Orienté objet

Photo © Ernesto Timor - maïs déraciné

shot: jan 18 | printed: today | lyon | how a-maize-ing

Ce maïs s’est-il déraciné lui-même pour échapper à Monsanto ? Et pourquoi est-ce que j’en rajoute une couche en le photographiant hors sol ? Et pourquoi que mon site était inaccessible depuis des jours et des jours, avec des messages oscillant entre l’Internal Server Error et le funky écran de maintenance de mon hébergeur ? Je ne répondrai en clair qu’à cette dernière question : c’est la faute de personne (enfin si, ce serait un dommage collatéral de la fameuse faille “Meltdown”, c’est ça d’avoir lié le destin de l’humanité à celui des puces…).

Cette nature morte est extraite d’un projet tout à fait personnel intitulé Orienté objet, d’où le titre facétieux.

Il y a le CIEL…

Photo © Ernesto Timor - Mer de nuages

shot: sept 17 | printed: today | vercors (near the alps) | hell’s angel speaking

En un mot, j’étais exaspéré par la jeunesse. Mais Owen Meany, convaincu qu’il était de connaître le moment et les circonstances de sa mort, n’était nullement pressé de vieillir. Quand je lui parlais de notre jeunesse comme d’un purgatoire, Owen disait simplement :
« IL N’Y A PAS DE PURGATOIRE — C’EST UNE INVENTION DES CATHOLIQUES. IL Y A LA VIE SUR TERRE, IL Y A LE CIEL… ET IL Y A L’ENFER.
— L’enfer ? C’est la vie sur terre !
— JE TE SOUHAITE DE BONNES VACANCES. »

John Irving, Une prière pour Owen (Seuil, 1989).

(Owen parle toujours en CAPITALES, cette irrégularité stridente est de son génial auteur…)

“Nous sommes meilleurs que ce que nous faisons.”

Photo © Ernesto Timor - Ciel changeant

shot: july 17 | printed: today | not so far from paris | bathroom meditation

J’ai fini ma brioche. Un petit déjeuner modeste… Au secours, a écrit quelqu’un sur la fenêtre de la salle de bains. Puis le téléphone qui sonne à six heures du matin. J’ai conduit mes deux petites-filles à l’école. Et maintenant, pour la seconde fois de la matinée, je suis assis dans la Pasticceria Dante. Aurais-je pu écrire ces mots moi-même ? Pour la seconde fois de la matinée, je bois un cappuccino, je mange une brioche, je lis les journaux que je fais semblant de mépriser. Un modeste petit déjeuner une deuxième fois. Comme les hommes qui se marient une deuxième fois en faisant très attention. Je souris. On affecte de mépriser des choses, me dis-je, mais on continue quand même de les faire. Nous sommes meilleurs que ce que nous faisons. Cette sensation qu’on me parle, comme de l’extérieur, est étrange. Dans le couloir indéfinissable d’un hôpital municipal. Était-ce comme cela pour Marco ? Des voix extérieures, impossibles à contrôler ? Est-ce ainsi qu’on est amené à écrire des choses sur une fenêtre sans en avoir conscience ?

Tim Parks, Destin.

C’est normal si vous ne comprenez pas tout dans le détail, et peu importe. C’est pour vous donner envie de lire le reste du roman (et tous les autres de Tim Parks du reste). Quant à l’image, je parie qu’elle aurait pu être prise dans le couloir des toilettes de la Pasticceria Dante (en travaux de toute éternité). Même si je ne suis pas descendu si loin.

Aux frontières de la logique

Photo © Ernesto Timor -

shot: august 17 | printed: today | devoluy (alps) | zen park

Un adage du zen nous dit : celui qui atteint son but a manqué tout le reste.

C’est Christophe André qui vient de remettre ça dans mon oreille, lors d’une de ses modestes et précieuses chroniques radiophoniques quotidiennes intitulées la vie intérieure. Voici, si on la lit bien et sans trop de complaisance pour ses tendances à errer sans but, une jolie formule, possible antidote à tous les volontarismes agités !
Pour en revenir aux travaux pratiques, la sagesse à pied, j’ai découvert la rubalise électrifiée, nouvelle limite improbable qui m’a consolé du sommet non atteint.

Le démolisseur sur rendez-vous, et autres métiers rêvés

Un nouveau side-project de ricochet entre les mots de François Chaffin et les photos d’Ernesto Timor, appuyé à la création de 51 mots pour dire la sueur par le Théâtre du Menteur.

 

Dans la tradition des clichés de travailleurs posant avec la solennité de leur fonction, je réalise une galerie de portraits d’anonymes qui figurent des métiers imaginaires. Il se présentent à nous avec leur nom et le métier qu’ils se sont choisis, incarnation éphémère d’une vocation impossible ou allusion grinçante au monde du travail réel. La scène est sobre et plausible : rien de plus qu’un geste, un outil improbable, une façon d’être, lumières et décors naturels…

Les textes accompagnant ces portraits sont signés François Chaffin, résonant avec sa création de 51 mots pour dire la sueur, farce poétique et politique autour du travail, qui sera sur scène début 2019. D’abord dérivées du texte du spectacle, ces présentations fictives se nourrissent par la suite de ce que lui inspirent les diverses personnalités photographiées, à la tête du client en somme…

[Edit octobre 2018] La réalisation des photos touche bientôt à sa fin, les textes commencent à être écrits… des aperçus paraissent au compte-gouttes en amont de la création par le Théâtre du Menteur. L’intégrale se donnera à voir ensuite en ligne. En parallèle nous espérons une véritable exposition itinérante, ainsi qu’une publication en livret… Il est temps de vous dépêcher si vous êtes vous même tenté-e de postuler (dossier sur demande) !

Attention, nouveau titre ! Nous avons renoncé à “La gueule de l’emploi” pour éviter toute confusion avec un (excellent) film documentaire homonyme, et c’est l’occasion de coller un peu mieux à la composante imaginaire de ce projet…

 

Couverture dossier Le démolisseur sur rendez-vous, et autres métiers rêvés © Ernesto Timor

Dossier complet de présentation sur demande !

Galerie d’indiscrétions sur le travail en cours, par ici


 

ESSAYEUR. toutes catégories. du vêtement aux avions de la nourriture au parfum des prothèses aux stylos j’essaye tout et n’importe quoi. dedans dehors et jour et nuit mon métier c’est d’essayer. et là j’essaie de t’en parler. attention il y a ceux qui essaient encore. mais ce n’est pas la même chose. eux ce sont des essayeurs encore.

Quelque chose suit son cours : recueil en quête d’éditeur

Quelque chose suit son cours est un recueil de photos âpres voire désespérantes (dont je reconnais la paternité) compliqué par un texte obscur (signé Jean-Louis Baille), on ne s’étonnera pas qu’il n’ait pas encore trouvé son éditeur… On ne perd pas espoir, ce titre l’interdit par essence, mais on a décidé de cesser d’attendre. Voici ce projet en libre accès à l’écran, à feuilleter comme un vrai livre (et s’il se cache un éditeur intéressé parmi les visiteurs, qu’il se dénonce !)

 

Mode d’emploi du feuilleté ci-dessous.
Cliquer sur l’icône du plein écran, sinon ce sera tout petit !
Ce n’est pas (encore) un vrai livre, pas de doubles pages mais des planches uniques, format carré.
Ce n’est pas téléchargeable, c’est juste pour regarder…
Les liens qui surgissent à la fin sont des pubs offertes par Issuu, sans aucun rapport avec ma production…

Pour une présentation complète (intention, cv des auteurs, extraits), veuillez charger ce dossier (cliquez sur la couverture)… Dossier de Quelque chose suit son cours