Bavardages : comment photographier entre les lignes

Photo © Ernesto Timor

Jeux d’une fois ou relations suivies… j’ai toujours aimé me prêter à des échanges de web ou de papier avec des correspondant(e)s, ceci au sens large.
Je ne parle pas ici des commandes au sens strict, où il faut tenter d’être à la hauteur de la proposition, me mettre au service d’un projet pluridisciplinaire plus vaste (suivre en particulier le tag arts vivants de mon site pro pour des exemples de ça).
Je ne parle pas non plus des collaborations avec celles et ceux dont la présence est au centre des plus humaines de mes images (les “modèles” et autres inspiratrices)…
Non, il va s’agir ici plutôt d’échos d’auteurs… de plumes proches qui écrivent en rebond à mes images, de créations artistiques autour desquelles je brode à ma manière, d’expérimentations collectives sur le web, de correspondances photographiques avec des ami(e)s…
Processus souvent merveilleusement inutile, chronophage… et précieux quand même ! Et qui de temps en temps a la chance de se concrétiser en projets exposés ou publiés d’une façon ou d’une autre !

Petit digest de mes collaborations photographico-littéraires, avec liens vers le dehors quand une publication existe ou vers mes archives quand une forme de compilation a pu se faire… Vous pouvez aussi explorer le mot-clé Echo de ce site pour partir à la pêche aux annonces…

Auteurs avec qui une collaboration est sur le feu, ou n’a pas fini de refroidir.
Les bavardes (ancienne série).

C’était le nom d’une rubrique de feu mon site Trompe-la-mort , d’une gamme de livrets sur Image Latente (le site)… Emmêlées à mes échos photographiques, on y retrouvait en particulier les plumes de Milady Renoir, Alexandra d’Orléans, Sandrine Rotil-Tiefenbach.

Les bavardes (nouvelle série).

Une partie de tout cela est en cours de restauration dans une collection de séquences qui a conservé cet intitulé des Bavardes, à retrouver dans la section L’Enfer de ce site !

Jeux de correspondance sur le Net.

J’en ai tenté plusieurs, mais n’y fais jamais de vieux os, pour une raison ou une autre. J’ai joué en particulier avec les Vases communicants (réseau mouvant de blogs à tendance littéraire, on va publier chez l’autre, et réciproquement  un vendredi par mois…  voir mes quelques posts classés dans vases communicants) ; aussi avec les Rendez-vous sur prises (où NM nous faisait faire une photo en temps et en heure, en réjouissant arbitraire, traces ici).

Un titre (la machine à broyer du roman)…

Une géniale moulinette à générer de la poésie visuelle et/ou éditoriale, signée de mon camarade Omer Pesquer. Le visiteur entre son nom de plume, le générateur de couverture de romans fait le reste, titre et visuel !… La collection fictive Editions Irrégulières turbine à partir d’une sélection de mes images… On gagne presque à tous les coup, addiction possible ! Succès phénoménal du dispositif, qui a généré plus de 3 millions de couvertures et dont parlent quantité d’articles sur le Net ! A vous de jouer !

 

 

Toi Tu : Ferme de Bel Ebat, Guyancourt (78), mars 2014

Comme ça leur vient

Cette page compile le meilleur des retours des lecteurs sur Mon lieu secret !
Non exhaustive mais évolutive, elle se nourrit de vos impressions, du petit mot au grand développement. Toutes nouvelles paroles bienvenues (par mail ou formulaire) !

Mais aussi… Revue de presse : compilation d’articles sur cette page. | Les entretiens (y compris radiophoniques !) sont sur cette page


À révéler mon lieu secret à d’autres paires d’yeux
— d’autres destinataires !
puis-je garder à discrétion, à défaut de mystère
le lieu d’être de mon secret
sans y voir soudain déballé
ce que je chéris mieux
— sans être avaricieux…
loin des regards, loin des curieux et tous les tralalères ?
À promener mon lieu secret, à ce moment précis
du dedans au dehors
sur le théâtre de la vie, parmi tous ces décors
tel qu’en moi, je le lie, l’endroit
où, tout ce que je lis, c’est moi
jusqu’à le résumer
à sa plasticité
dans la geste photographique d’Ernesto Timor

Tiniak Le Niak, bloggueur sur paVupApRi

 

Ernesto a bien plus que du talent et en plus c’est un chic type, ce qui ne gâche rien à l’affaire.

Gordon War, photographe et animateur de lieu d’expo (Espace Bis à Tournai, Belgique).

 

(…) C’est une ville, voilà, une ville avec des gens, qui vivent là. Une ville comme elle vient, comme elle est venue au fil du temps et des aventures humaines, dont les photos nous donnent à entr’apercevoir, sous des angles des cadres et des profondeurs de champs tous différents, autant de pièces d’un puzzle en 3 D à jamais incomplet. Et puis des gens reliés à chacune de ces pièces, pour des raisons qu’au fond eux seuls connaissent, et alors même que ces pièces n’existeraient pas sans eux. En tout cas pas comme ça. A la clé, sous une apparente simplicité, et malgré les quelques mots signalétiques (au sens large), un mystère qui reste entier, un espace où l’on peut rêver des vies.

Sylvie Zammit, directrice des affaires culturelles en Essonne.

 

C’est vraiment un beau travail. (…) Lieux faits secrets de l’amas d’un temps plus intérieur… des traces singulières… J’ai été frappé, moi qui ai peu l’habitude de la fréquentation des recueils de photos, de l’impact des grands formats dans le “saute-aux-yeux…”

Jean-Louis Baille, co-fondateur de la Cie des Indiscrets (Limoges).

Félicitations ! Superbe impression, mise en pages impeccable, rythmique imparable, textes adaptés, très belle réussite !

Leopold Baiwir, photographe à Lyon, ancien professeur de cinéma en Belgique.

Ces photos sont étonnantes et belles, elles m’ont sauté aux yeux ! Les personnes sont raffinées, les endroits décalés, le tout est harmonieux et lumineux.

Véronique Gaudin, artiste (Paris).

Ernesto travaille souvent pour le théâtre. Est-ce un hasard ?
Via la réalité de ces sujets, il nous fait entrer, nous convoque, dans le théâtre complexe et poétique de son imaginaire.
Et nos yeux d’entamer un parcours labyrinthique dans une ville fantasmagorique.
Est-ce vraiment Lyon qui nous est montrée, au travers des lieux choisis par ses habitants ?
Est-ce vraiment un travail de portrait ? Bien sûr, les visages. Bien sûr, ces modèles d’un jour (toutes les photos ont été “posées”, rien n’est pris sur le vif.) Mais ne nous faut-il pas aller au delà de la perception du “simple” portrait pour appréhender ce livre ?
Comme si le photographe avait pris le parti de mêler les sujets humains, qu’il les connaisse ou non, à leur décor. De leur rendre hommage pour nous inventer une ville rêvée, sa ville rêvée. Dans sa somptueuse lumière personnelle, d’où émane (toujours) une étrange et fascinante poésie.
Ce travail, je le perçois comme un de ses lieux secrets à lui.
Qu’il nous offre et nous dévoile, au fil des lieux, au fil des visages rencontrés, en toute pudeur.
J’ajouterai quatre mots : Ernesto, thanks for sharing…

Nathalie M. (Mondes sensibles)

J’aime beaucoup ton travail, les gens, ton œil sur eux et la façon dont ils te témoignent leur confiance. Je crois que je suis touché. C’est fou mais j’ai l’impression que les photos me parlent au point de m’être familiarisé avec chaque personne !

Julien Agret, graffeur (Lyon).

Bien sûr mon lieu secret est un garçon de café, bien sûr il demandait un peu de douceur d’approche avec ses bras de velours et ses yeux de biche, bien sûr pour aller jusqu’à mon lieu secret, quel autre photographe qu’Ernesto aurait pu m’accompagner ? Qui mieux que lui aurait pu tout en pudeur me laisser passer derrière le comptoir sans effrayer ce moment qui d’habitude est sauvage comme un oiseau… Un lieu secret est toujours secret même pour soi-même, il révèle une part de nous à moitié dans l’ombre, à moitié dans la lumière, et même si l’ombre et la lumière font l’amour, on est toujours au seuil d’une surprise quand on se voit là. C’est pourquoi le projet de mon lieu secret est magique et les photos du livre sont magiques, d’avoir capturé des instants clés, des sortes d’équations qu’on ignore et qui nous ignorent avant d’être vues…Bravo pour toute cette délicatesse et les étincelles vivantes partagées là…

Maguelone, l’Antre Autre (Lyon).

Ce que je vois en premier c’est une personne, une immobilité tranquille et un peu secrète. Je ne me sens pas invitée à entrer mais plutôt à effleurer. Effleurer les sensations de quelqu’un d’autre… Alors je ne tourne pas la page tout de suite, je laisse mon regard vagabonder. Ce qui me touche dans chaque photo ce n’est pas la première vision que j’en ai, c’est plutôt de découvrir à l’intérieur de chaque image un petit détail en clair-obscur qui se révèle doucement, une fenêtre de lumière qui donne une incroyable présence et clarté à un détail qui aurait pu être insignifiant.

Lucie Catsu, metteur en scène, Cie Le chat perplexe (Aubusson).

Qu’est-ce ? Qui suis-je ?

C’était moins bien avant

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tout est faux
faux-semblante
coquille écarquillée
fissurer l’Absolu
tout est vrai

(Sandrine Rotil-Tiefenbach)

Ce mois-ci au rayon frais de Trompe-la-mort, nous vous proposons une rareté remasterisée. Smoking revisited, Lire la suite

Avez-vous sauvegardé vos préférences ?

Photo © Ernesto Timor

shot: jan 10 | printed: today | watch me now i’m going down | paris

Cette année-là, dans la deuxième moitié de l’après-midi, ceux que j’aime eurent froid, mes fous eurent froid, mes fous préférés, les seuls dont j’aie jamais eu envie de parler, ceux dont j’ai toujours été amoureux et dont j’ai toujours cherché, par sympathie, par instinct, à partager le sort non enviable, Lire la suite