Pare-feu, sweet pare-feu

Photo © Ernesto Timor - défense d'entrer

shot: dec 12 | printed: today | jura (not far from switzerland) | homemade firewall

A l’occasion de travaux d’amélioration de l’architecture de mon home virtuel, je découvre fortuitement que des admirateurs tentent des dizaines, voire des centaines de fois par jour, de forcer la porte de l’administration du site et d’y glisser leurs petites touches personnelles. спаси́бо vraiment ! Car la plupart de ces contributions à mon œuvre me viennent de Russie, dites donc. Bon, ces intrusions louches peuvent expliquer certaines lenteurs et bizarreries épisodiques, mais comme j’ai pas envie de me laisser tout à fait envahir ou voir détourner mon Irregular en engin de trafic inventif, je viens de perdre plein d’heures à relever très haut le niveau de protection de l’îlot Timor. On n’est décidément nulle part à l’abri des attaques débiles et de l’engrenage sécuritaire…
Bah c’est l’occasion de poster cette image quelque peu volodinienne, ça faisait longtemps. Par association d’idées sauvage.

« Elle ou moi peu importe »

Photo © Ernesto Timor

shot: sept 14 | printed: today | auvergne + bardo | living dead photography

Deuxième aperçu de mon nouveau style photographique. (Euh, c’est de l’humour, ne m’écrivez pas pour protester et me dire que c’était mieux avant… ;-) Il va sans dire que la photo est dénuée de retouche, brute de capteur comme disent les puristes (comme quoi la pureté…). Plus le temps passe, plus j’oublie les vrais paysages perdus pour toujours sous cette tempête de pixels en folie, et plus je me réjouis de ce bug fatal. Il ne faudrait juste pas que cela arrive une autre fois !

Cette image venue d’une zone incertaine où la réalité est pour le moins distordue et prend même des airs salement irradiés, ça me fait penser…
J’ai touché au terme de Terminus radieux, le dernier Volodine. Il faut en lire les 617 pages. Voici quelques lignes de la fin de ce voyage post-exotique, prélevées avec hésitation, avec crainte, avec envie, comme des herbes mutantes de la taïga…

 

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« Les ruines n’étaient pas toujours invisitables »

Photo © Ernesto Timor

shot: jul 13 | printed: today | provence | welcome, beloved comrade

Tu me manques, bougonna-t-il.
Nos meilleurs camarades, bougonna-t-il.
Ouvriers, paysans, soldats, ruminait-il.
Prisonniers. Chanteurs. Commissaires, moines.
Il énuméra quelques noms d’une voix tremblante, pâteuse, avec des pauses qui duraient plusieurs secondes ou plusieurs semaines, ce genre d’intervalle. Sa mémoire et ses facultés d’invention fonctionnaient de plus en plus mal.

(Terminus radieux, Antoine Volodine.)

(…)

Photo © Ernesto Timor

shot: sept 14 | printed: today | lyon | radiant silence

Cela fait treize jours, ou deux siècles, ou peu importe, que j’erre dans les pages de Terminus radieux, le dernier Volodine. Il est rare que je résiste au besoin de partager quelques lignes d’un de ces voyages post-exotiques, une fois le livre refermé. Mais là, voici une étrangeté photographique tombée de mon viseur qui n’en peut plus d’attendre son écho… Le silence qui suit est de Volodine… ;-)

Recours au langage des signes dans un environnement inapproprié

shot: june 12 | printed: today | hungry ghosts | lyon

shot: june 12 | printed: today | hungry ghosts | lyon

Djennifer Goranitzé, une des reines du dortoir ouest, se rendait chaque année de l’autre côté de la frontière. Le voyage était difficile et souvent Djennifer Goranitzé risquait sa vie dans l’entreprise. Elle serrait les dents, elle se battait contre l’adversité, elle avançait coûte que coûte Lire la suite

Les attractions nécessaires :
aujourd’hui, ni remords ni regrets

Photo © Ernesto Timor

shot: oct 11 | printed: today | post-apo in full colors | lyon

Beau temps pour un jour des morts.
Au rayon des dates, j’ai le regret de souffler en ce jour la huitième bougie d’Irregular. De plus en plus étonnant, non ? C’est rituel (ça amusera les plus jeunes) : Flashback au 01-11-2003 !
En plus proche et éphémère, le 01-11 à 11h11 , c’était la contrainte du deuxième Rendez-vous sur prises, auquel j’ai participé sans coup férir, au milieu de plein d’autres, toujours plus belges, nombreux et inspirés… là-bas ! Lire la suite

« On étouffait. Quand je dis on, je pense à elle. »

Photo © Ernesto Timor

shot & printed: jan 10 | major feelings | distant outskirts of paris

Quelqu’un approchait, ou peut-être un renard, une belette. Le chien, pourtant n’avait pas aboyé.
Bella Mardirossian écarta les torchons qui couvraient son corps nu et elle s’assit sur le bord du lit. Elle était en sueur. […] Et si c’était Enzo, se demanda brusquement Bella Mardirossian. Et s’il avait réussi à se reconstituer ? S’il avait trouvé le moyen de me rejoindre ?
— Enzo ? murmura-t-elle. Lire la suite

(Silence)

Photo © Ernesto Timor

shot & printed: today | what you say matters | south of france

À la fin, du moins dans notre monde post-exotique, il n’y a pas non plus de verbe. Comme au début, il n’y a pas de verbe. Seule l’image compte. Les voix se taisent et seule compte l’image. Qu’elle s’éteigne ou non, qu’elle veuille dire quelque chose ou non, à la fin, et quand je dis la fin c’est vraiment la fin, seule compte l’image.

(Final de la conférence de Maria Trois-Cent-Treize, l’un des morceaux de bravoure de l’ultime Écrivains d’Antoine Volodine…)

« Puis, du point de vue de la réalité, ce fut fini. »

Photo © Ernesto Timor

shot & printed: today | i wish you sweet dreams | outskirts of lyon

Dormir dans le feu, dormir au fond du malheur, dormir dans les pierres, dormir enfin dans un rêve de victoire, dormir enfin dans un rêve de durée éternellement figée, dormir enfin au cœur d’un conte de la Mémé Holgolde, Lire la suite

Je dois y aller

Photo © Ernesto Timor

shot: aug 10 | printed: today | obviously on the move | distant outskirts of paris

Je me rappelle les livres que nous lisions, les histoires que les adultes nous racontaient. Notre culture allait dans toutes les directions mais, dans de nombreux cas, elle reflétait la réalité de notre routine : une fraternité égalitariste que tout mutilait, un paysage de cendres, de barrières, d’enfermement, un ciel lourd et, là-dessus, l’irruption fatale des flammes.

Je vais à toi. En ce moment nous sommes avec toi. Nous allons tous vers toi. Nous échangeons nos derniers souffles.
Ta mémoire coule à l’extérieur de tes yeux.
Mes souvenirs sont les tiens.

(Onze rêves de suie. Manuela Draeger.)

Conviction intime

Photo © Ernesto Timor

shot: feb 09 | printed: today | something\’s going on | paris

Conviction intime, une séquence longtemps mûrie, il en reste un petit filet d’images, limpide, contrasté, essentiel… Les mots qui l’ouvrent sont d’Antoine Volodine. Projection dans la petite salle d’art et d’essai de mon site : Cercles vicieux.

[eng] Vicious Circles gallery welcomes The inside of her: gentle and subtle :-).

Paris, Société de Curiosités : traces !

Pour tout savoir sur le fond et l’actualité du projet Les limites nous regardent, rendez-vous sur cette page !

La Société de Curiosités à Paris, lundi 1er février 2010 à 20h30.
Projection de l’intégralité des « Panoptiques naturels » réalisés à ce jour, augmentée d’une performance sonore et littéraire servie par Gaël Ascal (basses, poutre, ondes diverses) et par Céline Liger (lectures et boucles vocales).

Dans ce lieu atypique et novateur, expérimentation d’une projection déconcertante, version live et éphémère des Limites ! Céline Liger, comédienne et lectrice incontournable, met en voix des pages en résonance avec l’univers des panoptiques, tombées du chevet du photographe (qui aime bien aussi la vitesse des mots et des sons et pas seulement celle de la lumière !). Au programme des lectures : Olivier Cadiot, Antoine Volodine, Alessandro Baricco, Philip K Dick, Ghérasim Luca et bien d’autres écritures à double fond !
Gaël Ascal, bassiste incontourné, joue de toutes ses cordes et même de sa poutre, nous tisse un filet d’ondes subtiles ou brutales, apaisantes ou inquiétantes…
Quant à la projection, elle prend son rythme en direct, oscille et se cherche au travers d’un œil de fer…

La piste cachée [2mn 37s] Voyage dans une photographie : dernier panoptique de la zone Des anges mineurs. Texte extrait de “Slogans”, de Maria Soudaïeva, trad. Antoine Volodine / Voix : Céline Liger / Musique, basse et ondes diverses : Gaël Ascal / Avec la participation de Candice / Son enregistré en live le 1er février 2010 à la Société de Curiosités.

NB : s’il y a une piste cachée, c’est qu’il y avait précédemment des pistes officielles ! Pour découvrir ou déguster de nouveau Face A et Face B, par ici !

Visuel Société de Curiosités

Quelques vues impressionnistes de la projection (by Gardabelle, la photographe à la pastille verte ;-)

Après tout

Photo © Ernesto Timor

shot: jan 10 | printed: today | the very last room | lyon

SEPTIÈME TABLEAU. Plus tard encore. Toutes les yourtes se sont effondrées. Des incendies fortuits ont éclaté et les ont détruites.
Grodzo est mort. Le silence a envahi la scène. A cappella s’expriment les acteurs. La maquette du passé a été trop souvent piétinée pour que l’on songe encore à la reconnaître. La neige ne brille plus. Quelqu’un a traîné Grodzo jusqu’à un talus et l’a recouvert de scories. Les ours viennent lui renifler le thorax, blancs, et ils le mordillent. Lire la suite