L’image qui m’est venue tout d’un coup à l’esprit

Photo © Ernesto Timor - deux arbustes et le soleil

shot: sept 14 | printed: today | auvergne (center of france) | what the?

You do look so sad, elle a redit, et elle a carrément essayé de m’embrasser sur le coin de la bouche. J’ai bondi d’un coup, d’un coup j’ai bondi, en m’essuyant la bouche du revers de la main, bleh Sally, Sally Flanders, what the ? Qu’est-ce que t’as contre les filles, elle a grincé entre ses dents, ’twas just a joke, Loo, what the hell’s the matter with you anyway. Contre les filles mon cul, j’ai dit hors de moi, contre les filles mes fesses, j’ai rien contre les filles, mais toi Sally, Sally Flanders, you’re not a girl you’re a hairless squirrel, un écureuil pelé, oh yes you are. J’ai vachement regretté par la suite d’avoir dit ça, surtout que c’était un peu con, mais c’est vraiment l’image qui m’est venue tout d’un coup à l’esprit en voyant le corps maigre de Sally la Rousse. Elle s’est levée et là qu’est-ce qu’elle a fait Sally pour s’en aller, elle a coupé par le buisson. Hey, wait a minute, j’ai dit, mais rien à faire, elle est entrée dans le buisson, Sally, je ne comprends pas comment elle s’est débrouillée, c’était un vrai buisson serré et pointu, c’était comme d’entrer dans un mur. Le buisson a eu l’air de s’ouvrir pour elle comme la mer Rouge devant Jésus, à peine un bruit de frottement et c’était tout. Je ne l’ai pas revue pendant des semaines et des semaines après ça, et je me demandais si par hasard elle était pas toujours dans le buisson. J’imaginais qu’on dégagerait un jour son corps et qu’il ressemblerait à celui du chat ricanant qu’on a trouvé dans un mur du château de Combourg, l’histoire je te l’ai déjà racontée.

Comme Ulysse, Lise Charles.

Extrait copieux, mais si t’aimes pas lire tu peux regarder l’image (qui n’est pas exactement un buisson non plus, je fais davantage dans l’imagé que dans l’illustré). Par contre dans ce cas, fais bien attention à éviter ce bouquin, il pèse ses 400 pages (que je trouve très simplement merveilleuses, mais je n’oblige personne).

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