Y es-tu ? (Un livret de la collection Petites histoires pour ne pas dormir)

Photo © Ernesto Timor - Y es-tu ?

shot: oct 16 | printed: today | jura mountains | are you there ? [series]

La collection Petites histoires pour ne pas dormir n’accueille pas que des pirouettes légères. Pour preuve ce Y es-tu ? qui n’a pas peur du noir. Toute ma gratitude à Carine pour avoir habité si pleinement ces montagnes d’écorces.

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“Nous sommes meilleurs que ce que nous faisons.”

Photo © Ernesto Timor - Ciel changeant

shot: july 17 | printed: today | not so far from paris | bathroom meditation

J’ai fini ma brioche. Un petit déjeuner modeste… Au secours, a écrit quelqu’un sur la fenêtre de la salle de bains. Puis le téléphone qui sonne à six heures du matin. J’ai conduit mes deux petites-filles à l’école. Et maintenant, pour la seconde fois de la matinée, je suis assis dans la Pasticceria Dante. Aurais-je pu écrire ces mots moi-même ? Pour la seconde fois de la matinée, je bois un cappuccino, je mange une brioche, je lis les journaux que je fais semblant de mépriser. Un modeste petit déjeuner une deuxième fois. Comme les hommes qui se marient une deuxième fois en faisant très attention. Je souris. On affecte de mépriser des choses, me dis-je, mais on continue quand même de les faire. Nous sommes meilleurs que ce que nous faisons. Cette sensation qu’on me parle, comme de l’extérieur, est étrange. Dans le couloir indéfinissable d’un hôpital municipal. Était-ce comme cela pour Marco ? Des voix extérieures, impossibles à contrôler ? Est-ce ainsi qu’on est amené à écrire des choses sur une fenêtre sans en avoir conscience ?

Tim Parks, Destin.

C’est normal si vous ne comprenez pas tout dans le détail, et peu importe. C’est pour vous donner envie de lire le reste du roman (et tous les autres de Tim Parks du reste). Quant à l’image, je parie qu’elle aurait pu être prise dans le couloir des toilettes de la Pasticceria Dante (en travaux de toute éternité). Même si je ne suis pas descendu si loin.

Aux frontières de la logique

Photo © Ernesto Timor -

shot: august 17 | printed: today | devoluy (alps) | zen park

Un adage du zen nous dit : celui qui atteint son but a manqué tout le reste.

C’est Christophe André qui vient de remettre ça dans mon oreille, lors d’une de ses modestes et précieuses chroniques radiophoniques quotidiennes intitulées la vie intérieure. Voici, si on la lit bien et sans trop de complaisance pour ses tendances à errer sans but, une jolie formule, possible antidote à tous les volontarismes agités !
Pour en revenir aux travaux pratiques, la sagesse à pied, j’ai découvert la rubalise électrifiée, nouvelle limite improbable qui m’a consolé du sommet non atteint.

L’animateur de ronds-points et autres métiers d’avenir :
portraits en écho à 51 mots pour dire la sueur, 2017-2018

Un nouveau side-project de ricochet entre les mots de François Chaffin et les photos d’Ernesto Timor, appuyé à la création de 51 mots pour dire la sueur par le Théâtre du Menteur.

 

Le concept

Côté mots : inspirées du texte du spectacle complété par de la matière textuelle inédite, des fiches de postes, présentations grinçantes de métiers surréalistes.
Côté photos : dans la tradition photographique des portraits de travailleurs posant avec la solennité de leur fonction, des anonymes incarnant cette nomenclature avec un geste, un outil improbable, une façon d’être…

Entre l’auteur des mots et l’auteur des photos, ça naviguera à vue, comme à notre habitude. Il n’est pas impossible que des fiches de postes soient écrites à la tête du client, inspirées par la personnalité qui se dégage d’un portrait, on n’est vraiment pas dans la vraie vie…

La réalisation de ces photos s’étalera sur une année, en visant une trentaine de portraits différents. Et pourquoi pas 51 ? Parce que ça fait beaucoup.

Restitution

D’abord une publication en compte-gouttes par Internet dans notre tradition du teasing pré-création et ensuite nous espérons une véritable exposition itinérante proposée aux lieux en amont des représentations, et puis une publication en livret, complément optionnel au texte de la pièce ou publication autonome…

ESSAYEUR. toutes catégories. du vêtement aux avions de la nourriture au parfum des prothèses aux stylos j’essaye tout et n’importe quoi. dedans dehors et jour et nuit mon métier c’est d’essayer. et là j’essaie de t’en parler. attention il y a ceux qui essaient encore. mais ce n’est pas la même chose. eux ce sont des essayeurs encore.

Quelque chose suit son cours : recueil en quête d’éditeur

Quelque chose suit son cours est un recueil de photos âpres voire désespérantes (dont je reconnais la paternité) compliqué par un texte obscur (signé Jean-Louis Baille), on ne s’étonnera pas qu’il n’ait pas encore trouvé son éditeur… On ne perd pas espoir, ce titre l’interdit par essence, mais on a décidé de cesser d’attendre. Voici ce projet en libre accès à l’écran, à feuilleter comme un vrai livre (et s’il se cache un éditeur intéressé parmi les visiteurs, qu’il se dénonce !)

 

Mode d’emploi du feuilleté ci-dessous.
Cliquer sur l’icône du plein écran, sinon ce sera tout petit !
Ce n’est pas (encore) un vrai livre, pas de doubles pages mais des planches uniques, format carré.
Ce n’est pas téléchargeable, c’est juste pour regarder…
Les liens qui surgissent à la fin sont des pubs offertes par Issuu, sans aucun rapport avec ma production…

Pour une présentation complète (intention, cv des auteurs, extraits), veuillez charger ce dossier (cliquez sur la couverture)… Dossier de Quelque chose suit son cours






 

Visages de la forêt

Une première avait fuité il y a quelques jours, sans préméditation de cette mini-séquence au coin du bois, format un peu inhabituel sur Irregular. Mais finalement cela me plait de découvrir cette apparition sous plusieurs angles, sans avoir à choisir entre l’épaule gauche ou l’épaule droite, pas plus que l’un des quatre chemins ou la qualité des illusions qui ondulent dans la noirceur du décor

Rectangle blanc

Photo © Ernesto Timor - Ma carrée

shot: june 17 | printed: today | brocéliande (brittany) | my place

Quelques fragments d’éternité avant grande illusion…
Bref, comme ce document en atteste irréfutablement, j’ai profité d’une faille spatio-temporelle pour retourner en forêt de Brocéliande convoquer des apparitions, une troisième vague de Mes champs visuels est à venir…

Le soleil qu’on fait prisonnier (Un livret de la collection Parcours en marge)

Photo © Ernesto Timor

shot: sept 10 | reprinted: may 17 | paris | aperture [series]

Le soleil qu’on fait prisonnier [Aperture] est une somme. En trois chapitres, elle propose la synthèse d’une collaboration étalée sur plusieurs années avec la rousse Kitsune, initialement rencontrée pour un portrait dans le cadre des Limites nous regardent. On la retrouvera donc ici à trois moment clés, dans trois espaces vierges de toute présence si ce n’est son incarnation lumineuse : 1) dans un appartement vidé de tout sauf de ses cimaises (anciennement paru pour partie sous ce titre Le soleil qu’on fait prisonnier) ; 2) dans son nouveau studio (anciennement paru pour partie sous le titre Un nid pour quoi faire ?) ; 3)  dans les souterrains de ma dernière résidence francilienne (anciennement paru pour partie et en noir et blanc sous le titre Respire).
Même si ce grand voyage contrasté entraîne parfois au bord du vide ou au cœur des noirceurs, tout ceci n’est qu’un jeu, à commencer par le titre, emprunté… aux Frères Jacques !

C’que c’est beau la photographie
Le soleil qu’on fait prisonnier
Pas d’raison pour qu’on les oublie
Les p’tites femmes en p’tite robe d’été

C’que c’est beau la photographie
Bougeons plus ! l’amour va passer
1, 2, 3, c’est la plus jolie
Agrandie, vous l’encadrerez.

On sourit pour l’éternité.

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