Travaux personnels, galeries d'art et d'essai

« Soyez gentil, parlez-moi encore un petit peu »

Photo © Ernesto Timor
shot: sept 05 | printed: today | paris | three times at dawn

Vous avez souri.
Pardon ?
C’est la première fois que vous souriez, depuis que nous avons fait connaissance. Vous avez un beau sourire, vous savez ?
Merci.
Vous devriez le faire plus souvent, sourire j’entends, cela vous donne ce petit air mélancolique qui plaît aux femmes.
Ça alors, vous me draguez ?
Hé là, hé là !
Excusez-moi, c’était une boutade.
Une boutade. J’ose espérer que vous pouvez faire mieux.
Oui, je peux faire mieux, mais pas cette nuit, désolé.

Alessandro Baricco, Trois fois dès l’aube.

Pour désépaissir un peu le mystère de ce post, sans aller jusqu’à le rendre transparent… Ce petit livre est une sorte de complément de programme au Mr Gwyn du même Baricco-le-Grand, écriture a posteriori d’un roman imaginaire cité dans le premier (vous suivez ?).

Ces pages racontent une histoire vraisemblable qui, toutefois, ne pourrait jamais se produire dans la réalité… [Ces trois histoires] décrivent en effet deux personnages qui se rencontrent à trois reprises, mais chaque rencontre est à la fois l’unique, la première et la dernière. Ils peuvent le faire parce qu’ils vivent dans un Temps anormal qu’il serait vain de chercher dans l’expérience quotidienne. Un temps qui existe parfois dans les récits, et c’est là un de leurs privilèges.

Extrait de la préface.

Ce livre est un léger bijou qui s’enchasse parfaitement dans l’autre, plus précieux, dont j’avais omis de parler sur Irregular. Alors je me rattrape, avec le bonus de cette image elle aussi fatale et hors du temps à plus d’un titre.