Dans la famille Temps-qui-passe…

Photo © Ernesto Timor - Marine en aiguilleuse

shot: jun 07 | printed: today | jura | tick-tock

… est-il encore temps de demander la nièce ? L’oncle étant bien entendu l’horloger de Saint-Paul.
Résurgence remastérisée d’une image icônique millésimée 2007, avec cadran de véritable horloge comtoise de clocher, papillon de rouille et muse d’époque… le délicieux décalage temporel du tout étant probablement imputable au passage à l’heure d’été ! ;-)

Un double de papier

Photo © Ernesto Timor - Jésus-Christ buvait de la bière

shot: mar 18 | printed: today | lyon | are you talking to me

Il y a des bouquins où vous vous retrouvez sans prévenir. “Le café sent l’Afrique ou Timor”, cette perle est le punctum de la page photographiée ci-dessus. D’ailleurs lisez-la en entier cette page, nonobstant sa netteté sélective, oui oui, jusqu’à “Il s’approche de la fenêtre et, avec tout la nostalgie qu’il est capable de convoquer en pleine gueule de bois, regarde vers l’infini, un lieu qui se déploie de l’autre côté des fenêtres.”
Cela sort d’un roman portugais découvert par hasard (attiré par l’illustration d’un décapsuleur croisé en couverture, dois-je dire), qui s’est avéré un petit bijou, créativement dingue sans être délirant, le mieux est de le lire à votre tour…
Jésus-Christ buvait de la bière, Afonso Cruz (éd. Les Allusifs, 2015).

Le point de vue où j’en suis

Photo © Ernesto Timor - Où est le point

shot: feb 18 | printed: today | outskirts of paris | sweet and soft #1

Le jour où tu trouveras des titres moins alambiqués, Ernesto, tu éveilleras sans doute moins l’intérêt des plus cérébraux-a-l-e-s de tes ami-e-s, mais ce sera signe que tu vis plus simplement ! Bref, voici la recette du cocktail : Le point de vue où j’en suis = Le point de vue de ma fenêtre + Le point où j’en suis, deux de mes formules magiques rituelles. Ça vaut bien deux photos pour le prix d’une (et un petit effort d’entretien des trains qui ne vont pas à grande vitesse, si on est frustré par les vitres qui arrêtent le regard, ce qui n’est pas forcément mon cas, ah là là…) !

 

Photo © Ernesto Timor - Où est le point

shot: feb 18 | printed: today | outskirts of paris | sweet and soft #2

Fulgurance au cabinet

Photo © Ernesto Timor - La mannequine

shot: jan 10 | printed: today | distant outskirts of paris | my condom for a horse

Beau sire, il est roi, soyez-en sûr, mais il fut blessé en une bataille et mutilé, de telle sorte qu’il perdit l’usage de ses jambes, c’est un coup de javelot dans les hanches qui l’a mis en cet état. Il en souffre encore, et tellement qu’il ne peut monter à cheval. Quand il veut se distraire, il se fait mettre en une barque et s’en va sur l’eau pêchant à l’hameçon : c’est pourquoi on l’appelle le Roi Pêcheur. Il ne peut supporter aucun autre exercice.

Perceval ou le Conte du Graal, Chrétien de Troyes.

(Photo de cette chimérique mannequine repêchée, comme le texte par association très libre, au fond d’un tiroir de ma mémoire…)

Les dépossédés

Photo © Ernesto Timor - Vive la défaite

shot: oct 16 | printed: today | jura | masters & servants

Qui veut être le maître se perd, qui veut par dessus tout compter au nombre des possesseurs ne se maintiendra qu’en dépossédant tous les jours tous les autres.

Défaite des maîtres et possesseurs, Vincent Message (éd. Seuil, 2016).

Quelques petites clés pour expliquer le rapprochement de ces fragments d’image et de texte…
Le visuel provient d’une séquence que je garde encore un peu dans la nuit de mes caves d’affinage — trop dure et intense pour décider vite vu d’en faire quelque chose. Comme aux frontières de l’humanité. Du coup c’est à elle que j’ai pensé quand j’ai cherché quelle photo je pourrais bien montrer pour parler de cette Défaite des maîtres et possesseurs. La même difficulté, et ce n’est pas pour rien, que toutes les fois où j’ai voulu citer Volodine, un de mes auteurs de chevet, particulièrement irreprésentable sous peine de sombrer dans le cauchemar éveillé, ce qui n’est pas ma ligne photographique…
Et ce roman donc, je ne l’ai pas (encore) lu, mais découvert transposé sur scène au festival d’Avignon. Incarné de façon sobre et bouleversante par Marik Renner et Nicolaï Martel dans une mise en scène signée Nicolas Kerszenbaum, compagnie Franchement, tu. Précisément sans tellement d’images, sans pathos ni éclats, juste l’effroi d’être humain… A voir si vous êtes par là-bas (jusqu’au 28 juillet, collège de la Salle à 13h15).

Sous le soleil à retardement

Photo © Ernesto Timor - Contretype

shot: sept 10 | reprinted: today | paris | sweet negative

C’que c’est beau la photographie
Le soleil qu’on fait prisonnier
Pas d’raison pour qu’on les oublie
Les p’tites femmes en p’tite robe d’été

C’que c’est beau la photographie
Bougeons plus ! l’amour va passer
1, 2, 3, c’est la plus jolie
Agrandie, vous l’encadrerez.

On sourit pour l’éternité.

Plus sautillant que mes morceaux choisis littéraires habituels, non ?
C’est ce qui ouvre Le soleil qu’on fait prisonnier [Aperture], une somme qui, en trois chapitres, propose la synthèse d’une collaboration étalée sur plusieurs années avec la rousse Kitsune. Ça ne nous rajeunit pas du point de vue de la date des clichés (de 2009 à 2011) mais ça rafraîchit le regard !
Même si ce grand voyage contrasté entraîne parfois au bord du vide ou au cœur des noirceurs, tout ceci n’est qu’un jeu, à commencer par le titre, emprunté… aux Frères Jacques, dans cet extrait de C’que c’est beau la photographie !
Quant à l’image extraite de l’affaire, elle est merveilleusement représentative de l’intention… mais beaucoup moins de l’esthétique de l’ensemble, tout cela étant full colour et en positif !!

Ceci constitue le dernier livret paru en Enfer, hop !

Y a-t-il une vie après les prolongations ?

Photo © Ernesto Timor - Espace nu

shot: sept 10 | reprinted: today | paris | the empty project

Le joli mois de mai n’est plus, et avec lui s’achève mon expo (prolongée) à La Méduze. De quoi se sentir un peu vide et désemparé, quand on a quelque souci avec l’impermanence, d’où cette image en forme de lot de consolation symbolique, sans doute. Pour regarder vers l’avenir, Mes champs visuels s’exposeront sans doute encore, flanqués de la projection-concert expérimentée avec bonheur grâce à mon comparse Jeff Duschek autour de Pour que tu ne perdes pas le fil. Toute proposition d’accueil de tout ou partie de ce projet sera étudiée avec la plus grande attention, n’hésitez pas à faire signe, si vous êtes organisateur-trice ou connaissez quelqu’un qui… ;-)

Veuillez excuser la gêne occasionnée

Photo © Ernesto Timor - Comme un pélican sur un quai de gare

shot: apr 17 | printed: today | brest (brittany) | not a fish

Je ne manque jamais de glisser un petit billet poissonnier au premier jour d’avril, c’est plus fort que moi. Mais cette année non, où avais-je la tête. J’ai quand même commis une photo spéciale se rapportant au sujet mais en fait c’est plus dramatique que drôle, ce qui colle à notre époque formidable plus qu’à la date exacte. Alors je peux bien la poster avec deux jours de retard…

Comme un aviateur dans un ascenseur

Photo © Ernesto Timor - Part-Dieu

shot: jan 17 | printed: today | lyon | give me a lift

Je suis sorti, je me suis arrêté sur les marches, l’avais-je bien remerciée, ou alors j’étais parti en murmurant mon au revoir, et merci ? Il m’arrive de parler plus bas que terre comme qui dirait. Je me souviens de plus en plus mal des choses du jour. Parfois, mes pas me mènent vers l’avant mais ils pourraient aussi bien décider de faire demi-tour, ou de m’avancer en arrière. La pluie s’était arrêtée. J’ai espéré qu’on ait de la neige ces prochaines semaines pour le plaisir enfantin que ça me donne, et puis, parce que j’ai pris des photos de banlieue sous la neige depuis plus de quarante années, et j’avais vraiment tout mon temps aujourd’hui, pour continuer.

Photos volées, de Dominique Fabre (éd. l’Olivier, 2014).

Un roman triste sur un gars débarqué de la société un peu tôt à son goût, et qui se raccroche plus ou moins à son passé de photographe. Certes bourré d’erreurs sur le sujet de la photo mais touchant à plus d’un titre…
Ma photo aussi elle est un peu volée, volée à la rue. Quant au titre du post il me vient d’Higelin, c’est nostalgique aussi mais en plus drôle.

Voilà les Dalton

Photo © Ernesto Timor - Feu rouge

shot: dec 16 | printed: today | outskirts of lyon | criss-cross #1

Photo © Ernesto Timor - Feu vert

shot: dec 16 | printed: today | outskirts of lyon | criss-cross #2

Avec mes excuses pour ce titre misérable, mais en ce jour j’aime encore mieux ça que de réchauffer un fond de sauce sur la métaphysique du carrefour ou la vie sans visibilité… ;-)