Quel numéro porte ce poulailler ?

Photo © Ernesto Timor

shot: apr 09 | printed: today | maggie’s farm | distant outskirts of paris

Regarde les visages, pensa-t-il. Vois les visages. Ne perds pas conscience. Ne désire pas accéder à l’inconscience. N’envie pas les insanes. Adapte-toi au réel. Examine les visages. Ils sont pleins de richesse, ils racontent des histoires emboîtées et, parfois, ils sont beaux.
Parfois. Ils sont beaux.
Maintiens-toi dans la foule au milieu des visages, sur une ligne moyenne entre oubli total et crétinisme.
MAINTIENS-TOI AU MILIEU DES VISAGES !
TRANSFORME-TOI EN VISAGE, OUBLIE TOUT !
N’OUBLIE PAS TON VISAGE, IDIOT, OUBLIE TOUT !
Il se rappelait des slogans entendus à Poulailler Quatre. Aucun ne correspondait à la situation…

(Antoine Volodine, Songes de Melvido.)

Des échos majeurs

Photo © Ernesto Timor

shot: aug 08 | printed: today | only those i love, only those i love, listen | belgium

« Les liens qui l’attachaient au poteau d’exécution avaient pourri et Will Scheidmann en éprouvait la résistance à certains moments, disons quand il venait de terminer la diction d’un narrat étrange, ou quand la température de l’air, la nuit, basculait en dessous de zéro et, un jour, des nœuds finirent par mollir et, derrière ses reins, subitement, tout craqua.
Les vieilles l’avaient en ligne de mire, comme toujours depuis deux ans, depuis la fusillade ratée. Elles étaient allongées près des yourtes et elles le visaient. Laetitia Scheidmann plissa la fente ridée de ses yeux et, tout en épaulant sa carabine, elle cria que les attaches s’étaient rompues autour de Scheidmann. Tout le monde s’agita. Solange Bud releva son arme de façon hostile mais, pas plus qu’avant, les vieilles n’ouvraient le feu.

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