Côtes de Duras

Photo © Ernesto Timor - La dame du lac

shot: oct 16 | printed: today | jura (not so far from switzerland) | LoL

Ce que je n’ai pas dit c’est que toutes les femmes de mes livres, quel que soit leur âge, découlent de Lol V. Stein. C’est-à-dire d’un certain oubli d’elles-mêmes. Elles ont toutes les yeux clairs. Elles sont toutes imprudentes, imprévoyantes. Toutes, elles font le malheur de leur vie. […] Lol V. Stein. Folle. Arrêtée à ce bal de S. Thala. Elle reste là. C’est le bal qui grandit. Il fait des cercles concentriques autour d’elle, de plus en plus larges. Maintenant ce bal, les bruits de ce bal sont arrivés à New York. Maintenant Lol V. Stein est en tête des personnages de mes livres. C’est curieux quand même. C’est elle qui « se vend » le mieux. Ma petite folle.

Marguerite Duras, La Vie Matérielle (éd. POL, 1987 ; livre audio chez Naïve).


J’écoute ces mots sans concession — et qui parfois déraillent un peu — de la Marguerite lus par la voix glacée de Laure Adler (j’aime bien agrémenter mes virées automobiles par l’écoute de livres audio plus ou moins improbables, chacun ses petits vices). De fil en aiguille, je m’interroge sur le profil de mes héroïnes à moi, mes pseudo-folles préférées. Ça tombe bien, je viens de faire une photo. C’est un peu embrouillé mais intéressant, la vie matérielle…


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