Le point de vue de ma fenêtre
Note d’imprévu

Note d’imprévu

L’actualité de la pandémie a rattrapé et impacté ce projet, lui donnant une résonance particulière. Avec l’instauration des mesures de distanciation et plus encore du confinement, voici que le fait de regarder le monde par sa fenêtre a pris une actualité saisissante. Au début, les journaux de confinement ont vite fleuri, relatant cette punition collective qui unit soudain les gens enfermés pour les mêmes raisons, trahissant aussi la disparité des conditions, tout le monde n’a pas la même vue… Beaucoup s’évadent par les écrans, ces autres fenêtres hypnotiques, mais il est à parier que les fenêtres sur le quartier auront rarement été autant scrutées, que ce soit avec une sensation d’étouffement ou une curiosité nouvelle pour cet espace miniature.

L’ironie est que le moment où l’on est largement sensibilisé à cette thématique est aussi celui où l’on ne circule plus et où inviter chez soi qui que ce soit d’autre que ses co-détenus est proscrit ! Pour me faire inviter à photographier les gens à leur fenêtre, il a donc fallu attendre : que l’on ait le droit, puis l’envie, de rouvrir sa porte et la curiosité de partager ça avec un photographe inconnu ! Les prises de vue ont enfin pu démarrer par à-coups, d’un confinement à l’autre…

Les périodes de repli et de frilosité sont mises à profit pour poser les jalons des rencontres à venir. En amont ouvrir des questions, aider les gens à s’interroger sur ce qu’ils veulent partager en se prêtant à ce projet — individuellement par mails et questionnaires, mais aussi en dialoguant par petits groupes à l’échelle d’une structure socioculturelle, quand des relais peuvent se mettre en place. Au moment des prises de vue, le dialogue reprend, lorsque j’enregistre ce que les participants ont à dire pour m’expliquer leurs choix de fenêtres.

Ce projet se déroule donc au long cours, à découvrir sur cette page du calendrier espéré