Changement de peau et autres camouflages

Photo © Ernesto Timor

shot: day before yesterday | printed: today | whatever you want | lyon

Béru change son écureuil de bras.
— Salut, fait-il, vous me reconnaissez ?
L’autre le considère calmement.
— Il me semble, admet-il, je vous ai vendu quelque chose il n’y a pas très longtemps… N’est-ce pas un appareil photographique ?

(Des gueules d’enterrement, un San-Antonio avec ceci de particulier qu’un très beau folding 6×9 orne sa couverture…)

Lent déclic (avec échos)

Photo © Ernesto Timor

shot: nov 09 | printed: today | daylight memories | distant outskirts of paris

Le jour se levait maintenant, je le voyais se lever derrière les parois de la cabine, c’était encore la nuit, mais une nuit déjà atténuée d’aube claire et bleutée, rien ne bougeait dans la campagne avoisinante, et le jour se levait lentement sous mes yeux, enrobant peu à peu l’air alentour de teintes lumineuses et légères qui enveloppaient l’atmosphère de clarté transparente et tremblante et, assis derrière les vitres de cette cabine téléphonique complètement isolée dans la campagne déserte, je regardais le jour se lever et songeais simplement au présent, à l’instant présent, tâchant de fixer encore une fois sa fugitive grâce — comme on immobiliserait l’extrémité d’une aiguille dans le corps d’un papillon vivant.
Vivant.
(Jean-Philippe Toussaint, L’appareil photo, Minuit…)

Emission de divertissement

Photo © Ernesto Timor

shot & printed: today | borderline entertainment | distant outskirts of paris

Ce lundi 1er février, oubliez votre petit écran, quittez votre nid douillet, repoussez vos limites, osez ma projection déconcertante à la Société de Curiosités !
Avec la voix et les boucles de Céline Liger (comédienne incontournable), les ondes et la poutre de Gaël Ascal (bassiste incontourné), et l’intégralité de mes Panoptiques naturels vidéoprojetés (en savant vrac au travers de mon iris de fer) : un parcours sur le fil de l’expérimentation, écho parisien d’un soir à mon exposition d’un mois à la Médiathèque de Roanne.

Pour le détail pratique de cette soirée unique, c’est ici.
Pour la présentation générale des Limites nous regardent, c’est toujours par là

Sangs mêlés

Photo © Ernesto Timor

shot: nov 09 | printed: today | where i belong | outs­kirts of paris

Cadrage serré, voire tendancieux, sur une photo signée Stephen Dupont, extraite de l’expo de plein air Sculpture et photographie, un horizon commun*. Si côté intellect mon nom d’artiste vient plutôt du latin, côté vibrations de cœur c’est un hommage à ce type de contrée et surtout de peuple… Et ce fragment photographique dit le sensible et la cause perdue bien mieux que du discours.

* Actuellement au Parc de Sceaux, au sud de Paris (présence officielle indigente sur le web, d’où l’absence de lien ici, et désolante affiche aux couleurs du conseil général du 92… mais l’expo mérite un très long détour !)

Les attractions nécessaires :
aujourd’hui, sortir du sujet

Photo © Ernesto Timor

shot: apr 09 | printed: today | wish i were a latin lover | paris

Dans cet espace très habituellement unaire, parfois (mais, hélas, rarement) un “détail” m’attire. Je sens que sa seule présence change ma lecture que c’est une nouvelle photo que je regarde, marquée à mes yeux d’une valeur supérieure. Ce “détail” est le punctum (ce qui me point).
Il n’est pas possible de poser une règle de liaison entre le studium et le punctum (quand il se trouve là). Il s’agit d’une co-présence, c’est tout ce qu’on peut dire […] mais de mon point de vue de spectator, le détail est donné par chance et pour rien ; le tableau n’est en rien “composé” selon une logique créative ; la photo sans doute est duelle, mais cette dualité n’est le moteur d’aucun “développement”, comme il se passe dans le discours classique. Pour percevoir le punctum, aucune analyse ne me serait donc utile (mais peut-être, on le verra, parfois, le souvenir) : il suffit que l’image soit suffisamment grande, que je n’aie pas à la scruter (cela ne servirait à rien), que, donnée en pleine page, je la reçoive en plein visage.

Roland Barthes. Extrait de La chambre claire, ce grand classique qui, pour parler un peu trop latin, n’en dit pas moins des choses (af)futées…

L’heure me tourne

Photo © Ernesto Timor

shot: june 09 | printed: today | 25th hour | outskirts of paris

Tout ceci pour vous dire qu’Angelle vient d’achever ses 24 heures / journées photographiques en correspondance avec la transatlantique Marilia Destot. La même heure quelque part ailleurs / Same time different place : la mosaïque de ces 48 images savamment et patiemment construite reste bien sûr en ligne. Allez voir ça si vous avez raté le direct, en plus d’être beau c’est une très féminine leçon de sincérité photographique…

J’aime les histoires de filles

shot: june 09 | printed: today | same and different | paris

shot: june 09 | printed: today | same and different | paris

Mon amie et indispensable photographe Angelle pratique le Paris / New York sous nos yeux tout le mois de juillet. 24 jours durant, elle propose un jeu de correspondance photographique avec Marilia Destot, autre photographe, autre regard, autre fuseau horaire. Post simultané chaque jour, en se décalant d’une heure chaque jour, l’idée est de faire le tour du cadran… La même heure quelque part ailleurs / Same time different place.

PS : la photo ci-dessus ne représente aucune des deux, plutôt une inspiratrice à moi, mais ça c’est une histoire de garçon…

Oh la belle clôture !

Photo © Ernesto Timor

Soirée de clôture de Passer l’hiver ? ce samedi 31 janvier

Passer l’hiver ? la manifestation “énervée” dont j’ai été compagnon de route tout ce mois de janvier, se clôt là tout soudain.
Attractions, surprises et cotillons ! Non, pas tout à fait… Dernier spectacle (L’humanité sans la tête), ultimes projections, toutes dernières bouteilles, déballage de la dernière chance, musiques improbables, dévernissage haut les cœurs, démontage collectiviste… et sans doute si toi toi et toi vous êtes là, ce s’ra vach’ment bien…

Soirée de clôture de Passer l’hiver ? ce samedi 31 janvier de 19h à minuit, entrée libre sauf la pièce de théâtre !
Ça se passe là : Théâtre de l’Opprimé – 78, rue du Charolais – 75012 Paris – Métro Reuilly-Diderot / Gare de Lyon

Plus de détails sur le site

Champagne sur les yeux

poppy

shot: may 04 | printed: today | kiss your poppy, champagne

–> Irregular a un an dans quelques jours et je vous le dis, ceci n’est pas un blog. C’est des autoportraits sans miroirs, c’est de l’instantané sans le direct, ce n’est pas souvent le visage de l’anecdote, c’est des mots tellement faciles ou au contraire tellement pas commodes qu’on s’épuise à les prendre et les retourner, ce sont des étranges objets du désir qui télescopent le différé de mes pattes de mouche, des petites fées électricité cachées derrière les murs de la banlieue sans nom… C’est un putain de laboratoire qui tangue sur ses pilotis. Mesdames et messieurs, champagne ! Avec une projection exceptionnelle, Salome in the sky with poppies.