Fulgurance au cabinet

Photo © Ernesto Timor - La mannequine

shot: jan 10 | printed: today | distant outskirts of paris | my condom for a horse

Beau sire, il est roi, soyez-en sûr, mais il fut blessé en une bataille et mutilé, de telle sorte qu’il perdit l’usage de ses jambes, c’est un coup de javelot dans les hanches qui l’a mis en cet état. Il en souffre encore, et tellement qu’il ne peut monter à cheval. Quand il veut se distraire, il se fait mettre en une barque et s’en va sur l’eau pêchant à l’hameçon : c’est pourquoi on l’appelle le Roi Pêcheur. Il ne peut supporter aucun autre exercice.

Perceval ou le Conte du Graal, Chrétien de Troyes.

(Photo de cette chimérique mannequine repêchée, comme le texte par association très libre, au fond d’un tiroir de ma mémoire…)

“Nous sommes meilleurs que ce que nous faisons.”

Photo © Ernesto Timor - Ciel changeant

shot: july 17 | printed: today | not so far from paris | bathroom meditation

J’ai fini ma brioche. Un petit déjeuner modeste… Au secours, a écrit quelqu’un sur la fenêtre de la salle de bains. Puis le téléphone qui sonne à six heures du matin. J’ai conduit mes deux petites-filles à l’école. Et maintenant, pour la seconde fois de la matinée, je suis assis dans la Pasticceria Dante. Aurais-je pu écrire ces mots moi-même ? Pour la seconde fois de la matinée, je bois un cappuccino, je mange une brioche, je lis les journaux que je fais semblant de mépriser. Un modeste petit déjeuner une deuxième fois. Comme les hommes qui se marient une deuxième fois en faisant très attention. Je souris. On affecte de mépriser des choses, me dis-je, mais on continue quand même de les faire. Nous sommes meilleurs que ce que nous faisons. Cette sensation qu’on me parle, comme de l’extérieur, est étrange. Dans le couloir indéfinissable d’un hôpital municipal. Était-ce comme cela pour Marco ? Des voix extérieures, impossibles à contrôler ? Est-ce ainsi qu’on est amené à écrire des choses sur une fenêtre sans en avoir conscience ?

Tim Parks, Destin.

C’est normal si vous ne comprenez pas tout dans le détail, et peu importe. C’est pour vous donner envie de lire le reste du roman (et tous les autres de Tim Parks du reste). Quant à l’image, je parie qu’elle aurait pu être prise dans le couloir des toilettes de la Pasticceria Dante (en travaux de toute éternité). Même si je ne suis pas descendu si loin.

Quelque chose suit son cours : recueil en quête d’éditeur

Quelque chose suit son cours est un recueil de photos âpres voire désespérantes (dont je reconnais la paternité) compliqué par un texte obscur (signé Jean-Louis Baille), on ne s’étonnera pas qu’il n’ait pas encore trouvé son éditeur… On ne perd pas espoir, ce titre l’interdit par essence, mais on a décidé de cesser d’attendre. Voici ce projet en libre accès à l’écran, à feuilleter comme un vrai livre (et s’il se cache un éditeur intéressé parmi les visiteurs, qu’il se dénonce !)

 

Mode d’emploi du feuilleté ci-dessous.
Cliquer sur l’icône du plein écran, sinon ce sera tout petit !
Ce n’est pas (encore) un vrai livre, pas de doubles pages mais des planches uniques, format carré.
Ce n’est pas téléchargeable, c’est juste pour regarder…
Les liens qui surgissent à la fin sont des pubs offertes par Issuu, sans aucun rapport avec ma production…

Pour une présentation complète (intention, cv des auteurs, extraits), veuillez charger ce dossier (cliquez sur la couverture)… Dossier de Quelque chose suit son cours






 

Y a-t-il une vie après les prolongations ?

Photo © Ernesto Timor - Espace nu

shot: sept 10 | reprinted: today | paris | the empty project

Le joli mois de mai n’est plus, et avec lui s’achève mon expo (prolongée) à La Méduze. De quoi se sentir un peu vide et désemparé, quand on a quelque souci avec l’impermanence, d’où cette image en forme de lot de consolation symbolique, sans doute. Pour regarder vers l’avenir, Mes champs visuels s’exposeront sans doute encore, flanqués de la projection-concert expérimentée avec bonheur grâce à mon comparse Jeff Duschek autour de Pour que tu ne perdes pas le fil. Toute proposition d’accueil de tout ou partie de ce projet sera étudiée avec la plus grande attention, n’hésitez pas à faire signe, si vous êtes organisateur-trice ou connaissez quelqu’un qui… ;-)

Comment fait-on, déjà ?

Photo © Ernesto Timor - La belle assise (before)

shot: may 17 | printed: today | lyon | how does it feel

Extrait, indiscrétion, mignonnette — appelez-ça comme vous voudrez — d’un corps de photos plus conséquent, déroulé dans son intégralité prochainement. Titre encore indécis pour ce nouveau huis-clos minimaliste perché dans des combles recuits par les ans… Ce sera niché en Enfer, bien sûr !

“La disparition du conjuré”

Photo © Ernesto Timor - Méfiez-vous des miroirs

shot: mar 17 | printed: today | brittany | another world

La disparition du conjuré est naissance à une vie nouvelle, débarrassée des contraintes de l’espace et du temps.

Ils attendent qu’on les libère. Un mince filin les relie encore à la rive, mais les ponts sont depuis longtemps coupés. Et chaque soir, pour retarder le moment du retour, ils multiplient les tâches inutiles.

C’est à ce moment-là qu’on apparaît. Certains de rêver, ils se frottent les yeux, mais on est toujours là, évoluant avec une lenteur extrême, sans à-coup, comme si murs et cloisons n’existaient pas pour nous. On furète, ouvrant les tiroirs, explorant les poubelles. On passe nos mains sur les surfaces, cherchant les creux d’usure, les traces. Attentifs à tout, on n’attend rien de précis.

Ils reconnaissent notre discrétion : c’est la leur. Comme eux on courbe la tête, comme eux on marche sur la pointe des pieds. Mais notre effacement semble plénitude et notre insignifiance légèreté, quand leur vie à eux n’est qu’un perpétuel acte de présence sans joie. Toute la journée au bureau, ils disent oui, bien sûr, pardon, naviguant entre les remous, frappant de petits coups brefs sur les portes et souriant d’un air contrit. Et le soir, une fois rentré, il faut parler bas, pour ne pas déranger.

Alors ils guettent notre retour, jusqu’à l’épuisement. Et quand le sommeil les rattrape, ils rêvent d’ombres compatissantes se déplaçant sans effort et les invitant, d’un geste, à l’abandon.

Philippe Vasset, La Conjuration (éd. Fayard, 2013).
Des sommets de vassetitude, à fond dans les limites qui me sont chères…

Pas d’embrouille

Photo © Ernesto Timor -

shot: nov 15 | reprinted: today | paris | easy binding

Où je vous reparle en clair du projet Pour que tu ne perdes pas le fil !
En vrai ça se déroule tranquille ces petits préparatifs, et donc tout soudain les Lyonnais et les voyageurs pourront découvrir la face A et la face B d’Ernesto au cordeau !
Face A : accrochage de 8 grands tirages extraits de la suite Mes champs visuels.
Face B : Pour que tu ne perdes pas le fil, 7 ou 8 courts films photographiques, projetés le soir du vernissage : Jeff Duschek performera en live leur bande son post-rock !
Ces réjouissances sont proposées dans le cadre du vernissage de l’exposition Tiré au cordeau, avec aussi les images de Emre Orhun et Shneckewurst, et c’est jeudi 27 avril 2017 à partir de 19 h à La Méduze (Lyon 1er) !
Plus de détails sur tout ça : www.ernestotimor.com/cordeau

Retour de clic-clac

Photo © Ernesto Timor - clic-clac

shot: jan 07 | reprinted: jan 17 | paris | single bed [series]

Cette image est extraite de Clic-clac, une nouvelle arrivée au rayon séquences photographiques. Les images ont pile 10 ans d’âge, ce qui est tout frais c’est l’impulsion de compilation, le coup de flip-book presque (les images de la série sont au nombre de 33 !).

Dites 33, et le convertible venu du froid s’éveillera. […] Ce n’est pas ma seule tentative de performance photographique frontale sur canapé / divan / sofa, mais c’est la plus ancienne et quelque part la plus légère et jolie (des notions qui ne sont pas forcément en haut de mon échelle de valeurs infernale). Le suédois démonté n’y est pour pas grand chose, par contre la parfaite Marine y est pour beaucoup…

Extrait de la présentation d’intro.

A découvrir dans son intégralité en Enfer : Clic-clac [Single Bed]



En attendant la fille du père Noël

Et non je ne m’appelle pas Jean-Balthazar. Quoique, il y a bien des cieux où l’on m’appelle Jean-Nesthor… Ça me fait penser que cette image ne va pas longtemps rester seule, la petite robe écarlate non plus, une mignonne séquence de derrière les fagots arrive ces jours-ci. Si mignonne que j’hésite à la mettre en Enfer (d’ailleurs je n’y enferme plus personne, avez-vous noté ?)…

[Edit du 1er janvier 2017] La séquence est achevée et en ligne comme prévu à cette adresse…

La chambre claire

Photo © Ernesto Timor

shot: sept 15 | printed: today | liège (belgium) | camera lucida

… qui est aussi une antichambre de salle d’attente. Car une Salle d’attente, quatrième du nom, est sur l’établi, et ce n’est pas encore cette fois qu’on y verra une vraie salle d’attente d’aéroport (peut-être jamais, d’ailleurs). Et cette image a des comparses qui, assemblées en mouvement, devraient faire une belle salle de bal pour la Mort — elle aura le choix des fenêtres par où sauter, la bougresse. L’affaire de quelques heures/jours et la projection sera réalité…

[Edit du 12 mars] C’est chose faite : Salle d’attente #4.