images de Emre Orhun et Shneckewurst, et c’est jeudi 27 avril 2017 à partir de 19 h à La Méduze (Lyon 1er) !
Plus de détails sur tout ça : www.ernestotimor.com/cordeau

Retour de clic-clac

Photo © Ernesto Timor - clic-clac

shot: jan 07 | reprinted: jan 17 | paris | single bed [series]

Cette image est extraite de Clic-clac, une nouvelle arrivée au rayon séquences photographiques. Les images ont pile 10 ans d’âge, ce qui est tout frais c’est l’impulsion de compilation, le coup de flip-book presque (les images de la série sont au nombre de 33 !).

Dites 33, et le convertible venu du froid s’éveillera. […] Ce n’est pas ma seule tentative de performance photographique frontale sur canapé / divan / sofa, mais c’est la plus ancienne et quelque part la plus légère et jolie (des notions qui ne sont pas forcément en haut de mon échelle de valeurs infernale). Le suédois démonté n’y est pour pas grand chose, par contre la parfaite Marine y est pour beaucoup…

Extrait de la présentation d’intro.

A découvrir dans son intégralité en Enfer : Clic-clac [Single Bed]



“Ce jeu des apparences lui était agréable”

Photo © Ernesto Timor - stairway to heaven revisited

shot: aug 02 | reprinted: today | paris | lady lady

Ce fut pour le frère du vieux K. la plus belle nuit de sa vie, mais quand au petit matin la femme femme quitta discrètement CETTE maison avec son aide, elle considéra que l’aventure prenait fin en même temps que son enivrement. Pendant des mois, le frère du vieux K. lui téléphona, lui adressa des prières, des suppliques, sans rien pouvoir obtenir d’elle : la femme femme avait chez elle un mari viril moustachu, des enfants enfants, une famille famille, et elle demanda franchement au frère du vieux K. de cesser de l’importuner, de se conduire en adulte. Cette aventure avait été très très agréable, lui dit-elle, et elle ne regrettait rien, mais il devait se comporter en homme et non en gamin. Le frère du vieux K. retrouva sa chambre. Il s’y enfermait à clé et se morfondait en regardant le palmier asséché qui, depuis qu’il avait été arrosé par la femme femme, refusait de boire de l’eau ordinaire. Lui aussi regrettait cette nuit unique et, consommé de regrets, il creva définitivement.

Wojciech Kuczok, Antibiographie (Editions de l’Olivier, 2006).
Le titre de ce post est prélevé quelques lignes plus haut. Tout n’y est pas si drôle ni croustillant, dans ce roman polonais qui m’a secoué bien comme il faut. C’est même plutôt une vie de famille dans ce qu’elle peut avoir de plus pervers et cinglant. Mais ceci amène aussi cela…
Pour enluminer le récit, petite plongée dans la cage aux chimères…


Longtemps j’ai vécu en différé

Photo © Ernesto Timor - Autant en emporte le vent

shot: dec 12 | printed: today | distant outskirts of paris | avoid & expose

Longtemps j’ai mis longtemps. A choisir, à construire. Comme par exemple à “éditer” et “traiter” les images à l’issue d’une prise de vues. Et aussi à remettre ces sélections à plat des années plus tard, les remasteriser, en revoir le montage, la narration. Mon Enfer est pavé de ces vagues intentions, de ces valses-hésitations — et encore, je n’en montre pas la moitié. Trop souvent mes redécouvertes de laboratoire me submergent, du choix étendu je ne retiens que l’embarras. Et quand même j’y retourne, je rouvre toutes ces boîtes d’archives made in Pandore, comme pour vérifier encore et encore si dans d’autres dimensions je n’ai rien raté (et souvent constater que si, évidemment). Me fais happer par un regard photographié il y a cinq, dix ou quinze ans, comme s’il était d’hier. Saisis des émotions, comprends des trucs, des années après la bataille. Mais t’es pas heureux ? Si si bien sûr, c’est comme de voir l’image latente se révéler dans le bain du révélateur, l’odeur de la chimie en moins, je suis content, je suis heureux, j’ai bien du plaisir. C’est vrai que c’est l’aventure, de rencontrer une figure terrible qui m’attendait tapie dans la nuit, que ce soit la nuit des classeurs de négatifs jadis ou la nuit numérique de notre époque. Mais aussi c’est épuisant. Déjà que travailler sur des images, ce n’est pas sans risque, mais avoir un lien si organique à celles des jours enfuis, ça ne serait pas un peu folie ?
Lire la suite

La confusion de l’échassier

Photo © Ernesto Timor - Un signe

shot: dec 15 | printed: today | pilat (not so far from lyon) | space wader

La môme néant

Quoi qu’a dit ?
— A dit rin.

Quoi qu’a fait ?
— A fait rin.

A quoi qu’a pense ?
— A pense à rin.

Pourquoi qu’a dit rin ?
Pourquoi qu’a fait rin ?
Pourquoi qu’a pense à rin ?
— A’xiste pas.

Jean Tardieu, extrait du recueil Monsieur Monsieur (1951).
Y a pas d’âge pour se réviser ce classique grinçant, ça vous met un sourire sur le vide…