Parlez-moi d’amour

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Janvier 2018 – février 2019, Lyon. Orienté Objet, compilation #3.

Ils demeurèrent silencieux pendant peut-être cinq minutes, puis Vince se leva pour aller aux toilettes. Il ferma la fenêtre et sortit. Des milliers d’étoiles étincelaient et un croissant de lune brillait. L’éclat du ciel rendait les montagnes plus sombres. Vince s’arrêta pour les contempler. Sa vie n’avait-elle été jusqu’ici qu’un long sortilège dont il venait à l’instant de s’arracher ? Ou était-ce la situation actuelle qui l’arrachait à la réalité ? Les néons des toilettes s’allumèrent à son approche. Il soulagea sa vessie inquiète. Ou bien chaque état était-il une sorte d’enchantement, aussi valable que l’autre ? Chaque lieu est son propre sortilège, se dit Vince. Au retour, quelque chose le força de nouveau à s’arrêter et à regarder autour de lui. La masse des montagnes impose le respect, songea-t-il. Il détourna les yeux de la ligne découpée des sommets et conclut :
Je suis impressionnable.

Tim Parks, Rapides, (Actes Sud, 2006).

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Voici un troisième extrait de mon projet confidentiel-défense, Orienté Objet (voir la première publication pour quelques mots sur le sens de tout ça).
Dix-sept nouvelles photos prélevées dans la série, aujourd’hui façon obscur objet du désir. Les amateurs-trices de bestialité comme de rose romance resteront sur leur faim, il faut surtout être prêt à se mettre à quatre pattes pour observer de près les bricoles de rien qui font battre une vie…
Un extrait de mon Tim Parks adoré qui vole nettement plus haut, en mode auto-interrogatif, sur un peu le même sujet.