Les devoirs de vacances : clic-clic

Photo © Ernesto Timor - ter

shot: apr 17 | printed: today | near brest (brittany) | triple clic

 

– Alors où tu vas?
– Je ne vais nulle part, maman.
– D’accord.

Elle écrasa sa cigarette, et emporta soucoupes et tasses dans l’évier pour les laver. Puis elle s’essuya les mains sur sa jupe et consulta de nouveau sa montre.

– Il faut que j’aille travailler. Ne “clic-clic” pas trop pendant mon absence.
– Oui, maman.

Elle m’embrassa sur la joue et s’en alla. Je me recouchai.
Bien qu’elle m’ait fait prendre conscience de cette manie, je continuai sans m’arrêter. J’aimais beaucoup ce bruit de stylo-­bille. Il me rappelait celui d’un appareil photo. Allongé sur mon lit, je cliquetais d’image en image, d’une personne à une autre. Je vis Rachel. Misiora. Freud. Mon père mort. Je les entendais, aussi, et ma voix se noyait dans les leurs. C’était reposant de ne plus entendre mes jérémiades, mes exigences.

Je passai la main sous mon sommier et sortis tous mes agendas, que j’étalai sur le lit, faisant cliqueter mon stylo, feuilletant les pages vierges au hasard, levant parfois les yeux vers la fenêtre, dont les rideaux ondoyaient doucement, écoutant les voix, entrevoyant des visages, remuant les orteils.

Steve Tesich, Price (éd. Monsieur Toussaint Louverture, 2012).

J’ai fini de lire “ça”, ce monumental et déjà fascinant premier roman de Steve Tesich, dans les derniers tours de roue de ma ruée vers l’Ouest. Encore un voyage dans le voyage.

Les devoirs de vacances : aujourd’hui, pourquoi pas

Photo © Ernesto Timor -

shot: dec 16 | printed: today | lyon | omg

Je confesse une aversion particulière pour les crèches de Noël. Même en photo, d’ordinaire elles ne me font pas rire. C’est pourquoi cette image est une rareté absolue dans ma production. Le charme de l’installation précaire sans doute, qui soudain redonne un peu de fraîcheur au bazar, presque une esthétique de squat qui vient rhabiller le bâti gothique ! Et surtout et avant tout, la brebis en bas à gauche du fond peint, droit sortie du Génie des alpages plutôt que de la Bible…

Les devoirs de vacances :
aujourd’hui, l’optimisme

Photo © Ernesto Timor - Beauté des pluies acides

shot: mar 16 | printed: today | pilat (not so far from lyon) | moody blues

Marchons en bavardant avec Cioran rue de l’Amertume, pour nous rendre place de la Déception, et finir ensuite dans le jardin de la Tristesse. Là, ça ira mieux : on pourra commencer à vraiment comprendre ce qui nous arrive, et passer à autre chose : emprunter le passage de l’Acceptation, nous balader avenue de l’Action.

Christophe André, Les états d’âme (un apprentissage de la sérénité).
Ce n’est pas une maxime en anglaises dorées piochée vite fait dans la marmite infâme des citations en ligne, c’est une voix off qui m’accompagne pour de vrai et au long cours dans la balade de la vie, Christophe André. Ça vous la coupe, hein ?

Les devoirs de vacances :
aujourd’hui, s’offrir à la vue de tous

Photo © Ernesto Timor

shot: may 12 | printed: today | lyon | true gift

L’avantage de cette période dite de fêtes, c’est qu’on a un peu de temps pour soi (quand on ne chasse ni le renne ni la dinde). Peut-être même pour soie.

Je vous déballe mon nouveau site, tiens, après quelques jours d’hermétiques palissades de chantier. C’est bien plus qu’un petit lifting. Je me suis affranchi de beaucoup de pesanteurs techniques et en ai profité pour restructurer le fond de l’affaire. Peu de nouveau contenu là tout de suite (beaucoup d’éradications par contre), le temps de vous y habituer et de commencer par redécouvrir les petits trésors enfouis au fond du labyrinthe de jadis…

La grande entrée des galeries, avec du contenu varié et évolutif, c’est . Et le blog Irregular c’est bien ici !