« Les ruines n’étaient pas toujours invisitables »

Tu me manques, bougonna-t-il. Nos meilleurs camarades, bougonna-t-il. Ouvriers, paysans, soldats, ruminait-il. Prisonniers. Chanteurs. Commissaires, moines. Il énuméra quelques noms d’une voix tremblante, pâteuse, avec des pauses qui duraient plusieurs secondes ou plusieurs semaines, ce genre d’intervalle. Sa mémoire et ses facultés d’invention fonctionnaient de plus en plus mal. (Terminus…

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Cela fait treize jours, ou deux siècles, ou peu importe, que j’erre dans les pages de Terminus radieux, le dernier Volodine. Il est rare que je résiste au besoin de partager quelques lignes d’un de ces voyages post-exotiques, une fois le livre refermé. Mais là, voici une étrangeté photographique tombée…

Recours au langage des signes dans un environnement inapproprié

Djennifer Goranitzé, une des reines du dortoir ouest, se rendait chaque année de l’autre côté de la frontière. Le voyage était difficile et souvent Djennifer Goranitzé risquait sa vie dans l’entreprise. Elle serrait les dents, elle se battait contre l’adversité, elle avançait coûte que coûte

« On étouffait. Quand je dis on, je pense à elle. »

Quelqu’un approchait, ou peut-être un renard, une belette. Le chien, pourtant n’avait pas aboyé. Bella Mardirossian écarta les torchons qui couvraient son corps nu et elle s’assit sur le bord du lit. Elle était en sueur. […] Et si c’était Enzo, se demanda brusquement Bella Mardirossian. Et s’il avait réussi…

(Silence)

À la fin, du moins dans notre monde post-exotique, il n’y a pas non plus de verbe. Comme au début, il n’y a pas de verbe. Seule l’image compte. Les voix se taisent et seule compte l’image. Qu’elle s’éteigne ou non, qu’elle veuille dire quelque chose ou non, à la…