Travaux personnels, galeries d'art et d'essai

“Ce jeu des apparences lui était agréable”

Photo © Ernesto Timor - stairway to heaven revisited
shot: aug 02 | reprinted: today | paris | lady lady

Ce fut pour le frère du vieux K. la plus belle nuit de sa vie, mais quand au petit matin la femme femme quitta discrètement CETTE maison avec son aide, elle considéra que l’aventure prenait fin en même temps que son enivrement. Pendant des mois, le frère du vieux K. lui téléphona, lui adressa des prières, des suppliques, sans rien pouvoir obtenir d’elle : la femme femme avait chez elle un mari viril moustachu, des enfants enfants, une famille famille, et elle demanda franchement au frère du vieux K. de cesser de l’importuner, de se conduire en adulte. Cette aventure avait été très très agréable, lui dit-elle, et elle ne regrettait rien, mais il devait se comporter en homme et non en gamin. Le frère du vieux K. retrouva sa chambre. Il s’y enfermait à clé et se morfondait en regardant le palmier asséché qui, depuis qu’il avait été arrosé par la femme femme, refusait de boire de l’eau ordinaire. Lui aussi regrettait cette nuit unique et, consommé de regrets, il creva définitivement.

Wojciech Kuczok, Antibiographie (Editions de l’Olivier, 2006).
Le titre de ce post est prélevé quelques lignes plus haut. Tout n’y est pas si drôle ni croustillant, dans ce roman polonais qui m’a secoué bien comme il faut. C’est même plutôt une vie de famille dans ce qu’elle peut avoir de plus pervers et cinglant. Mais ceci amène aussi cela…
Pour enluminer le récit, petite plongée dans la cage aux chimères…