“Ne pas nous pisser dessus de trouille”

Photo © Ernesto Timor - Serre
Février 2020, Paris. La feuille à l’envers ?

Gabriel. — L’amour pour les spiritueux c’est le même amour que l’amour d’une mère pour son fils. Le même que l’amour d’un moine pour le Seigneur. C’est toujours ce même amour. Aimer les petits pains aux grains de pavot c’est la même chose que d’aimer son prochain. L’amour pour le sucré c’est cette même chose que l’amour pour Dieu. Aimer la viande grillée et aimer Jésus, c’est une seule et même chose, l’essentiel c’est d’aimer !
[…] Dieu est amour, un éléphant est amour, un gâteau est amour, Ben Laden est amour, une prostituée est amour. Tout est amour. Mon frère dit ça.
Rudolf. — Mais qu’est-ce que tu as à débiter ce genre de foutaises, Gabriel, ton frère ne peut pas dire ça, aucun prêtre ne parlerait comme ça, qu’est-ce que c’est que ces foutaises.

Ivan Viripaev, Les Enivrés (éd. les Solitaires intempestifs, 2014).

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Ce texte de Viripaev est énorme, sa mise en scène par Clément Poirée en clownerie métaphysique et incorrecte est énorme, Dieu est énorme, l’amour est énorme…
Je m’égare.

Le litre titre de ce post est le sage mantra qui clôt la pièce, découverte avec ravissement au TNP de Villeurbanne…