C’est beau le travail la nuit

Photo © Ernesto Timor - La Défense

shot: oct 17 | printed: today | la défense (paris) | no business no cry

Je resserre lentement mes cercles autour du sujet de mon prochain projet, L’animateur de ronds-points et autres métiers d’avenir. Parler du travail sans s’ennuyer, frotter le réel d’imaginaire, me cramponner à la vieille lune du portrait sans artifice mais vouloir marier cette série à une affaire de spectacle vivant… Je n’ai pas fini de démêler cette pelote d’envies contradictoires. En attendant, j’accumule les séances d’essai où le off me plait souvent mieux que l’idée initiale, c’est ici le cas, photo gentiment affranchie de la consigne ! Le sujet officiel de tout ça est développé ici, pour celles et ceux que cela intéresse à un titre ou un autre — même pour poser, profils patients et joueurs bienvenus !).

Le démolisseur sur rendez-vous, et autres métiers rêvés

Un nouveau side-project de ricochet entre les mots de François Chaffin et les photos d’Ernesto Timor, appuyé à la création de 51 mots pour dire la sueur par le Théâtre du Menteur.

 

Dans la tradition des clichés de travailleurs posant avec la solennité de leur fonction, je réalise une galerie de portraits d’anonymes qui figurent des métiers imaginaires. Il se présentent à nous avec leur nom et le métier qu’ils se sont choisis, incarnation éphémère d’une vocation impossible ou allusion grinçante au monde du travail réel. La scène est sobre et plausible : rien de plus qu’un geste, un outil improbable, une façon d’être, lumières et décors naturels…

Les textes accompagnant ces portraits sont signés François Chaffin, résonant avec sa création de 51 mots pour dire la sueur, farce poétique et politique autour du travail, qui sera sur scène début 2019. D’abord dérivées du texte du spectacle, ces présentations fictives se nourrissent par la suite de ce que lui inspirent les diverses personnalités photographiées, à la tête du client en somme…

[Edit octobre 2018] La réalisation des photos touche bientôt à sa fin, les textes commencent à être écrits… des aperçus paraissent au compte-gouttes en amont de la création par le Théâtre du Menteur. L’intégrale se donnera à voir ensuite en ligne. En parallèle nous espérons une véritable exposition itinérante, ainsi qu’une publication en livret… Il est temps de vous dépêcher si vous êtes vous même tenté-e de postuler (dossier sur demande) !

Attention, nouveau titre ! Nous avons renoncé à “La gueule de l’emploi” pour éviter toute confusion avec un (excellent) film documentaire homonyme, et c’est l’occasion de coller un peu mieux à la composante imaginaire de ce projet…

 

Couverture dossier Le démolisseur sur rendez-vous, et autres métiers rêvés © Ernesto Timor

Dossier complet de présentation sur demande !

Galerie d’indiscrétions sur le travail en cours, par ici


 

ESSAYEUR. toutes catégories. du vêtement aux avions de la nourriture au parfum des prothèses aux stylos j’essaye tout et n’importe quoi. dedans dehors et jour et nuit mon métier c’est d’essayer. et là j’essaie de t’en parler. attention il y a ceux qui essaient encore. mais ce n’est pas la même chose. eux ce sont des essayeurs encore.

La vie intérieure

Photo © Ernesto Timor - Coucou

shot: june 17 | printed: today | lyon | sit still #1

Photo © Ernesto Timor - Coucou

shot: june 17 | printed: today | lyon | sit still #2

Photo © Ernesto Timor - Coucou

shot: june 17 | printed: today | lyon | sit still #3

“Les rêves pourraient nous donner des informations sur votre maladie, a dit Ruggero. Je suppose que vous rêvez d’eau.”
J’ai ouvert de grands yeux. J’étais en train de terminer un livre qui s’appellerait Rêves de fleuves et d’océans. Mais je n’allais pas le lui dire.
“De temps en temps” ai-je répondu.

Tim Parks, Le Calme retrouvé / Teach Us to Sit Still (Actes Sud, 2012).
Le titre français est hélas moins subtil que le titre original, comme pour ce que j’ai lu d’autre de l’excellent Tim Parks (par exemple The Server bêtement et commercialement transposé en No Sex, le comble de la malchance pour un écrivain par ailleurs traducteur !).

 

Pour que tu ne perdes pas le fil : suite de films photographiques, 2017

Dans la ligne (sinueuse et brisée plus que droite) de Mes champs visuels, un side-project a vu le jour : Pour que tu ne perdes pas le fil.
Ça aurait aussi bien pu s’appeler Chacun(e) son lien, et cette nouvelle saga de films photographiques est mise en musique par le guitariste Jeff Duschek.


On retrouve la pelote de cordeau qui servait à cadrer les paysages de Mes champs visuels, puisque tout part de là… Pour le reste, l’approche est opposée, à moins qu’elle ne soit complémentaire : l’humain se défragmente, revient au premier plan, c’est lui qui décide comment tout cela va se dérouler, en s’impliquant à des degrés divers. Je lâche chacun-e dans un espace clos, souvent chez lui-elle, il-elle y tisse sa toile à sa façon, se prend les pattes dedans exprès ou pas, en tous cas ça performe plus que ça ne pose…
Ce basculement du côté de l’incertain et du vécu intime a fait aussi changer le mode de restitution : c’est le chemin qui importe, ses tentatives et ses retours sur soi, il faut pouvoir glisser le long de cette profusion d’images intermédiaires, et ça passe donc par des montages en petits films photographiques, autant que de rencontres…

Un musicien m’a rejoint dans cette aventure : Jeff Duschek fait gémir ses guitares hypnotiques sur les bandes originales de chacun de ces épisodes.
« De la matière sonore enveloppe les images. Dans les tréfonds de la musique libre et (parfois) improvisée, je fais retentir mes compagnes d’acier et mes plus chaudes lampes. Accompagnant le fil qui se déroule, la guitare à bout de bras et la tête dans le cosmos, une âme post-rock dans un corps contemporain ! »

 


Printemps 2017 : performance live. Jeff Duschek performe en live sur la projection de l’intégrale à  ce jour (8 épisodes en 2 sets, une petite heure en tout), à la Méduze (Lyon 1er) le 27 avril 2017, à l’occasion de la soirée de vernissage de l’expo Tiré au cordeau (où l’on retrouve, entre autres, un grand accrochage de Mes champs visuels

Photo et graphisme © Ernesto Timor

Laissez-vous embarquer (en montant le son, plein écran et en HD de préférence) !

 

(bande son live)

(bande son live)

 

Au sommaire de ces aperçus en ligne (extraits du work in progress)

#1, Nel 7’01. #2, Supasam 2’53. #3, Clarisse 7’48. #4, Scha 5’27. #5, Sabryx 8’09. #6, Jeff 4’04. #7, Amélie 6’37.

La numérotation est chronologique et c’est le nom de chaque personne qui donne son titre à l’épisode.

Vanité des beautés métropolitaines

Photo © Ernesto Timor - Marine contemplant le métro aérien, Paris

shot: mar 08 | printed: today | paris | you tube

Debout, Gabriel médita puis prononça ces mots :
— L’être ou le néant, voilà le problème. Monter, descendre, aller, venir, tant fait l’homme qu’à la fin il disparaît. Un taxi l’emmène, un métro l’emporte, la tour n’y prend garde, ni le Panthéon. Paris n’est qu’un songe, Gabriel n’est qu’un rêve (charmant), Zazie le songe d’un rêve (ou d’un cauchemar) et toute cette histoire le songe d’un songe, le rêve d’un rêve, à peine plus qu’un délire tapé à la machine par un romancier idiot (oh ! pardon).

Raymond Queneau, Zazie dans le métro


Après j’arrête

Photo © Ernesto Timor

shot: dec 15 | printed: today | lyon | my very own bookshelf

J’arrête quoi ? Euh, déjà de jouer à la marchande, de surcroît travesti(e) en Père Noël (je sais, c’est moche).
Mais avant d’arrêter, deux annonces encore, l’actualité du livre cette fois !


Comme annoncé et repoussé maintes fois, Les Ardents éditeurs, spécialisés en beaux livres portant sur le Limousin, publient Cogner le granit ! Je viens de le revevoir, comme en atteste l’image ci-dessus.
Sous la signature collective du Chat perplexe, compagnie qui a porté dans toute sa transversalité le projet Eclats de pierres éclats de vie, on retrouve ici beaucoup du matériau d’histoire vivante glané tout le temps de cette aventure sur les traces des tailleurs de pierre italiens en Creuse. Une partie actuelle reprend les récits récoltés par Jean Métégnier et une bonne part de mes photographies des paysages et des portraits de témoins exposées dans Le fil de la pierre ; une partie archives regorge de photos d’époque commentées en détails ; un CD joint donne à entendre paroles et créations sonores d’Estelle Coquin…
Se trouve sur commande dans toute librairie ou auprès du Chat perplexe… ou au hasard des Marchés de Noël du Limousin (je savais que je vous ferais rire). Quelques aperçus et des mots en plus sur ce post (sur Timor Rocks !).


Photo et graphisme © Timor Rocks !

Le petit lot (suggestion de présentation).

 

Dans un autre genre, bondissez sur ce petit lot de Noël aux éditions Image Latente ! Mes champs visuels sous une forme alléchante, inédite… pour ne pas dire luxe !
Le petit lot comprend :
• les deux livres parus (Cycle #1 et Cycle #2),
• un tirage signé d’une des images de la série, à choisir dans une galerie en ligne.
Le tout au prix de 25 € (port compris) ! Offre valable jusqu’à épuisement du stock, ou au plus tard le 31 janvier 2016 !
Précipitez-vous (sur Image Latente) !


Autoportrait en dissocié cérébral

1511-life1759

shot: nov 15 | printed: today | beauvais (north of france) | eat my brain

Aucun végétal n’a été maltraité pour les besoins de cette photographie, il s’agit là d’un étonnant chou en céramique signé Jean-Michel Savary, dans le joli petit jardin du Mudo à Beauvais, sur ma route (ph)automnale vers Hippolyte



Ecots à l’écho

Photo © Ernesto Timor

Autoportrait en chevalier noyé dans un verre d’eau…

Texte et réalisation © Ernesto Timor

Le pourquoi…

Mon double écho à Bayard

J’ai le plaisir d’avoir été retenu pour l’expo collective Ecots à l’écho, dans le cadre du festival Les Photaumnales, une édition “en écho” à Hippolyte Bayard.

Ci-dessous le texte par lequel, pour une fois, je m’explique en paroles sur ma photographie…

Ajouter mon écot à l’écho à Bayard, oui, plutôt deux fois qu’une !

Hippolyte Bayard, membre éminent du peloton des inventeurs de la photographie, est à ce seul titre déjà un héros ! Mais aussi un superbe loser, un de ceux dont le mérite est à peu près passé à la trappe, que la gloire et la richesse ont ignoré — et qui, de cette mésaventure, a su faire un nouveau tour d’alchimie en réalisant son macabre autoportrait pour de rire. J’aime bien voir là une parenté avec ce qui anime ma propre photographie depuis longtemps, cette manie tragi-comique…

Et puis Bayard, l’illustre homonyme autrement plus célèbre, dont on apprenait naguère les exploits chevaleresques. Celui-là a bercé toute mon enfance, car mon patronyme — Sampeur — déclenchait et déclenche encore l’inévitable « sans peur et sans reproche » qui à force de martèlement donne envie d’en finir avec l’état civil (d’ailleurs pour pratiquer la photographie je me cache tant bien que mal sous le pseudonyme de Timor !).

Or donc, j’ai fusionné les deux filiations brumeuses en cette image d’un chevalier Bayard noyé dans son verre d’eau. Bah, ce n’est pas sérieux, ce n’est qu’une photographie.

Ernesto Timor

Photaumnales, Beauvais (60), du 19 septembre au 29 novembre 2015.
L’exposition se tient à la Galerie nationale de la tapisserie.
www.photaumnales.fr


État des lieux (Un livret de la collection Les Bavardes)

Photo © Ernesto Timor

shot: may 09 | reprinted: today | paris | notepad (series)

État des lieux [Notepad], parut en 2009  dans les Parcours en marge, collection alors vécue comme side-project des Limites nous regardent. D’autant que Céline L., son héroïne, avait prêté sa voix talentueuse aux lectures associées à la présentation de ces Limites.

Mais ici nulle voix, et si la séquence est finalement intégrée aux Bavardes, c’est un peu par malice.

Un déménagement est l’occasion d’un état des lieux intime, la partante revit des moments clés de sa vie dans ces murs, elle en écrit dans sa chair les traces qu’elle seule sait déchiffrer. Telle est l’histoire vraie de cette prise de vue.

Pour plus de fiction, on se reportera au post qui annonçait la sortie de la séquence, avec copieux extrait d’Antoine Volodine, savoureux développement post-exotique sur les messages cryptés, qui n’est pas sans lien…

 

 

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