Irregular est mort… vive Irregular !

Photo © Ernesto Timor - poussin qui miaule

shot: apr 18 | printed: today | lyon | meow

Irregular s’arrête. Etonnant, non ?
Avec le temps, il était devenu sans doute trop regular, en tous cas je vais tenter de retrouver un peu de la fraîcheur de mes intentions premières. Une page blanche plutôt qu’une zone trop étroitement formatée. Parfois j’y poserai une image unique mais plus grande et plus présente, parfois plein de photos, en diaporama ou en ribambelle de souvenirs. L’envie aussi d’écrire davantage, être plus explicite (ces textes seront escamotables ou pas, pour ne pas polluer le champ visuel de ceux qui se méfient des mots…). Pour libérer simplement ce nouveau laboratoire des contraintes du reste du site, il volera de ses propres petites ailes, à cette adresse : On a deux vies ! 

Le reste de ce site n’est pas affecté, les rubriques habituelles proposent les nécessaires présentations ou traces des projets, les portfolios de best of… Quant aux archives d’Irregular, elles demeurent bien sûr accessibles sous leur forme d’origine.

A bientôt, ici ou là !

Le point de vue où j’en suis

Photo © Ernesto Timor - Où est le point

shot: feb 18 | printed: today | outskirts of paris | sweet and soft #1

Le jour où tu trouveras des titres moins alambiqués, Ernesto, tu éveilleras sans doute moins l’intérêt des plus cérébraux-a-l-e-s de tes ami-e-s, mais ce sera signe que tu vis plus simplement ! Bref, voici la recette du cocktail : Le point de vue où j’en suis = Le point de vue de ma fenêtre + Le point où j’en suis, deux de mes formules magiques rituelles. Ça vaut bien deux photos pour le prix d’une (et un petit effort d’entretien des trains qui ne vont pas à grande vitesse, si on est frustré par les vitres qui arrêtent le regard, ce qui n’est pas forcément mon cas, ah là là…) !

 

Photo © Ernesto Timor - Où est le point

shot: feb 18 | printed: today | outskirts of paris | sweet and soft #2

Pas de photos, merci Marie-Louise

Photo © Ernesto Timor - Les images cueillies au passage...

shot: dec 17 | printed: today | paris | butor on plossu

Les images cueillies au passage, comme un insecte sur lequel la main se ferme, et l’on n’est même pas sûr de t’avoir attrapé. On ne sent presque rien, seul un petit grattement-frôlement qui pourrait venir d’autre chose. Alors on écoute. Il y a bien un léger bourdonnement. On ouvre les doigts un par un. On aperçoit le bout de l’aile, un fragment de monument, de l’herbe, des lianes, des barrières, une patte, un œil un fit électrique semblable à une antenne. On referme la main sur son trésor avec un peu de gêne, puis on ouvre brusquement les doigts, et l’on est tout heureux de voir s’envoler ce beau moment, ailes intactes, tandis que l’on recommence à boire le paysage à grandes goulées dans l’éclaboussement des arbres.

Des mots bien nets de Michel Butor sur des photos bien floues de Bernard Plossu, traces d’un voyage Paris-Londres-Paris de 1988 revues lors de la colossale exposition Paysage français actuellement à la BNF à Paris. Et j’avoue que ce fragment vibrant et imparfait faisait chaud au milieu de ces répétitives missions d’inventaire de nos tristes tropiques, parfois très beau (surtout aux temps fondateurs de la DATAR) mais le plus souvent désespérément post-moderne… Tiens pour la peine ma seule photo sera celle des mots.

Faisceau de présomptions

Photo © Ernesto Timor - Croisement

shot: nov 17 | printed: today | creuse (center of france) | crisscross

Un peu à la manière de, mais sans intention de donner dans la contrefaçon.
Et donc pour les routes de campagne quelque part entre le chien et le loup (et bien d’autres paysages subtils), la référence indéboulonnable est bien sûr angelle, notez-vous d’y faire un détour quand vous ne serez pas pressés…

Griffonnages

Photo © Ernesto Timor - Vautour fauve

shot: sept 17 | printed: today | vercors (near the alps) | griffon vulture (far)

On peut être un acharné du grand angle et aimer observer les piafs, la preuve. Ça va celui-là est grand (très). Et je suis gentil (très), j’ajoute à la vue plein cadre un colossal agrandissement pour que vous puissiez y compter les plumes.
C’est donc un vautour fauve (je savais) mais c’est lui qu’on appelait avant le griffon (je savais pas, je croyais que c’était un monstre de légende). Pour les chemtrails à côté, je sais pas… ;-)



Photo © Ernesto Timor - Vautour fauve

shot: sept 17 | printed: today | vercors (near the alps) | griffon vulture (closer)

“Nous sommes meilleurs que ce que nous faisons.”

Photo © Ernesto Timor - Ciel changeant

shot: july 17 | printed: today | not so far from paris | bathroom meditation

J’ai fini ma brioche. Un petit déjeuner modeste… Au secours, a écrit quelqu’un sur la fenêtre de la salle de bains. Puis le téléphone qui sonne à six heures du matin. J’ai conduit mes deux petites-filles à l’école. Et maintenant, pour la seconde fois de la matinée, je suis assis dans la Pasticceria Dante. Aurais-je pu écrire ces mots moi-même ? Pour la seconde fois de la matinée, je bois un cappuccino, je mange une brioche, je lis les journaux que je fais semblant de mépriser. Un modeste petit déjeuner une deuxième fois. Comme les hommes qui se marient une deuxième fois en faisant très attention. Je souris. On affecte de mépriser des choses, me dis-je, mais on continue quand même de les faire. Nous sommes meilleurs que ce que nous faisons. Cette sensation qu’on me parle, comme de l’extérieur, est étrange. Dans le couloir indéfinissable d’un hôpital municipal. Était-ce comme cela pour Marco ? Des voix extérieures, impossibles à contrôler ? Est-ce ainsi qu’on est amené à écrire des choses sur une fenêtre sans en avoir conscience ?

Tim Parks, Destin.

C’est normal si vous ne comprenez pas tout dans le détail, et peu importe. C’est pour vous donner envie de lire le reste du roman (et tous les autres de Tim Parks du reste). Quant à l’image, je parie qu’elle aurait pu être prise dans le couloir des toilettes de la Pasticceria Dante (en travaux de toute éternité). Même si je ne suis pas descendu si loin.