L’animateur de ronds-points et autres métiers d’avenir :
portraits en écho à 51 mots pour dire la sueur, 2017-2018

Un nouveau side-project de ricochet entre les mots de François Chaffin et les photos d’Ernesto Timor, appuyé à la création de 51 mots pour dire la sueur par le Théâtre du Menteur.

 

Le concept

Côté mots : inspirées du texte du spectacle complété par de la matière textuelle inédite, des fiches de postes, présentations grinçantes de métiers surréalistes.
Côté photos : dans la tradition photographique des portraits de travailleurs posant avec la solennité de leur fonction, des anonymes incarnant cette nomenclature avec un geste, un outil improbable, une façon d’être…

Entre l’auteur des mots et l’auteur des photos, ça naviguera à vue, comme à notre habitude. Il n’est pas impossible que des fiches de postes soient écrites à la tête du client, inspirées par la personnalité qui se dégage d’un portrait, on n’est vraiment pas dans la vraie vie…

La réalisation de ces photos s’étalera sur une année, en visant une trentaine de portraits différents. Et pourquoi pas 51 ? Parce que ça fait beaucoup.

Restitution

D’abord une publication en compte-gouttes par Internet dans notre tradition du teasing pré-création et ensuite nous espérons une véritable exposition itinérante proposée aux lieux en amont des représentations, et puis une publication en livret, complément optionnel au texte de la pièce ou publication autonome…

ESSAYEUR. toutes catégories. du vêtement aux avions de la nourriture au parfum des prothèses aux stylos j’essaye tout et n’importe quoi. dedans dehors et jour et nuit mon métier c’est d’essayer. et là j’essaie de t’en parler. attention il y a ceux qui essaient encore. mais ce n’est pas la même chose. eux ce sont des essayeurs encore.

Sous le soleil à retardement

Photo © Ernesto Timor - Contretype

shot: sept 10 | reprinted: today | paris | sweet negative

C’que c’est beau la photographie
Le soleil qu’on fait prisonnier
Pas d’raison pour qu’on les oublie
Les p’tites femmes en p’tite robe d’été

C’que c’est beau la photographie
Bougeons plus ! l’amour va passer
1, 2, 3, c’est la plus jolie
Agrandie, vous l’encadrerez.

On sourit pour l’éternité.

Plus sautillant que mes morceaux choisis littéraires habituels, non ?
C’est ce qui ouvre Le soleil qu’on fait prisonnier [Aperture], une somme qui, en trois chapitres, propose la synthèse d’une collaboration étalée sur plusieurs années avec la rousse Kitsune. Ça ne nous rajeunit pas du point de vue de la date des clichés (de 2009 à 2011) mais ça rafraîchit le regard !
Même si ce grand voyage contrasté entraîne parfois au bord du vide ou au cœur des noirceurs, tout ceci n’est qu’un jeu, à commencer par le titre, emprunté… aux Frères Jacques, dans cet extrait de C’que c’est beau la photographie !
Quant à l’image extraite de l’affaire, elle est merveilleusement représentative de l’intention… mais beaucoup moins de l’esthétique de l’ensemble, tout cela étant full colour et en positif !!

Ceci constitue le dernier livret paru en Enfer, hop !

Le soleil qu’on fait prisonnier (Un livret de la collection Parcours en marge)

Photo © Ernesto Timor

shot: sept 10 | reprinted: may 17 | paris | aperture [series]

Le soleil qu’on fait prisonnier [Aperture] est une somme. En trois chapitres, elle propose la synthèse d’une collaboration étalée sur plusieurs années avec la rousse Kitsune, initialement rencontrée pour un portrait dans le cadre des Limites nous regardent. On la retrouvera donc ici à trois moment clés, dans trois espaces vierges de toute présence si ce n’est son incarnation lumineuse : 1) dans un appartement vidé de tout sauf de ses cimaises (anciennement paru pour partie sous ce titre Le soleil qu’on fait prisonnier) ; 2) dans son nouveau studio (anciennement paru pour partie sous le titre Un nid pour quoi faire ?) ; 3)  dans les souterrains de ma dernière résidence francilienne (anciennement paru pour partie et en noir et blanc sous le titre Respire).
Même si ce grand voyage contrasté entraîne parfois au bord du vide ou au cœur des noirceurs, tout ceci n’est qu’un jeu, à commencer par le titre, emprunté… aux Frères Jacques !

C’que c’est beau la photographie
Le soleil qu’on fait prisonnier
Pas d’raison pour qu’on les oublie
Les p’tites femmes en p’tite robe d’été

C’que c’est beau la photographie
Bougeons plus ! l’amour va passer
1, 2, 3, c’est la plus jolie
Agrandie, vous l’encadrerez.

On sourit pour l’éternité.

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Y a-t-il une vie après les prolongations ?

Photo © Ernesto Timor - Espace nu

shot: sept 10 | reprinted: today | paris | the empty project

Le joli mois de mai n’est plus, et avec lui s’achève mon expo (prolongée) à La Méduze. De quoi se sentir un peu vide et désemparé, quand on a quelque souci avec l’impermanence, d’où cette image en forme de lot de consolation symbolique, sans doute. Pour regarder vers l’avenir, Mes champs visuels s’exposeront sans doute encore, flanqués de la projection-concert expérimentée avec bonheur grâce à mon comparse Jeff Duschek autour de Pour que tu ne perdes pas le fil. Toute proposition d’accueil de tout ou partie de ce projet sera étudiée avec la plus grande attention, n’hésitez pas à faire signe, si vous êtes organisateur-trice ou connaissez quelqu’un qui… ;-)

Comme un aviateur dans un ascenseur

Photo © Ernesto Timor - Part-Dieu

shot: jan 17 | printed: today | lyon | give me a lift

Je suis sorti, je me suis arrêté sur les marches, l’avais-je bien remerciée, ou alors j’étais parti en murmurant mon au revoir, et merci ? Il m’arrive de parler plus bas que terre comme qui dirait. Je me souviens de plus en plus mal des choses du jour. Parfois, mes pas me mènent vers l’avant mais ils pourraient aussi bien décider de faire demi-tour, ou de m’avancer en arrière. La pluie s’était arrêtée. J’ai espéré qu’on ait de la neige ces prochaines semaines pour le plaisir enfantin que ça me donne, et puis, parce que j’ai pris des photos de banlieue sous la neige depuis plus de quarante années, et j’avais vraiment tout mon temps aujourd’hui, pour continuer.

Photos volées, de Dominique Fabre (éd. l’Olivier, 2014).

Un roman triste sur un gars débarqué de la société un peu tôt à son goût, et qui se raccroche plus ou moins à son passé de photographe. Certes bourré d’erreurs sur le sujet de la photo mais touchant à plus d’un titre…
Ma photo aussi elle est un peu volée, volée à la rue. Quant au titre du post il me vient d’Higelin, c’est nostalgique aussi mais en plus drôle.