Sous le soleil à retardement

Photo © Ernesto Timor - Contretype

shot: sept 10 | reprinted: today | paris | sweet negative

C’que c’est beau la photographie
Le soleil qu’on fait prisonnier
Pas d’raison pour qu’on les oublie
Les p’tites femmes en p’tite robe d’été

C’que c’est beau la photographie
Bougeons plus ! l’amour va passer
1, 2, 3, c’est la plus jolie
Agrandie, vous l’encadrerez.

On sourit pour l’éternité.

Plus sautillant que mes morceaux choisis littéraires habituels, non ?
C’est ce qui ouvre Le soleil qu’on fait prisonnier [Aperture], une somme qui, en trois chapitres, propose la synthèse d’une collaboration étalée sur plusieurs années avec la rousse Kitsune. Ça ne nous rajeunit pas du point de vue de la date des clichés (de 2009 à 2011) mais ça rafraîchit le regard !
Même si ce grand voyage contrasté entraîne parfois au bord du vide ou au cœur des noirceurs, tout ceci n’est qu’un jeu, à commencer par le titre, emprunté… aux Frères Jacques, dans cet extrait de C’que c’est beau la photographie !
Quant à l’image extraite de l’affaire, elle est merveilleusement représentative de l’intention… mais beaucoup moins de l’esthétique de l’ensemble, tout cela étant full colour et en positif !!

Ceci constitue le dernier livret paru en Enfer, hop !

Comme un aviateur dans un ascenseur

Photo © Ernesto Timor - Part-Dieu

shot: jan 17 | printed: today | lyon | give me a lift

Je suis sorti, je me suis arrêté sur les marches, l’avais-je bien remerciée, ou alors j’étais parti en murmurant mon au revoir, et merci ? Il m’arrive de parler plus bas que terre comme qui dirait. Je me souviens de plus en plus mal des choses du jour. Parfois, mes pas me mènent vers l’avant mais ils pourraient aussi bien décider de faire demi-tour, ou de m’avancer en arrière. La pluie s’était arrêtée. J’ai espéré qu’on ait de la neige ces prochaines semaines pour le plaisir enfantin que ça me donne, et puis, parce que j’ai pris des photos de banlieue sous la neige depuis plus de quarante années, et j’avais vraiment tout mon temps aujourd’hui, pour continuer.

Photos volées, de Dominique Fabre (éd. l’Olivier, 2014).

Un roman triste sur un gars débarqué de la société un peu tôt à son goût, et qui se raccroche plus ou moins à son passé de photographe. Certes bourré d’erreurs sur le sujet de la photo mais touchant à plus d’un titre…
Ma photo aussi elle est un peu volée, volée à la rue. Quant au titre du post il me vient d’Higelin, c’est nostalgique aussi mais en plus drôle.

Alors, Raymond… ?

Photo © Ernesto Timor - Aux galeries de Poule

shot: oct 16 | printed: today | beaujolais, not so far from lyon | french touch

— Alors, Raymond, tu veux faire quoi plus tard ? Droguiste ?

Lexique
Poule : village du Beaujolais.
Raymond : prénom charmant, vieilli. Raymonds célèbres : Bidochon, Poulidor, Depardon.
Plus tard : avenir tracé, vieilli. Exemples d’avenirs tracés : tenir une droguerie, reprendre un commerce de détail, fonder une galerie (de tricot).

Nota bene. Soyez assurés que je ne me moque de personne, tous les noms cités ont mon estime et j’adorerais exposer là, faute de savoir tricoter.

Longtemps j’ai vécu en différé

Photo © Ernesto Timor - Autant en emporte le vent

shot: dec 12 | printed: today | distant outskirts of paris | avoid & expose

Longtemps j’ai mis longtemps. A choisir, à construire. Comme par exemple à “éditer” et “traiter” les images à l’issue d’une prise de vues. Et aussi à remettre ces sélections à plat des années plus tard, les remasteriser, en revoir le montage, la narration. Mon Enfer est pavé de ces vagues intentions, de ces valses-hésitations — et encore, je n’en montre pas la moitié. Trop souvent mes redécouvertes de laboratoire me submergent, du choix étendu je ne retiens que l’embarras. Et quand même j’y retourne, je rouvre toutes ces boîtes d’archives made in Pandore, comme pour vérifier encore et encore si dans d’autres dimensions je n’ai rien raté (et souvent constater que si, évidemment). Me fais happer par un regard photographié il y a cinq, dix ou quinze ans, comme s’il était d’hier. Saisis des émotions, comprends des trucs, des années après la bataille. Mais t’es pas heureux ? Si si bien sûr, c’est comme de voir l’image latente se révéler dans le bain du révélateur, l’odeur de la chimie en moins, je suis content, je suis heureux, j’ai bien du plaisir. C’est vrai que c’est l’aventure, de rencontrer une figure terrible qui m’attendait tapie dans la nuit, que ce soit la nuit des classeurs de négatifs jadis ou la nuit numérique de notre époque. Mais aussi c’est épuisant. Déjà que travailler sur des images, ce n’est pas sans risque, mais avoir un lien si organique à celles des jours enfuis, ça ne serait pas un peu folie ?
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Attention, Guignol !

Photo © Ernesto Timor - L'inconnue du S6

shot: apr 16 | printed: today | lyon | S6 blow-up #1

Photo © Ernesto Timor - L'inconnue du S6

shot: apr 16 | printed: today | lyon | S6 blow-up #2

Photo © Ernesto Timor - L'inconnue du S6

shot: apr 16 | printed: today | lyon | S6 blow-up #3

Sortir à l’aube sous la pluie sans autre motif que faire voir la ville à son nouvel ami japonais, c’est une option risquée, qui en fera ricaner plus d’un. Ceux-là ne croiront jamais aux apparitions.

(Je n’aime pas beaucoup ces effets de loupe habituellement, mais comment vous faire remarquer l’inconnue du S6 sinon ?)

Après j’arrête

Photo © Ernesto Timor

shot: dec 15 | printed: today | lyon | my very own bookshelf

J’arrête quoi ? Euh, déjà de jouer à la marchande, de surcroît travesti(e) en Père Noël (je sais, c’est moche).
Mais avant d’arrêter, deux annonces encore, l’actualité du livre cette fois !


Comme annoncé et repoussé maintes fois, Les Ardents éditeurs, spécialisés en beaux livres portant sur le Limousin, publient Cogner le granit ! Je viens de le revevoir, comme en atteste l’image ci-dessus.
Sous la signature collective du Chat perplexe, compagnie qui a porté dans toute sa transversalité le projet Eclats de pierres éclats de vie, on retrouve ici beaucoup du matériau d’histoire vivante glané tout le temps de cette aventure sur les traces des tailleurs de pierre italiens en Creuse. Une partie actuelle reprend les récits récoltés par Jean Métégnier et une bonne part de mes photographies des paysages et des portraits de témoins exposées dans Le fil de la pierre ; une partie archives regorge de photos d’époque commentées en détails ; un CD joint donne à entendre paroles et créations sonores d’Estelle Coquin…
Se trouve sur commande dans toute librairie ou auprès du Chat perplexe… ou au hasard des Marchés de Noël du Limousin (je savais que je vous ferais rire). Quelques aperçus et des mots en plus sur ce post (sur Timor Rocks !).


Photo et graphisme © Timor Rocks !

Le petit lot (suggestion de présentation).

 

Dans un autre genre, bondissez sur ce petit lot de Noël aux éditions Image Latente ! Mes champs visuels sous une forme alléchante, inédite… pour ne pas dire luxe !
Le petit lot comprend :
• les deux livres parus (Cycle #1 et Cycle #2),
• un tirage signé d’une des images de la série, à choisir dans une galerie en ligne.
Le tout au prix de 25 € (port compris) ! Offre valable jusqu’à épuisement du stock, ou au plus tard le 31 janvier 2016 !
Précipitez-vous (sur Image Latente) !


Plein vos mirettes

Photo © Ernesto Timor

shot: sept 15 | printed: today | not so far from lyon | watch me now


Mesdames, mesdemoiselles messieurs.
J’attire votre attention sur deux petites actualités (sans gravité aucune, et purement internes au Timor) en ce mois de décembre…


Ernesto Timor en deux clins d’œil
La section galerie-portfolio compacte vient d’être augmentée d’un tome 2, 36 images prises de 2011 à 2015.
Si vous avez loupé l’info sur la page d’accueil, voici un lien direct pour vite réparer ça…


Un peu d’art et d’amour pour pas cher
On ne peut pas dire que j’insiste souvent sur le fait que mes photos sont disponibles à la vente. Il faut faire l’effort de repérer une photo, me consulter sur sa disponibilité, les formats, les tarifs… et il n’y a même pas de picto de petit panier où que ce soit, bref c’est horriblement compliqué et bien peu commercial.
Alors ne ratez pas cette offre toute spéciale de fin d’année : toutes les images de la galerie-portfolio compacte mentionnée ci-dessus (volume 1 et volume 2) sont proposées au prix exceptionnel de 99 € le 30 x 45. Tirages sur papier argentique, livrés en point relais à côté de chez vous directement par le labo en emballage soigné (tube + carton) — je vous adresse en pli séparé le certificat numéroté et signé. C’est pas même la moitié de mon tarif habituel, c’est donc à saisir, en m’écrivant via la page de contact d’ici le 31 décembre 2015 (paiement possible par chèque ou via PayPal). Et joyeux Noël… ;-)


Ceci n’est pas une tapisserie

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shot: nov 15 | printed: today | beauvais (north of france) | simply magic

Encore une drôle d’apparition made in Beauvais. A l’entrée du Musée de la Tapisserie où se tient le gros des Photaumnales, une merveilleuse Spiral camera obscura conçue par Marja Pirilä et Petri Nuutinen. On se glisse tout entier dans l’escargot et qu’est-ce qu’on voit ?

Une dernière curiosité à la limite de l’illusion d’optique est enfin à découvrir parmi mes images ramenées de là-bas, sur ma page d’écho à Bayard, c’est la dernière fois que je vous en parle !


Chambre d’écho #2 : mes aventures avec le marbre

Photo © Ernesto Timor

shot: oct 15 | printed: today | essonne (distant outskirts of paris) | walk on the wild side

Deuxième moment de synchronicité prélevé dans ces toutes fraîches journées essonniennes. Nous sommes ici au Château de Villiers à Draveil, dans la suite où s’accrochent mes Incartades. La visiteuse et amie (cette présence-là n’est pas le fruit du hasard) est à la fois présente en chair et en os et dans plus d’une photo de ce projet, jusque là on est dans la norme d’écho communément admise sous les latitudes timoriennes (plusieurs de ces traces doucement anecdotiques sont à retrouver sur la page de l’expo) ! Là où ça me dépasse l’entendement, c’est quand le sol en marbre de la salle d’exposition (que je ne saurais dater, mais ça remonte à loin) se révèle identique à celui de ma photographie des bambous fortuits dans un pavillon des Yvelines : motif strictement identique, jusqu’à l’a perspective qui se prolonge… Je vous laisse réfléchir là-dessus.

Chambre d’écho #1 : vagabondage is not a crime

Photo © Ernesto Timor

shot: oct 15 | printed: today | essonne (distant outskirts of paris) | have sweet dreams

C’est le moment de regretter les images-maps, rendues obsolètes par les progrès du web. Car je vous aurais bien fait cliquer de-ci de-là dans cette photographie, pour vous faire vivre cette sensation de portes dérobées vers d’autres univers plutôt inattendus dans la scène immédiatement visible. Alors en gros, c’est chez l’habitant, dans la dite grande couronne parisienne, là où je me reposai tantôt entre une couche de gris et une autre de rouge, au cours de mes journées de vagabondage en Essonne, entre amis, travail et ouverture d’exposition. Et je fut bien ébaubi de découvrir ces saintes icônes au-dessus de ma modeste couche : dans le cadre cette photographie d’écrivain absent signée angelle, qui ne m’est point inconnue ; et, magnétisé à la tôle de la cloison, ce collector des Black Variations signé bibi. Images qui, tant qu’à faire, ont chacune pour moi un fort pouvoir anti-gravitation… Si, comme c’est probable, rien de tout cela ne vous intéresse, vous pouvez toujours vous concentrer sur la pochette rock’n’roll, je n’ai rien à en dire.

Tableau de chasse

Photo © Ernesto Timor

shot: jul 15 | printed: today | liège (belgium) | chic & cheap

 

Cet étalage de la brocante de Saint Pholien avant tout pour vous dire en pirouette que là à quelques pas, derrière vous, c’est Chic & Cheap. Jusqu’au 16 août, quinze jours d’exposition collective d’art contemporain (et même de photographie, ha ha), dont je suis partie prenante : une partie intra-muros dans le bel espace du hangar B9 au cœur de l’école Saint-Luc, et un parcours extra-muros à travers les vitrines de la ville de Liège (ma vitrine à moi étant une “cellule vide” rue Léon Mignon dans le quartier Saint Marguerite). Accrochage, vernissage et moult rencontres délicieuses pire que des gaufres… j’arrête, je rentre au pays ! Mais vous qui vivez/passez par là, allez découvrir Mes champs visuels en cette version export, et puis tout le reste… c’est fort gai !

PS : un petit album de traces de l’expo est à voir sur mon FB (lien accessible à tous).

Délices et périls de la projection

Photo © Ernesto Timor

shot: mar 09 | reprinted: today | paris | is my camera obscura waterproof?

Une cousine de cette image avait déjà paru (verticale, et surtout mains différentes) mais là franchement c’est mieux.
Pourquoi aller déterrer encore une si vieille image Ernesto (tu ne fais donc plus rien de neuf dans ta vie ?!), c’est pour jouer au précurseur du selfie baroque ou quoi (oui le schtroumpf rasé, c’est — c’était — moi) ?
Juste une actualité qui se (re)joue dans ma tête, le tracas existentiel du photographe qui cherche sa place autant que son angle, la question de comment mon regard traverse le sujet ou tourne autour — et quand en plus le sujet a forme de femme, cette problématique relève encore plus de la balistique !
Et puis ah quand même une allusion fine à une véritable projection qui vient de se faire, Les limites nous regardent suivies d’une projection dansée avec Morgane Karsenti, Le bruit des gouttes pour compagnie, des classiques chéris à moi qui se sont redonnés en spectacle à l’improbable festival Play Mobile organisé par les architectes de Bellastock à Roissy/Tremblay-en-France en ce pluvieux week-end ascensionnel — je n’en ai finalement pas vu grand chose mais on m’a raconté !

Mes champs visuels [Apparitions & Reconstructions],
une suite photographique

Black variations : bouquet final !

Photo © Ernesto Timor

shot: feb 15 | printed: today | distant outskirts of lyon | from the film black variation #7

 

À la veille de quelques dates de reprise d’Entretiens avec la mer en mars 2015, la saga des Black Variations* se clôturera sur un 7e épisode présenté en exclusivité lors d’une soirée de projection de l’intégrale du projet : Ruée dans les Box #5, le vendredi 6 mars 2015 au (petit) théâtre de la Cavalerie, en Val d’Essonne. L’image jointe est un extrait de cet ultime film photographique, basé sur une série toute nouvelle réalisée pour l’occasion, L’entretien individuel.

* Les Black variations, c’est un grand mix expérimental entre les mots de François Chaffin et mes images, sans oublier les guitares de Benjamin Coursier. Côté texte il s’agissait de faire sonner des bribes d’Entretiens avec la mer, texte chaudement sorti des forges de son auteur ; côté images, une avalanche de petits films photographiques qui explorent à leur façon les noirceurs sensibles de l’affaire. Autant d’échos mystérieux et osés à ce texte, dégagés de tout souci d’illustration ou même de préfiguration du spectacle… Le projet est présenté en détail sur cette page de la rubrique Échographies…



tdm-ruees-14-15-05-aff-web

Clôture du cycle et projection publique.
Pro­jec­tion de l’intégrale réalisée depuis 1 an : une soirée Ruée dans les Box à ne pas rater le vendredi 6 mars 2015, si vous êtes en mesure de pousser votre monture jusqu’à La Cavalerie en Essonne ! En savoir plus sur cette soirée…





Par ailleurs, un genre de porte vers cet univers s’est ouverte au travers d’un poster-dépliant joint en bonus au livre Entretiens avec la mer, publié en novembre 2014, en co-édition Théâtre du Menteur / Image Latente.

Mon œil a-t-il à voir ?

Photo © Ernesto Timor

shot: sept 14 | printed: today | creuse (center of france) | things unseen

 

 

Même si une forme de doute endémique a dicté le choix de cette image au carbone et ce titre tiré par les cheveux, je vais être positif et bavard. Aujourd’hui j’ai visité la grande exposition des “premiers déclics” de Marc Riboud. A Lyon, sorte de jolie ironie vu qu’il écrivait lui-même : “Mais pour courir le monde il fallait d’abord quitter Lyon.”

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