Il faut que le vent passe

Il faut que le vent passe

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Avril 2019, Lyon. Vent de bout.

L’homme, on a dit qu’il était fait de cellules et de sang. Mais en réalité il est comme un feuillage. Non pas serré en bloc mais composé d’images éparses comme les feuilles dans les branchages des arbres et à travers desquelles il faut que le vent passe pour que ça chante. Comment voulez-vous que le monde s’en serve s’il est comme une pierre ? […] Je ne dis pas que la pierre est morte. Rien n’est mort. La mort n’existe pas. Mais, quand on est une chose dure et imperméable, quand il faut être roulé et brisé pour entrer dans la transformation, le tour de la roue est plus long. Il faut des milliards d’années pour soulever le fond des mers avec des millimètres de boue, refaire des montagnes de granit. Il ne faut que cent ans pour construire un châtaigner en dehors de la châtaigne et quiconque a senti un jour de printemps sur les plateaux sauvages l’odeur amoureuse des fleurs de châtaignes comprendra combien ça compte de fleurir souvent.

Que ma joie demeure, Jean Giono (éd. Grasset, 1935).

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En musique, on rangerait une telle réédition dans les Rarities, Oddities, voire les Lost Tapes. Un tiers de ces images ont déjà paru dans ma version “de luxe” du Geste et à la contrainte (voir Suggestion de présentation), mais le propos était autre et ce n’était alors qu’une étape d’un parcours plus vaste.
Dans cette nouvelle séquence, la boucle est plus radicale, rien d’autre que le vent qui fouette de façon indifférenciée branchages et cheveux noirs. Et la fille en bleu (Scha, sublime, forcément sublime) qui descend de son perchoir le temps d’une lutte inégale.
Une redécouverte n’allant jamais seule, je vous suggère en accompagnement quelques pépites de Giono.